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Ce vétéran qui veut financer le mur de Trump par le crowdfunding

Brian Kolfage, ici avec sa femme, est à l'origine d'une opération de crowdfunding controversé pour financer le mur à la frontière mexicaine.
Brian Kolfage, ici avec sa femme, est à l'origine d'une opération de crowdfunding controversé pour financer le mur à la frontière mexicaine. Capture d'écran YouTube

Brian Kolfage a réuni 20 millions de dollars de promesses de dons pour la construction du mur de Donald Trump à la frontière mexicaine. Mais plusieurs enquêtes ont souligné les affaires douteuses du vétéran ultraconservateur.

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Le site de financement participatif GoFundMe a un problème avec le mur à la frontière mexicaine du président américain Donald Trump. Plus spécifiquement, il a un souci avec une cagnotte de 20 millions de dollars levés pour financer sa construction. La plateforme a annoncé, samedi 12 janvier, qu’elle comptait rembourser les donateurs car la campagne n’a pas atteint son but initial d’un milliard de dollars. Mais Brian Kolfage, l’initiateur de cette opération, l’entend d’une autre oreille.

Cet ex-militaire, vétéran décoré de la guerre en Irak amputé des deux jambes et d'une main, continue à accepter des donations sur GoFundMe pour le mur. Il ne compte, cependant, plus verser l’argent au gouvernement, mais plutôt à une organisation qu’il a cofondé, avec notamment Erik Prince, l’ex-patron des mercenaires de Blackwater, et qui s’occupera de bâtir le mur à la place de Donald Trump.

Le page d'acceuil de la campagne de crowdfunding en faveur du mur de Donald Trump
Capture d'écran - GoFundMe

Pro des campagnes GoFundMe

Brian Kolfage explique sur sa page GoFundMe qu’il ne pouvait pas légalement verser les fonds à l’État, et qu’il lui fallait donc trouver un autre moyen d’aider le président à tenir sa promesse de campagne. Il s’engage, cependant, à rembourser tous ceux qui ne seraient pas d’accord avec ce changement dans les termes de sa campagne de crowdfunding.

Depuis ses débuts en décembre 2018, cette levée de fonds a suscité des controverses. Son but très ambitieux de lever un milliard de dollars, la rhétorique très “trumpienne” adoptée par Brian Kolfage pour justifier sa démarche anti-migrants en ont fait un projet politiquement marqué très à droite. C’est aussi ce qui a permis à cette campagne GoFundMe d’être l’une des plus médiatisées de ces dernières années.

Le changement de bénéficiaire des sommes collectées a rajouté au malaise. La nouvelle structure censée aider à construire le mur compte, parmi ses “conseillers”, certains des membres les plus extrémistes du camp républicain. Ainsi Kris Kobach, candidat malheureux au poste de gouverneur du Kansas en novembre 2018, avait défrayé la chronique pour s’être entouré de membres du groupuscule suprématiste Identity Evropa durant la dernière campagne de mi-mandat. Un autre, l’ex-sheriff David Clarke, a tenu des propos racistes, déclarant notamment que les “noirs [il est lui-même afro-américain, NDLR] vendent des drogues et commettent des crimes parce qu’ils sont fainéants et moralement décadents”.

Mais au-delà de cette campagne spécifique, GoFundMe devrait peut-être reconnaître avoir un problème avec Brian Kolfage lui-même, suggère une enquête de la chaîne NBC. Ce vétéran a multiplié ces dernières années les appels au don sur la plateforme et la destination finale de l’argent collecté n’est pas toujours très claire. Il a, ainsi, levé des dizaines de milliers de dollars destinés, selon ses dires, à des centres hospitaliers pour des ex-militaires depuis 2013. Mais aucune des institutions contactées par NBC ne se souvient avoir eu des contacts avec Brian Kolfage.

Adepte de la désinformation

Mais Brian Kolfage n’était pas actif seulement sur GoFundMe. Il s’est aussi fait un nom dans le milieu des sites ultraconservateurs d’information, a constaté Buzzfeed. Depuis l’élection de Donald Trump, en novembre 2016, il a acquis plusieurs pages Facebook et sites, tels que Right Wing News ou Freedom Daily, qu’il a transformés en machine à clics pour un public conservateur avide de sensationnalisme. “À partir de 2016, il a embauché une douzaine de personnes pour écrire et partager des contenus, les poussant à survendre les sujets ou, même, à fabriquer des histoires pour gagner toujours plus d’abonnés”, raconte Buzzfeed. C’est ainsi qu’il a fait paraître des faux articles relatant, notamment, l’arrestation de l’ancien président Barack Obama.

Le but de cette opération de désinformation était de se créer une base de données de potentiels électeurs républicains, selon le site Business Insider, qui a également enquêté sur les dessous des affaires de Brian Kolfage. Les internautes qui consultaient les articles publiés par les rédacteurs de l’ex-militaire étaient, à chaque fois, sollicités pour signer des pétitions où ils devaient laisser leurs données personnelles. Des informations qui peuvent valoir cher aux yeux des équipes de campagne.

Mais Facebook a mis un terme, en octobre 2018, à la petite entreprise de Brian Kolfage en fermant les pages qu’il avait acquise pour “activité de spam” et “publication de contenu inexact”. La réaction du vétéran décoré ? Il a lancé une campagne GoFundMe pour demander aux internautes de l’aider à financer une campagne pour “mettre un terme à la censure des réseaux sociaux”.

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