Accéder au contenu principal

Un Chinois, qui pourrait être lié à Huawei, arrêté pour espionnage en Pologne

Des policiers polonais, le 31 janvier 2018, devant l'ambassade d'Israël à Varsovie.
Des policiers polonais, le 31 janvier 2018, devant l'ambassade d'Israël à Varsovie. Janek Skarzynski, AFP

Un Chinois et un Polonais soupçonnés d'espionnage ont été arrêtés en Pologne, selon de hauts responsables à Varsovie. Le premier est suspecté de travailler pour le géant chinois Huawei, déjà au cœur d'une brouille entre Washington et Pékin.

PUBLICITÉ

L’affaire rappelle les grandes heures de la Guerre froide. Un homme d'affaires chinois et un Polonais soupçonnés d'espionnage en faveur de la Chine ont été arrêtés en Pologne, ont annoncé des hauts responsables à Varsovie, vendredi 11 janvier. Des médias assurent que le Chinois était un des dirigeants locaux du conglomérat chinois Huawei.

Pékin s'est dit "très préoccupé" par l'arrestation de l'homme d'affaires chinois et a appelé Varsovie à garantir les droits du suspect.

Interrogé par l'AFP, Huawei n'a pas confirmé si le suspect était bien un de ses employés, disant simplement "regarder de près" ces informations.

>> À lire : Le Canada entraîné malgré lui dans le conflit commercial sino-américain

Huawei, fondé par un ancien ingénieur de l'armée chinoise, est déjà mis à l'index dans plusieurs pays, dont les États-Unis, l'Australie et le Japon, pour des soupçons d'espionnage potentiel. Les trois pays lui ont interdit de bâtir un réseau d'Internet ultrarapide, la 5G.

Le Polonais impliqué, expert en sécurité informatique et ancien officier de l’Agence de sécurité intérieure ABW, était actuellement conseiller de la filiale polonaise du groupe français de télécommunications Orange. L'homme avait travaillé par le passé "pour plusieurs institutions d'État", selon Stanislaw Zaryn, porte-parole du ministre coordinateur des services spéciaux.

Arrêtés mardi, ils sont soupçonnés d'avoir agi "pour le compte des services chinois et au détriment de la Pologne", a par ailleurs précisé Stanislaw Zaryn.

Huawei au cœur d’un imbroglio diplomatique entre Washington et Pékin

Un tribunal a décidé jeudi de fixer à trois mois la période de détention provisoire des deux hommes, Weijing W. et Piotr D., a indiqué le porte-parole, donnant, conformément à la loi polonaise, seulement les prénoms des suspects et l'initiale de leur nom de famille. Les appartements et les lieux de travail des deux hommes ont été perquisitionnés, a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, Orange Pologne s'est borné à confirmer que "des fonctionnaires d'ABW ont emporté mardi des objets d'un des employés". "Nous ignorons complètement si cela a un rapport avec ses fonctions", a indiqué un porte-parole d'Orange Pologne, Wojciech Jabczynski, dans un texto à l'AFP.

Une affaire judiciaire impliquant Huawei, qui ne porte pas sur de l'espionnage économique, a récemment ébranlé la relation entre les États-Unis et la Chine. Le 1er décembre, une responsable du géant chinois des télécoms a été arrêtée au Canada à la demande des États-Unis.

La Chine a été d'autant plus ulcérée qu'il s'agit de la fille du fondateur de Huawei. Washington, qui demande son extradition, la soupçonne de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran.

Treize Canadiens ont été détenus en Chine depuis son arrestation dont huit ont été remis en liberté, a indiqué le 4 janvier le ministère canadien des Affaires étrangères.

Les logiciels et le matériel de Huawei et ZTE : une menace pour la sécurité

D'un autre côté, l'Agence tchèque de cyber-sécurité a mis en garde à la mi-décembre contre l'utilisation des logiciels et du matériel de Huawei et d'une autre société chinoise, ZTE, affirmant qu'ils constituaient une menace pour la sécurité de la République tchèque.

Huawei tente actuellement de défendre ses positions en Europe et a d'ores et déjà signé des accords avec plusieurs opérateurs en vue du déploiement à venir de la 5G. Parmi eux, la Pologne fait partie des pays les plus accueillants en la matière et Deutsche Telekom a déjà annoncé un accord avec Huawei pour le déploiement de son futur réseau 5G dans le pays.

Orange, en revanche, n'a pas fait d'annonce en la matière mais réalisait depuis fin septembre des tests grandeur nature dans la ville polonaise de Gliwice en collaboration avec Huawei.

Si l'opérateur français a annoncé qu'il n'utilisera pas d'équipements Huawei en France pour son déploiement de 5G, il n'a pas fermé la porte à l'utilisation de ces mêmes équipements dans d'autres marchés du groupe, en Europe comme en Afrique.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.