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La CPI ordonne la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

Laurent Gbagbo victorieux après l'annonce de la CPI du rejet de la demande de maintien en détention, mardi 16 janvier.
Laurent Gbagbo victorieux après l'annonce de la CPI du rejet de la demande de maintien en détention, mardi 16 janvier. Capture d'écran APTN Live

Au lendemain de l'acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pour crimes contre l'humanité, la Cour pénale internationale a rejeté la demande de leur maintien en détention, dans l’éventualité d'un procès en appel réclamé par le procureur.

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Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont rejeté mercredi 16 janvier à la majorité, la demande de maintien en détention de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé formulée par le procureur. L'ex-président ivoirien et l'ancien leader des Jeunes Patriotes seront donc remis en liberté. Aucun détail n'a été communiqué sur le temps qu'il faudrait pour libérer les deux hommes du centre de détention de la Cour.

"À la majorité, la chambre (...) rejette la requête présentée par le procureur de maintenir M. Gbagbo et M. Blé Goudé en détention", a déclaré le juge président Cuno Tarfusser.

Les juges ont qualifié "d’exceptionnellement faibles" les arguments du procureur plaidant pour leur maintien en détention. Laurent Gbagbo s'est engagé à se présenter devant le tribunal si cela lui était ordonné, disent les juges. Ils ont également demandé "au greffe d'obtenir les assurances nécessaires auprès de M. Gbagbo et de M. Blé Goudé pour garantir leur retour" dans l'éventualité où leur présence à la Cour serait requise dans le futur.

L'éclairage de notre chroniqueur, Nicolas Germain

Accusés de crimes contre l'humanité, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été acquittés mardi par les juges de la Cour, qui ont ordonné leur mise en liberté immédiate.

Cette libération avait toutefois été suspendue dans l'attente d'une audience mercredi matin, au cours de laquelle l'accusation a pu faire part de ses objections.

"Risque concret"

Dans leur requête, les procureurs ont affirmé qu'il existe des "raisons exceptionnelles" de s'opposer à la libération inconditionnelle de Laurent Gbagbo, évoquant un "risque concret" que ce dernier disparaisse dans l'éventualité où le procès se poursuivrait.

"Si l’appel est jugé recevable par la CPI, ça peut durer des mois voire des années"

Ils avait cependant déclaré qu'ils accepteraient une remise en liberté dans un pays membre de la CPI – excepté la Côte d'Ivoire – "si le risque de fuite peut être atténué en imposant une série de conditions".

Premier ancien chef d'État à avoir été remis à la CPI, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences ont fait plus de 3 000 morts en cinq mois.

Le gouvernement ivoirien appelle à "la réconciliation"

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Après l'acquittement de l'ancien chef d'État, le gouvernement ivoiriena a estimé mercredi que la décision de revenir en Côte d'Ivoire appartenait maintenant à Laurent Gbagbo.

"Le fait qu'il rentre à Abidjan, la décision lui appartient, le reste nous n'avons pas de commentaire à faire", a déclaré le porte-parole du gouvernement ivoirien, Sidi Tiemoko Touré.

Le gouvernement "appelle l'ensemble des populations au calme, au pardon et à la réconciliation", avait également déclaré un peu plus tôt devant la presse Sidi Touré. "Le chef de l'Etat (Alassane Ouattara) et le gouvernement ont une pensée pour les victimes" de la crise post-électorale de 2010-2011, a ajouté le ministre de la Communication, précisant que des "mesures additionnelles" seraient prises en leur faveur.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable. L'ancien président ivoirien reste sous le coup d'une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne.

Avec AFP

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