Face aux menaces et violences, les députés LREM contre-attaquent

Paris (AFP) –

Publicité

Confrontés à une escalade dans les menaces et violences, les députés LREM passent à la contre-attaque, contre les auteurs, mais aussi contre une partie de l'opposition, accusée de jeter de l'huile sur le feu dans la crise des "gilets jaunes".

Lettres d'insultes, permanences vandalisées et même intrusions à leur domicile ou menaces de mort. "Une cinquantaire" de députés marcheurs, selon un décompte provisoise du groupe LREM, ont été victimes d'actions malveillantes.

Depuis le début de l'année, avec notamment la lettre raciste menaçant d'une "balle dans la tête" le député Jean-François Mbaye, ou celles qui injurient la porte-parole des députés LREM Aurore Bergé, ou sa collègue Marie Lebec, menacées d'être "décapitée ou pendue", "on assiste à une recrudescence de cette violence, de ces menaces de mort, on a des actes violents exécutés", s'est inquiétée mercredi sur Sud Radio la députée de Paris Laetitia Avia.

Elle a porté plainte avec ses collègues Jean-François Mbaye et Hervé Berville contre le courrier raciste qui les mentionnait tous les trois. "Il faut absolument que ces personnes soient trouvées, sanctionnées et qu'elles comprennent qu?on ne peut pas menacer impunément un autre citoyen", explique-t-elle.

Mais au-delà de ces dépôts de plainte désormais systématiques, la République en marche hausse le ton et déplace la focale sur les "apprentis-sorciers" de l'opposition.

"Ca suffit", s'est indigné mercredi le président du groupe Gilles Le Gendre dans une tribune dans le Monde où il appelle à "respecter la République et ses élus".

Il s'en prend notamment au Rassemblement national et à la France insoumise dont le "silence assourdissant (...) trahit la concurrence que se livrent l'extrême droite et l'extrême gauche pour récupérer le chaos à leur profit, quand elles ne l'encouragent pas".

Aurore Bergé va plus loin. Outre le dépôt d'une plainte contre les auteurs du courrier injurieux, elle a annoncé mercredi qu'elle allait signaler à la justice les propos de deux cadres de LFI incitant à la violence.

"On a des propos qui aujourd'hui clairement invitent à commettre des délits ou des crimes", a expliqué sur France 2 la députée dont le domicile a été placé sous protection suite à des menaces.

"Il y a pire que celui qui menace, que celui qui tabasse, que celui qui intimide, il y a ceux qui arment les esprits pour légitimer ces violences dans notre pays", a dénoncé la députée des Yvelines.

Cible aussi de ses reproches, Jean-Luc Mélenchon, qui selon elle, "depuis des mois se félicite et se gargarise de ces violences".

"Quand a-t-il condamné les menaces contre les élus de la République en marche? Quand a-t-il condamné les violences contre les journalistes? Quand a-t-il condamné les violences contre les forces de l'ordre ?", a-t-elle demandé.

- Inquiétude et désarroi -

Mais le ton volontiers offensif en public ne doit pas masquer l'inquiétude et le désarroi qu'expriment aussi à bas mots les députés LREM, novices pour nombre d'entre eux en politique, et qui ne s'attendaient pas à ces attaques qui touchent leur personne ou leur famille.

"A quoi servent le dialogue, la communication, mes réceptions jamais refusées de +gilets jaunes+, s'ils viennent en douce de nuit, murer le domicile d'une famille", a réagi sur Facebook la députée de Vendée Patricia Gallerneau (LREM-MoDem) après avoir découvert un mur de parpaings devant sa maison.

"Je suis effarée de ce climat de mise en cause systématique des élus, de violences, d'insultes antisémites et homophobes, de manière totalement décomplexé", avoue, "très inquiète", la députée de Paris Elise Fajgeles qui a déposé plainte en décembre après avoir reçu un flot d'insultes, notamment antisémites, pour avoir reconnu à la télé ne pas connaître le montant du Smic.

"Le policier qui a reçu ma plainte était très étonné de voir que plusieurs des gens qui m'insultaient l'ont fait sans pseudo", souligne-t-elle.

Dans le Jura, sa collègue Danielle Brulebois a carrément été contrainte par le préfet de renoncer à sa cérémonie de voeux car des "gilets jaunes" avaient l'intention de s'y inviter.