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Les Kurdes de Syrie rejettent une "zone de sécurité" sous contrôle turc

Des combattants syriens appuyés par la Turquie lors d'un entraînement dans la province d'Alep, à quelques kilomètres de zones controlées par la coalition emmenée par les Kurdes.
Des combattants syriens appuyés par la Turquie lors d'un entraînement dans la province d'Alep, à quelques kilomètres de zones controlées par la coalition emmenée par les Kurdes. Bakr Alkasem, AFP

Une milice kurde a rejeté en bloc, mercredi, l'idée d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie sous contrôle de la Turquie. Une initiative soutenue par Washington, qui cherche à atténuer les conséquences du départ annoncé de ses troupes.

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Le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie soulève la question du contrôle du nord du pays. Mercredi 16 janvier, les Kurdes ont rejeté l’initiative dévoilée par Ankara, en partenariat avec Washington, qui consisterait à établir une "zone de sécurité" sous contrôle de la Turquie dans le nord du pays.

Depuis mi-décembre, la Turquie menace de lancer une nouvelle offensive dans le nord syrien pour déloger de sa frontière les combattants de la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Dans ce contexte délicat, Washington, allié stratégique de la Turquie au sein de l'Otan, mais également proche partenaire des YPG dans la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique (EI), tente de trouver une solution qui convienne à toutes les parties.

Le président américain, Donald Trump, a ainsi récemment évoqué la création d'une "zone de sécurité" de 30 km en Syrie, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a assuré que l'idée était de laisser la Turquie se charger de cette initiative.

"La Turquie n'est pas neutre"

La proposition a été rejetée en bloc par l'influent politicien kurde Aldar Khalil, haut responsable de l'administration semi-autonome mise en place par la minorité. "La Turquie n'est pas neutre, c'est une partie prenante au conflit (...) et toute partie (prenante) ne peut pas être un garant de la sécurité", a indiqué Aldar Khalil à l'AFP. "Il peut y avoir une ligne de démarcation entre la Turquie et le nord syrien avec des forces de maintien de la paix de l'ONU (...) Tout autre choix est inacceptable", a-t-il souligné.

Selon le porte-parole du président turc Ibrahim Kalin, le chef d'état-major turc doit rencontrer son homologue américain mercredi à Bruxelles pour définir les "modalités" de cette "zone de sécurité" qui serait contrôlée par Ankara.

Suite à un entretien avec Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan a expliqué que son pays pouvait se charger d'établir cette zone entre la frontière et les positions des YPG. Au cours de cette conversation, Donald Trump "a mentionné une zone de sécurité d'une largeur de 20 miles, ce qui représente plus de 30 km, qui sera établie par nous le long de la frontière", a déclaré Recep Tayyip Erdogan, se disant favorable à l'idée.

Les tensions entre les Kurdes syriens et la Turquie sont exacerbées depuis l'annonce du retrait des quelque 2 000 soldats américains déployés en Syrie pour lutter contre l'EI aux côtés des forces kurdes .

Moscou favorable à un contrôle de Damas

De son côté, le pouvoir de Bachar al-Assad a qualifié d'"irresponsables" les déclarations de Recep Tayyip Erdogan sur une zone de sécurité en territoire syrien. Elles "montrent une nouvelle fois que son régime ne traite qu'avec le langage de l'occupation et de l'agression", a indiqué l'agence officielle Sana, citant une source au ministère des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que c’était au régime syrien de reprendre le contrôle du nord du pays après le retrait américain. "Nous sommes convaincus que l'issue optimale, et la seule qui soit juste, est un passage de ces territoires sous contrôle du gouvernement syrien, des forces armées syriennes et de leurs structures administratives", a déclaré Sergueï Lavrov lors de sa conférence de presse annuelle.

Avec AFP

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