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L'Irano-Britannique détenue en Iran interrompt sa grève de la faim

Nazanin Zaghari-Ratcliffe a retrouvé sa fille lors de sa libération provisoire de trois jours, à Téhéran, le 23 août 2018.
Nazanin Zaghari-Ratcliffe a retrouvé sa fille lors de sa libération provisoire de trois jours, à Téhéran, le 23 août 2018. Free Nazanin campaign, AFP

Emprisonnée en Iran depuis plus de deux ans et privée de sa famille, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a mis fin à une grève de la faim entamée pour obtenir des soins appropriés. Son mari se bat depuis Londres pour sa libération.

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Nazanin Zaghari-Ratcliffe a obtenu gain de cause. Accusée d'espionnage par l'Iran et emprisonnée depuis avril 2016, elle avait entamé une grève de la faim lundi pour dénoncer ses conditions de détention. Elle a interrompu sa grève, mercredi 16 janvier, après avoir obtenu de la prison de Téhéran, où elle est détenue, l'assurance de pouvoir accéder à des soins de santé, a annoncé son mari, Richard Ratcliffe. L'Irano-Britannique a été condamnée à cinq ans de prison pour avoir participé à des manifestations en 2009 visant à renverser l'État iranien.

Selon son mari, le britannique Richard Ratcliffe, elle souffre d'une grosseur dans la poitrine et se plaint d'engourdissements dans les bras et les jambes. Son état nécessite des examens complémentaires auprès de médecins spécialistes et des traitements adaptés, ce que lui refusaient les autorités iraniennes, avait-il expliqué lors d'une conférence de presse. Cette grève de la faim visait donc à obtenir des soins médicaux appropriés ainsi qu'une aide psychologique extérieure à la prison.

Les conditions de détentions de cette jeune femme sont difficiles. Elle a passé plus de deux ans et demi derrière les barreaux sans pouvoir voir son enfant. Elle se trouvait avec sa fille Gabriella, alors âgée de 22 mois, au moment de son arrestation en 2016 lors d'un voyage en Iran. De premières retrouvailles de trois jours ont été permises par les autorités iraniennes cet été. Mais à son retour en prison, la détenue, a été prise d’une attaque de panique et a dû être hospitalisée.

Des visites de sa fille autorisées

À la suite de cet épisode, les autorités ont accepté que l’Irano-britannique puisse recevoir des visites de sa fillette deux fois par semaine. Mais d’après son mari, elle craignait que sa grève de la faim ne lui soit préjudiciable et conduise à une interdiction de ces rencontres familiales.

Agée de 4 ans aujourd’hui, la fille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été confiée aux parents de Nazanin, à Téhéran. Elle ne peut pas quitter le pays puisque son passeport lui a été confisqué par les autorités. Le mari de l’Irano-Britannique, lui, a vu ses demandes de visa systématiquement refusées et n’a pas pu revoir sa famille depuis 2016.

L’ambassadeur iranien convoqué à Londres

Depuis Londres, Richard Ratcliffe œuvre pour obtenir une "protection diplomatique" pour son épouse. Ce statut obligerait l'Iran à permettre à des diplomates britanniques de s'assurer de son état de santé. Or Téhéran ne reconnaît pas la double nationalité. L'Iran refuse donc de considérer Nazanin Zaghari-Ratcliffe comme une citoyenne britannique et traite sa détention comme une affaire intérieure.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, suit le dossier depuis plusieurs mois. Il s'est rendu à Téhéran en novembre, où il a obtenu des autorités iraniennes la promesse que Nazanin Zaghari-Ratcliffe puisse bénéficier d'un accès aux soins nécessaires. Un engagement qui n’a pas été respecté, a critiqué le chef de la diplomatie britannique dans un entretien avec la BBC.

Après avoir reçu lundi 14 janvier Richard Ratcliffe, Jeremy Hunt a convoqué l'ambassadeur iranien pour exiger que Nazanin Zaghari-Ratcliffe se voit donner cet "accès immédiat aux soins qu'elle demande".

"Sa détention actuelle est totalement inacceptable et la façon dont elle est traitée par les autorités iraniennes constitue une violation fondamentale des droits de l'Homme", a-t-il insisté dans un tweet lundi 14 janvier. Des experts en droits de l'homme de l'ONU ont également appelé mercredi l'Iran à apporter immédiatement une aide à Nazani Zaghari-Ratcliffe.

Pression des Gardiens de la Révolution

Or le temps presse. D'après Richard Ratcliffe, Nazanin a été "terrifiée" par la visite le 29 décembre des Gardiens de la Révolution venus l'interroger en prison. D'après son mari, ils auraient demandé à Nazanin de devenir une espionne au Royaume-Uni pour le compte de l'Iran en échange de sa libération.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe a toujours nié les faits que lui reprochent les autorités iraniennes.

Avec AFP et Reuters

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