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Grand débat national : Emmanuel Macron joue l'acte II à Souillac

Emmanuel Macron adressant ses voeux aux armées, le 17 janvier 2019 à Toulouse.
Emmanuel Macron adressant ses voeux aux armées, le 17 janvier 2019 à Toulouse. Régis Duvignau, REUTERS

La commune de Souillac, en Haute-Garonne, a été placée sous haute surveillance, vendredi, pour accueillir Emmanuel Macron, venu rencontrer des élus ruraux en marge du débat national, qui doit permettre de clore la crise des Gilets jaunes.

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"Nous devons poursuivre un projet collectif." À Souillac, paisible cité de la vallée du Lot, Emmanuel Macron retourne au combat. Trois jours après un premier oral marathon dans l’Eure, le chef de l'État est retourné, vendredi 18 janvier, sur la scène du grand débat face à quelque 600 maires d'Occitanie rassemblés dans la commune de la vallée de la Dordogne, qui tente de renaître loin des grandes villes.

La formule ne change pas. Comme à Grand-Bourgtheroulde (Eure) mardi, Emmanuel Macron était entouré d'élus de tous bords, ceints de l'écharpe tricolore et venus des 13 départements de la région. "Avoir un projet au niveau de la nation, ça n'est pas faire droit à toutes les demandes (...). C'est aussi recréer un consensus, qui n'est jamais l'unanimité, pour faire que tout le monde se mette dans une direction et décide d'avancer", a-t-il déclaré sur scène.

"Ce débat doit avoir pour vocation de recréer par la délibération cette part de consensus dont nous avons besoin en infléchissant certaines choses, en construisant le nouveau contrat de la Nation que nous devons bâtir", a souligné le président de la République.

Chargé d'ouvrir le débat, Jean-Michel Sanfourche, maire sans étiquette de Souillac, est entré très vite dans le vif du sujet pour demander pêle-mêle, en faveur de davantage de justice sociale, "la suppression de la taxe d'habitation pour tous sur la résidence principale, des aides optiques effectives dès maintenant sans attendre 2020 ou encore l'annulation de l'augmentation de la CSG pour les retraités".

Faisant écho à des doutes exprimés par des Gilets jaunes et certains membres de l'opposition quant à la sincérité du grand débat, le maire de Saint-Cirgues (Lot) Christian Venries a appelé le chef de l'État à éviter de faire de cet exercice "un grand bluff" ou un "discours de drague".

Souillac placé sous haute sécurité

Pour l'occasion, Souillac, un bourg de 3 750 habitants sur les rives de la Dordogne, est placé sous haute sécurité : centre bouclé, marché annulé et manifestations interdites.

Un arrêté préfectoral prohibe en effet "toute manifestation, notamment dans le cadre du mouvement dit des Gilets jaunes", de 8 h à 23 h. Mais la CGT, des associations, dont Attac, et des partis politiques (France Insoumise, Parti de Gauche, PCF) ont fixé un rendez-vous en fin de matinée à proximité de Souillac.

Malgré l'arrêté préfectoral, des Gilets jaunes, des retraités et quelques jeunes masqués se sont rassemblés dans le centre de Souillac. Peu avant l'arrivée prévue du président, une large banderole a été déployée à l'entrée du parking du palais des Congrès, où le rendez-vous a été fixé avec les élus ruraux: "Manu arrête tes macronneries tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat", signé des "gilets jaunes aveyronnais en colère". Mais la police a rapidement délogé ces contestataires,

"Notre objectif : pouvoir manifester et faire part de nos revendications", portant sur "un revenu minimum décent, le développement des services publics en milieu rural, une fiscalité plus juste", a indiqué à l'AFP Jérôme Delmas, secrétaire départemental de la CGT du Lot.

Souillac a déjà accueilli Emmanuel Macron, mais comme candidat, le 17 février 2017, alors qu'il était en pleine ascension dans les sondages pour la présidentielle. "La France est un pays dont la vocation profonde n'est pas de se rétrécir sur lui-même, n'est pas de trahir ses valeurs, n'est pas d'avoir peur de l'avenir", y avait-il lancé devant 500 sympathisants en défendant "un esprit de conquête d'un optimisme farouche".

Retisser des liens avec les Français

Près de deux ans plus tard, le président cherche à tout prix à retrouver l'esprit de cette campagne victorieuse. Affaibli par la crise des Gilets jaunes et sa chute dans les sondages, il compte sur le grand débat pour retisser le lien abîmé avec les Français. Il devrait au total effectuer une dizaine de déplacements dans les régions d'ici au 15 mars, à la rencontre des maires, mais aussi des "citoyens".

En introduisant les échanges dans le palais des Congrès, le maire de Souillac, Jean-Michel Sanfourche, est entré très vite dans le vif du sujet pour demander pêle-mêle, en faveur de davantage de justice sociale, "la suppression de la taxe d'habitation pour tous sur
la résidence principale, des aides optiques effectives dès maintenant sans attendre 2020 ou encore l'annulation de l'augmentation de la CSG pour les retraités".

Les autres intervenants devraient également interpeller le chef de l'État sur l'affaiblissement des services publics dans les campagnes, qui se sentent défavorisées par rapport aux villes. Or, le Lot ne compte que trois communes de plus de 4 000 habitants, dont la préfecture Cahors.

"En venant dans le Lot, vous ne pourrez pas ignorer la colère et les souffrances de nos concitoyens : la vie réelle", a lancé le député Aurélien Pradié (Les Républicains) dans une "lettre ouverte" adressée au chef de l'État.

Scepticisme

Lancé dans la hâte, le grand débat s'organise peu à peu. Un collège de cinq personnalités chargées d'en "garantir l'indépendance" a été désigné, vendredi, par Matignon, le Sénat, l'Assemblée et le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il s'agit du politologue et spécialiste de sociologie électorale Pascal Perrineau, de l'ancien membre du Conseil constitutionnel Guy Canivet, de la secrétaire générale de la Ligue de l'enseignement, Nadia Bellaoui, de l'ancien patron de la RATP et de la Poste, Jean-Paul Bailly, et de la présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), Isabelle Falque-Pierrotin.

Critiqué par une partie des Gilets jaunes et de l'opposition, cette consultation inédite peine à convaincre les Français. Si 94 % d'entre eux en ont désormais entendu parler, ils sont 64 % à rester sceptiques sur son utilité et moins d'un tiers (29 %) comptent y participer, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting diffusé jeudi.

Avec AFP

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