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Procès Barbarin : le parquet ne requiert aucune condamnation à l'encontre du cardinal

Le cardinal Philippe Barbarin, le 7 janvier 2019, peu après son entrée dans la 17e chambre du tribunal correctionnel de Lyon.
Le cardinal Philippe Barbarin, le 7 janvier 2019, peu après son entrée dans la 17e chambre du tribunal correctionnel de Lyon. Jeff Pachoud, AFP

Le parquet n’a requis aucune condamnation à l’encontre du cardinal Barbarin, accusé de ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles commises par un prêtre sur des scouts. Une décision dans la lignée de celle prononcée il y a deux ans et demi.

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Le parquet n'a requis aucune condamnation, mercredi 9 janvier, au procès du cardinal Philippe Barbarin et de cinq anciens membres du diocèse de Lyon, jugés pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles du père Bernard Preynat, commises sur de jeunes scouts de la région lyonnaise avant 1991.

Cette absence de réquisitions est dans la logique du classement sans suite décidé par le parquet à l'été 2016 après une enquête préliminaire sur les mêmes faits. Depuis, les plaignants avaient lancé une procédure de citation directe pour avoir un procès, qui a lieu depuis lundi au tribunal correctionnel Lyon.

Le parquet avait été saisi en février 2016 d'une plainte de victimes du père Bernard Preynat, qui visait déjà les six mis en cause pour non-dénonciation d'agressions sexuelles. Il avait pris soin de motiver scrupuleusement sa décision de classement, dont la procureure au procès a repris les grandes lignes en distinguant deux périodes, avant et après 2014.

Dans les années 2000, l'archevêque de Lyon avait eu connaissance, par un tiers, des agissements du prêtre : le parquet avait conclu à la prescription du délit, considéré comme "instantané", là où les plaignants soutiennent au contraire que l'obligation de dénoncer s'inscrit dans la durée.

>> À lire : Pédophilie : "Je n'ai jamais cherché à cacher" ces faits, se défend le cardinal Barbarin

Pour un avocat des parties civiles, la procureure adjointe semble avoir apporté, mercredi, une nuance par rapport à la décision de 2016. À l'époque, le parquet avait simplement "supposé" qu'avant 2013 (le délai de prescription étant alors de trois ans) certains mis en cause en aient su assez sur Preynat pour le dénoncer.

Des faits prescrits mais "imputables "

Mercredi, la procureure adjointe Charlotte Trabut a déclaré qu'avant 2013, les faits de non-dénonciation étaient certes prescrits mais "imputables" (NDLR : pouvant être imputés aux mis en cause), "aux yeux du parquet". Comme si, contrairement à son analyse d'il y a deux ans, le parquet considérait désormais que les agissements du père Preynat auraient dû être dénoncés à l'époque par les mis en cause.

Après 2014, la procureure a maintenu en revanche que les mis en cause ayant été informés par une victime en mesure de porter plainte, on ne pouvait rien leur reprocher, n'ayant rien fait par ailleurs pour entraver la justice. En août 2016, le parquet avait enfin écarté l'"omission de porter secours" reprochée à deux des mis en cause, en l'absence de "péril imminent et constant", les agressions reprochées au père Preynat étant antérieures à 1991. Analyse reprise également deux ans et demi plus tard.

Depuis lundi, Charlotte Trabut n'a posé aucune question aux mis en cause, ni aux plaignants. "Le ministère public partage une grande partie des analyses" de la partie civile, a-t-elle cependant, en rappelant cependant qu'elle agissait "à charge et à décharge".

Pour Me Yves Sauvayre, un avocat de la partie civile, il s'agit là d'un réquisitoire "à décharge", le débat restant "ouvert car le parquet peut se tromper".

Un des plaignants, Didier Burdet, a déclaré à la presse qu'il "ne s'attendait pas à grand-chose" du parquet. "Ma victoire, c'est d'avoir pu témoigner hier".

Avec AFP

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