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Trump menace Erdogan de "désastre économique" s'il attaque les Kurdes de Syrie

La Turquie compte poursuivre la lutte contre la milice kurde après les menaces de Trump.
La Turquie compte poursuivre la lutte contre la milice kurde après les menaces de Trump. Adem Altan, Saul Loeb / AFP

Le président américain a mis en garde la Turquie, dimanche, contre une catastrophe économique en cas d'attaque contre les Kurdes après le prochain retrait des troupes américaines de Syrie, tout en appelant les Kurdes à ne pas "provoquer" Ankara.

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Washington tente de rassurer ses alliés kurdes en Turquie sur leur protection malgré le retrait, annoncé par Donald Trump en décembre, des 2 000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre l'EI. Dans un tweet publié dimanche 13 janvier, le président américain menace de "dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les kurdes", et appelle à la création d’une "zone de sécurité" de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation ou sur son financement. Dans le même temps, Washington demande aux Kurdes de "ne pas provoquer la Turquie".

Ces déclarations interviennent alors que le secrétaire d'État américain Mike Pompeo effectue une tournée au Moyen-Orient. Une visite destinée à rassurer ses alliés alors que la tension est montée entre les États-Unis et la Turquie au sujet du sort des Kurdes de Syrie, qui ont lutté aux côtés des États-Unis contre le groupe jihadiste État islamique (EI).

>> À lire : Pour les Kurdes de Syrie, le rêve autonomiste s'éloigne

Réponse de la Turquie : elle attend des États-Unis qu'ils honorent leur partenariat stratégique, a déclaré, lundi, le porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan. "Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), qui est sur la liste américaine des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD (Parti de l'union démocratique)-YPG (Unités de protection du peuple)", écrit sur Twitter Ibrahim Kalin. La Turquie compte donc poursuivre la lutte contre la milice kurde, poursuit-il.

"Les terroristes ne peuvent pas être vos partenaires et vos alliés. La Turquie attend des États-Unis qu'ils honorent notre partenariat stratégique et ne veut pas qu'il soit occulté par de la propagande terroriste", a ajouté le porte-parole de la présidence turque. Le retrait américain de Syrie, salué par la Turquie, fragilise la situation des combattants kurdes. La principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale sur le terrain de la lutte contre l'EI, est en effet menacée par une possible offensive de la Turquie, pays voisin de la Syrie.

Ankara qualifie les YPG de "terroristes" pour leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984. Et elle ne cache pas son intention de lancer une offensive contre eux pour éviter la formation, à ses portes, d'un embryon d'État kurde susceptible de raviver le séparatisme des Kurdes de Turquie. Ankara avait réagi vivement à des informations selon lesquelles Trump envisageait de conditionner le retrait des soldats américains à la sécurité des combattants kurdes.

Début du retrait

Samedi, plus de 600 personnes ont été évacuées du dernier bastion de l'EI dans l'est de la Syrie, selon un organisme de surveillance. "Commencer le retrait longtemps attendu de Syrie en frappant durement le petit califat territorial restant de l'EI, depuis plusieurs directions. Nous attaquerons de nouveau à partir d'une base existante s'il se reformait," a ajouté Donald Trump dans ses tweets de dimanche. "La Russie, l'Iran et la Syrie ont été les plus grands bénéficiaires de la politique américaine de long terme de destruction du groupe État islamique en Syrie - des ennemis naturels. Nous en bénéficions aussi mais il est temps maintenant de faire rentrer nos troupes à la maison. Stop aux GUERRES SANS FIN", a-t-il ajouté.

Le responsable de l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme, basé au Royaume-Uni, Rami Abdel Rahman, a affirmé de son côté que plusieurs dizaines de combattants jihadistes avaient été évacués de zones tenues par l'alliance arabo-kurde. Il a précisé que quelque 16 000 personnes, dont 760 combattants de l'EI, ont fui la région depuis début décembre. Les Nations unies ont affirmé de leur côté, vendredi, que 25 000 personnes ont fui les violences des combats ces six derniers mois.

Avec AFP et Reuters

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