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Gilets jaunes : "L'organisation d'une panique bancaire n'a jamais eu lieu jusqu'ici"

Un Gilet jaune tient une pancarte anti-banque lors de la manifestation du 15 décembre aux Champs-Élysées, à Paris.
Un Gilet jaune tient une pancarte anti-banque lors de la manifestation du 15 décembre aux Champs-Élysées, à Paris. Zakaria Abdelkafi, AFP

Des Gilets jaunes appellent à retirer massivement l'argent des banques en vue de l'acte IX de leur mobilisation. Ce procédé économique bien connu s’appelle un “bank run” ou “panique bancaire” mais la réussite d'une telle initiative reste improbable.

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"Un référendum des percepteurs". À défaut de Référendum d'initiative citoyenne (RIC), les Gilets jaunes sont déterminés à se faire entendre grâce à d'autres formes de mobilisations inédites. L'idée de la création d'un mouvement de "panique bancaire" a émergé alors que l'acte IX de la mobilisation doit se tenir samedi 12 janvier.

"Nous allons à l'acte IX faire peur à cet État en toute légalité, sans la moindre violence. Nous savions tous que les pouvoirs du pays ne sont pas entre les mains du gouvernement mais celles des banques. Si les banques faiblissent, l'État faiblit aussitôt", explique l'internaute,nommé Tahz San dans son appel sur la plateforme YouTube.

Il appelle à des retraits massifs de liquidités des banques en deux vagues. Une première vague vendredi 11 janvier à partir de 19 heures et une seconde dans la matinée de l'acte IX, samedi 12 janvier, entre 8 h et 12 h. Son but : créer un "bank run", une panique bancaire, pour faire vaciller le pouvoir.

Le raisonnement tenu est simple : aucun établissement ne détient les liquidités correspondant aux dépôts de ses clients. Une banque incapable de faire face aux demandes de retraits (qui augmenteraient à mesure que les distributeurs s'assèchent) s’expose à l’impossibilité de payer ses frais de fonctionnement. Or, si une banque s’écroule, c’est l’ensemble du secteur qui vacille, obligeant le gouvernement à réagir.

L'appel a notamment été relayé le 7 janvier par Maxime Nicolle, l’une des figures les plus médiatiques des Gilets jaunes. “On va retourner aux urnes mais en passant par le distributeur”, promet-il.

"Une panique volontaire n'a jamais existé pour le moment"

"Il n'y a que peu de risques que cela fonctionne", estime Christophe Dansette, chroniqueur économique à France 24, se basant sur des estimations données par la Banque de France et la Banque populaire. D'abord parce que les dépôts des Français s'élèvent à 1 500 milliards d'euros. Parmi ces dépôts, ceux sur les comptes courants s'élèvent à 390 milliards d'euros. Il faudrait donc que chaque Français retire 5 800 euros. Cela parait très difficile voire impossible d'autant que les retraits de liquidités sont plafonnés."

Christophe Dansette note qu'aucune des banques qu'il a contactées ne semblent particulièrement inquiètes par les menaces de mobilisation des Gilets jaunes : "Elles m'ont indiqué ne pas être en état d'alerte et ne pas avoir pris de mesures particulières."

"L'organisation d'une panique bancaire n'a jamais existé pour le moment", note le chroniqueur de France 24, malgré plusieurs tentatives, dont la plus connue en France reste l'appel de l'ancien footballeur Éric Cantona en 2010, à faire vaciller le système financier.

Historiquement, les "bank run" ayant fait trembler le système bancaire sont toujours le fait de mouvements de panique désorganisés. Le premier de l'histoire remonte à 1797. À cette époque, les Anglais craignent une invasion française et des milliers de clients se ruent dans leurs banques, les contraignant à cesser ses opérations.

Durant la crise des subprimes en 2008, le même scénario a eu lieu en Grande-Bretagne. "Devant la rumeur de faillite de Northern Rock, des milliers de clients s'étaient rués sur les distributeurs de cette banque, donnant lieu à des images hallucinantes", rappelle Christophe Dansette. "La banque n'avait pas pu résister et Londres avait été contraint de la nationaliser."

À cette tentative de mobilisation inédite s'ajouteront un ensemble de manifestations des Gilets jaunes un peu partout en France, faisant craindre aux autorités un acte IX "plus radical".

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