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Le "shutdown" en cours devient le plus long de l'histoire des États-Unis

Des fonctionnaires américains manifestent contre le "shutdown", le 10 janvier 2019, à Ogden, dans l'Utah.
Des fonctionnaires américains manifestent contre le "shutdown", le 10 janvier 2019, à Ogden, dans l'Utah. Natalie Behring, Getty Images, AFP

En entrant samedi dans son 22e jour, le "shutdown" en cours aux États-Unis est devenu le plus long de l'histoire du pays. Tenté ces derniers jours par la proclamation de l'état d'urgence, Donald Trump a déclaré vendredi que cette décision attendrait.

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Record battu. Le "shutdown" qui paralyse partiellement depuis près de trois semaines les administrations fédérales des États-Unis est devenu le plus long de leur histoire, dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 janvier.

Le record a été battu vendredi soir à minuit (5 h GMT samedi), dépassant ainsi les 21 jours de "shutdown" pendant l'ère Clinton en 1995-1996. Le suspense était mince, Donald Trump ayant assuré vendredi ne pas vouloir déclarer "si vite" la procédure d'urgence nationale et le Sénat ayant suspendu sa séance jusqu'à lundi.

Aucun compromis n'a pu être trouvé entre le président républicain, qui réclame 5,7 milliards de dollars pour construire son mur anti-migrants à la frontière avec le Mexique, et les démocrates, farouchement opposés au projet jugé "immoral", coûteux et inefficace pour lutter contre l'immigration clandestine.

>> À lire : Donald Trump et la tentation du coup d'état d'urgence

"La solution de facilité pour moi est de déclarer une urgence nationale", mais "je ne vais pas le faire si vite parce que c'est au Congrès de le faire", a déclaré vendredi le locataire de la Maison Blanche, lors d'une table ronde sur la sécurité aux frontières.

"Ce que nous ne cherchons pas à faire pour l'instant est l'urgence nationale", a-t-il aussi affirmé après des jours de spéculation sur le recours à une telle procédure, conférant des pouvoirs exceptionnels au président. Utiliser une telle prérogative aurait, à coup sûr, plongé le pays dans une tempête politico-judiciaire.

Pas de salaire pour les 800 000 fonctionnaires fédéraux

Au Congrès, aucun compromis ne semble se dessiner. Le Sénat a suspendu sa séance vendredi en début d'après-midi. Il ne se réunira pas de nouveau avant lundi. Les conséquences sont, elles, bien réelles. Pour la première fois vendredi, les 800 000 fonctionnaires fédéraux affectés par le "shutdown" ne vont pas toucher leur salaire.

Depuis le 22 décembre, la moitié d'entre eux, jugés "non essentiels", ont été placés en congé sans solde, tandis que l'autre moitié a été réquisitionnée. Si la plupart, payés à la quinzaine, avaient reçu leur chèque fin décembre, ils ne toucheront en revanche pas leur paie vendredi.

>> À voir : "Le 'shutdown' est le signe d'un profond dysfonctionnement de gouvernance"

La Chambre des représentants a toutefois approuvé à une écrasante majorité vendredi une loi, déjà votée par le Sénat, garantissant aux employés fédéraux qu'ils soient payés rétroactivement une fois le "shutdown" terminé. Il revient désormais au président de la promulguer.

Ce type de mesure est courant aux États-Unis lorsque le pays traverse de telles impasses budgétaires. Mais elle ne concerne pas les millions de contractuels également affectés.

Avec AFP

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