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Manifestations, arrestations : le Zimbabwe paralysé

La police anti-émeute zimbabwéenne surveille des hommes arrêtés lors de violentes manifestations déclenchées par la hausse soudaine du prix de l'essence annoncée par le président zimbabwéen.
La police anti-émeute zimbabwéenne surveille des hommes arrêtés lors de violentes manifestations déclenchées par la hausse soudaine du prix de l'essence annoncée par le président zimbabwéen. Jekesai Njikizana, AFP

Des manifestations violentes contre la hausse du prix de l'essence et la vie chère secouent le Zimbabwe depuis lundi. Leur répression a fait trois morts et plusieurs blessés. C'est la première crise de l'ère post-Mugabe que traverse le pays.

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C'est la première grave crise que traverse le Zimbabwe depuis le départ forcé de Robert Mugabe. La répression contre les violentes manifestations contre la forte hausse des prix du carburant qui ont commencé lundi ont fait trois morts, dont un policier, a indiqué la police.

Soixante-huit personnes ont été soignées pour des blessures par balles, a annoncé jeudi 17 janvier un groupe de médecins zimbabwéens. Dix-sept de ces blessés ont dû être opérés en urgence, a précisé l'Association des médecins pour les droits de l'homme du Zimbabwe, qui dit avoir pris en charge 172 personnes depuis lundi à Harare, la capitale, et Bulawayo, la deuxième ville du pays.

En outre, des centaines de personnes, dont des militants de l'opposition, ont été arrêtés, selon des avocats et Amnesty International. Mercredi, ce fut le cas d'une figure de la contestation. Porte-drapeau des manifestations antigouvernementales de 2016, le pasteur Evan Mawarire a été interpellé à son domicile de Harare et placé en garde à vue. "Ils affirment qu'il a incité à la violence par le biais de Twitter et des réseaux sociaux", a déclaré son avocate, Beatrice Mtetwa. Selon une association d'avocats, il devait être déféré devant un tribunal jeudi matin.

Le ministre de la Sécurité, Owen Ncube, a annoncé mercredi que plus de 600 personnes avaient déjà été arrêtées depuis le début des troubles. Une soixantaine d'entre elles ont comparu mercredi devant la justice pour "violence publique", accusées d'avoir jeté des pierres sur la police ou bloqué des routes. Toutes ont été placées en détention provisoire.

Marasme économique

Le président Emmerson Mnangagwa a déclaré à la chaîne ZBC qu'aucun dirigeant "ne pouvait laisser dormir sa sécurité quand des boutiques sont pillées (...) et qu'ils (les manifestants) brûlent des pneus pour empêcher les gens d'aller au travail". "Il y a des gens qui se concentrent sur les efforts pour faire respecter la loi et l'ordre public (au lieu) de se concentrer sur ceux qui violent la loi et portent atteinte à l'ordre public dans le pays", a-t-il dit.

La population a vivement réagi à l'annonce samedi du président Emmerson Mnangagwa de doubler les prix du carburant, une mesure qui a provoqué la colère d'une population aux abois, alors que le Zimbabwe est plongé depuis deux décennies dans une crise interminable. Les protestataires, qui ont érigé des barricades et brûlé des pneus, ont scandé des slogans contre le chef de l'État.

Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre 2017 à Robert Mugabe à la présidence du pays après l'avoir écarté de la direction de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, s'était engagé à sortir le pays du marasme économique, mais c'est précisément l'inverse qui se produit. La situation s'est détériorée ces derniers mois au point que les Zimbabwéens manquent d'huile, de sucre, de pain ou encore de médicaments.

Avec AFP et Reuters

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