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L’émir du Qatar présent au Sommet économique arabe qui se tient à Beyrouth

L’émir du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, participe à un sommet économique régional à Beyrouth, la capitale du Liban, le 20 janvier 2019.
L’émir du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, participe à un sommet économique régional à Beyrouth, la capitale du Liban, le 20 janvier 2019. Joseph Eid, AFP

Le Sommet arabe pour le développement économique et social s’est ouvert dimanche à Beyrouth. Si plusieurs dirigeants arabes ont décidé de le boycotter en raison de divergences sur la question syrienne, l'émir du Qatar a, lui, répondu présent.

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Contrairement à la plupart des dirigeants arabes, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'est bien rendu dimanche 20 janvier au Liban pour participer au sommet arabe pour le développement économique et social.

À sa présence, s'ajoute à celle du président mauritanien, Mohammad Ould Abdel Aziz, les deux seuls chefs d’État arabes à assister à la rencontre, alors que le reste des dirigeants ont délégué cette tâche à leurs Premier ministre, ministres ou représentants respectifs.

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Il faut dire que les pays arabes demeurent particulièrement divisés par les guerres en Syrie et au Yémen ou sur le conflit diplomatique entre le Qatar et ses voisins du Golfe. Dans ce contexte, l'une des grandes questions du Sommet de Beyrouth devrait être celle d'une réintégration de la Syrie dans le jeu diplomatique régional, sept ans après son exclusion de la Ligue arabe.

Lors du sommet, le président libanais, Michel Aoun, a appelé dimanche les grandes puissances mondiales à "faire tous leurs efforts" pour que les réfugiés syriens puissent rentrer chez eux, indépendamment de toute solution politique à la guerre.

"Aucun accord"

La veille, lors d'une réunion préparatoire du sommet, le ministre libanais des Affaires étrangères par intérim, Gebran Bassil, avait déjà plaidé pour une réintégration de la Syrie. "La Syrie devrait revenir vers nous… Nous devrions prendre la Syrie dans nos bras, plutôt que la jeter dans les bras du terrorisme", a-t-il déclaré. Le vœu d’une réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe a aussi été formulé par l’Irak. Mais l'Arabie saoudite, poids lourd régional opposé à Damas, semble encore réticente à une normalisation avec la Syrie.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, l'Égyptien Ahmed Aboul Gheit, a déclaré à la presse qu'il n'y avait à ce jour "aucun accord entre les pays arabes sur la réintégration de la Syrie". "Quand il y aura un consensus arabe et qu'on sera sûr qu'il n'y aucune objection […] il n'y aura rien de plus simple que de mettre la question à l'ordre du jour d'une réunion [des ministres des Affaires étrangères]", a-t-il souligné.

Pour rappel, le siège de la Syrie à la Ligue arabe avait été gelé fin 2011 en réaction à la répression meurtrière lancée par le régime de Bachar al-Assad contre des manifestations pro-démocratie, à l'origine du conflit qui a fait plus de 360 000 morts.

Retour en grâce ?

Pourtant Bachar al-Assad n’a jamais été aussi proche d’un retour en grâce sur la scène diplomatique. Après les succès militaires qui lui ont permis de reprendre le contrôle d’une très grande partie du territoire syrien, le régime a multiplié les petites victoires. Ces dernières semaines, des signes d’ouverture en direction de Damas se sont multipliés.

Le 27 décembre, les Émirats arabes unis, soutiens, avec l’Arabie saoudite et le Qatar, des opposants syriens, ont rouvert leur ambassade à Damas. Alors qu'il avaient rompu leurs relations diplomatiques avec le régime en 2012. Même démarche du côté du Bahreïn qui a également annoncé son intention de rouvrir son ambassade dans la capitale syrienne. Déjà le 16 décembre, le président soudanais Omar el-Béchir avait effectué une visite surprise à Damas pour rencontrer Bachar al-Assad. Il s'agissait de la première visite d'un chef d'État arabe dans la capitale syrienne depuis 2011.

>> À ire aussi : "Syrie : les Émirats vont rouvrir leur ambassade à Damas"

La guerre civile en Syrie a directement opposé certains pays de la région et exacerbé les tensions au Liban entre alliés du président Bachar al-Assad, en premier lieu le Hezbollah chiite, et mouvements davantage favorables aux rebelles majoritairement sunnites.

Le sommet arabe pour le développement économique et social fait traditionnellement moins recette que le sommet de la Ligue arabe, qui, lui, se tiendra en mars en Tunisie. Le dernier en date, en 2013 en Arabie saoudite, avait néanmoins attiré de nombreux chefs d'État.

Un consensus sera peut-être trouvé à Tunis entre les différents dirigeants arabes pour un grand retour de la Syrie au sein de l’organisation panarabe. L’ouverture fin décembre d’un vol commercial d’une compagnie aérienne privée syrienne sur la capitale tunisienne, une première depuis 2011, semble en être un signe.

Avec AFP et Reuters

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