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Tuerie du Musée juif de Bruxelles : Mehdi Nemmouche confronté aux proches des victimes

Mehdi Nemmouche lors de l'ouverture de son procès aux assises de Bruxelles, le 10 janvier 2019.
Mehdi Nemmouche lors de l'ouverture de son procès aux assises de Bruxelles, le 10 janvier 2019. Benoit Peyrucq, AFP

Le jihadiste français Mehdi Nemmouche, jugé devant les assises de Bruxelles pour la tuerie du Musée juif perpétrée en mai 2014, est resté impassible vendredi face aux proches des victimes.

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C'est la première fois, depuis l'ouverture de son procès devant les assises de Bruxelles, que le jihadiste français Mehdi Nemmouche a été confronté à la douleur des proches des victimes. Vendredi 18 septembre, il est resté impassible à l'audience, y compris face au témoignage déchirant d'Annie Adam, la mère d’une des victimes.

Son fils, Alexandre Strens, employé du musée, est mort à 26 ans, deux semaines après l'attaque, des suites d'une blessure par balle à la tête. "Je vis comme une maman à qui on a coupé ses ailes", témoigne d'une petite voix la mère de 68 ans, qui réclame justice.

Annie Adam raconte. Le coup de téléphone à la police pour savoir si Alexandre fait partie des victimes. La question du médecin à son arrivée à l'hôpital : "On débranche, avec un demi-kilo de cervelle qui est tombé ?" Les larmes qui coulent sur les joues de son enfant après son opération. Selon son avocat, Me Christian Dalne, elle craignait par-dessus tout "d'affronter le regard" de l'assassin présumé de son fils.

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Pour la défense, Mehdi Nemmouche a été "piégé"

Tout au long de cette audience, Mehdi Nemmouche est resté mutique. Y compris face à la diffusion des images de vidéosurveillance des quatre assassinats dont il est accusé, commis en 2014 au Musée juif de Bruxelles. "Un acte d’une extrême violence et des images sur lesquelles les jurés auront pu se faire une idée de la physionomie du tueur", décrit Alix Le Bourdon, correspondante de France 24 à Bruxelles.

Se disant innocent, l'accusé, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison puis passé par la Syrie, refuse de s'exprimer. Après avoir entendu l'accusation détailler deux jours durant les preuves contre lui (ADN, empreintes, témoins, vidéos de revendication), celui qui a été arrêté six jours après les faits en possession des armes utilisées pour les assassinats laisse ses avocats parler en son nom.

"Il aurait été piégé et il s’agirait en fait d’une exécution ciblée d’agents du Mossad [les services secrets israéliens]" détaille Alix Le Bourdon, rapportant les propos de la défense. "C’est une théorie peu crédible selon les parties civiles, qui estiment que les éléments à charge s’accumulent contre Mehdi Nemmouche dans ce procès."

"Il n'y a pas de complot", a assuré vendredi l'avocat de Mehdi Nemmouche, Me Sébastien Courtoy, accusé de mener une stratégie de défense complotiste. Il a affirmé qu'il apporterait la preuve que l’une des victimes, M. Riva, était "vice-consul à Berlin" et non pas simple comptable. "Les Riva travaillaient au Mossad, vivaient à Berlin et surveillaient les mouvements chiites", ajoute-t-il.

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Le co-accusé met à mal la stratégie de la défense

Le père d'Alexandre Strens est également évoqué. Selon l'avocat, il était "fiché pour des activités séditieuses à l'ambassade d'Iran". Concernant l'attentat, il existe, poursuit-il, "une piste évoquée par la Sûreté de l'État, qui mène vers l'Iran et le Hezbollah".

Une note du même service belge "dans le dossier assure, après enquête, que l'attentat n'a rien à voir avec (les) éventuelles activités politiques" du père, avait anticipé Me Dalne avant l'audience pour prévenir toute exploitation complotiste. Issu d'une fratrie de huit enfants, Alexandre Strens (né Reydouane Latrach, selon le quotidien Le Soir) avait changé son nom, comme l'ensemble de sa famille, après l'adoption de son père en 1992 par un châtelain belge, a expliqué Mme Adam vendredi. Lui dont les parents ont divorcé en 2003 n'avait pas vu son père depuis des années.

Le procès, au cours duquel Mehdi Nemmouche, 33 ans, est jugé avec un co-accusé, le Marseillais Nacer Bendrer, soupçonné de lui avoir fourni des armes, doit durer jusqu'au 1er mars. Mardi, la stratégie de la défense de Mehdi Nemmouche s’est heurtée aux propos de ce co-accusé, qui a accepté, lui, de répondre aux questions de la justice belge.

La semaine prochaine sera entièrement consacrée à l'audition des enquêteurs et des experts.

Avec AFP

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