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Tuerie du Musée juif de Bruxelles : Mehdi Nemmouche devant la justice

Dessin d'audience représentant Mehdi Nemmouche, à la cour de Versailles en 2014.
Dessin d'audience représentant Mehdi Nemmouche, à la cour de Versailles en 2014. Benoît Peyrucq, AFP

Le jihadiste français Mehdi Nemmouche est jugé à partir de jeudi devant les assises de la capitale belge pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles perpétrée en mai 2014. Le procès doit durer jusqu'à fin février.

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C'est le procès de quatre meurtres de sang froid, réalisés en moins de deux minutes qui s'ouvre jeudi 10 janvier à Bruxelles. Près de cinq ans après la tuerie du Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche est jugé devant la cour d'assise, sous étroite surveillance policière.

Mehdi Nemmouche, 33 ans, est jugé avec un complice, un autre Français qui doit aussi répondre d'"assassinat terroriste" et encourt, comme lui, la réclusion à perpétuité.

Faisant figure de principal accusé, ce délinquant multirécidiviste radicalisé en prison est également connu pour son rôle présumé de geôlier de quatre journalistes français en 2013, à Alep (Syrie). Inculpé fin 2017 à Paris dans ce dossier, il devra faire face à un procès distinct en France.

>> À lire aussi : Quand Mehdi Nemmouche était le geôlier des otages français en Syrie

À Bruxelles, le procès, où sont attendus plus de 100 témoins, devrait durer jusqu'à fin février. L'audience, consacrée jeudi et vendredi à la lecture de l'acte d'accusation, s'annonce comme un bras de fer entre les accusés, qui nient les faits, et les parties civiles, qui jugent "accablantes" les preuves rassemblées.

Crainte d'une thèse complotiste

Selon l'accusation, Nemmouche est l'homme qui, le 24 mai 2014 vers 15 h 45, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site.

À l'époque, le natif de Roubaix, dans le nord de la France, était revenu depuis peu de Syrie, où il avait combattu dans les rangs de ce qui allait devenir le groupe État islamique. Dans l'enquête française sur la séquestration d'Alep, Nemmouche est dépeint en gardien "violent", admirateur de Mohamed Merah, qui avait assassiné trois enfants et un père de famille juifs en 2012 à Toulouse (sud de la France).

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute. La crainte, a confié à l'AFP Yohan Benizri, président du CCOJB, est que ses avocats, Sébastien Courtoy et Henri Laquay, tentent de "minimiser" cet aspect antisémite, ou de "tenir un discours de type complotiste".

"Pseudo-attentat"

L'hypothèse de la responsabilité d'agents israéliens a déjà été évoquée à demi-mot par Me Courtoy lors d'une audience préliminaire. Pour cet avocat réputé provocateur, qui a dans le passé défendu en Belgique le polémiste français Dieudonné, plusieurs fois condamné en France pour injure raciale, incitation à la haine et apologie du terrorisme, Nemmouche aurait été "sélectionné" pour commettre ce qu'il a qualifié de "pseudo-attentat" et il s'en expliquera. "Ça fait maintenant quelques années qu'il brûle de pouvoir dire sa vérité", a assuré Me Courtoy devant des journalistes lundi après la sélection du jury.

Le premier interrogatoire des deux accusés sur le fond est prévu la semaine prochaine, à partir de mardi.

Avec AFP

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