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Israël renoue ses relations diplomatiques avec le Tchad

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est accueilli par le président tchadien, Idriss Deby, à son arrivée à N'Djamena le 20 janvier 2019.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est accueilli par le président tchadien, Idriss Deby, à son arrivée à N'Djamena le 20 janvier 2019. Reuters

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé dimanche la reprise des relations diplomatiques entre son pays et le Tchad, quarante-sept ans après la rupture par N'Djamena.

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Après quarante-sept ans de gel diplomatique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé, dimanche 20 janvier, la reprise des relations diplomatiques entre son pays et le Tchad, un pays africain à majorité musulmane, lors de sa visite à N'Djamena, a indiqué son bureau à Jérusalem.

"Je suis là pour formellement rétablir nos relations diplomatiques avec le Tchad", a déclaré M. Netanyahou au cours d'un point de presse tenu avec le président tchadien, Idriss Déby Itno, à l'issue de leurs entretiens. Il a affirmé que "le Tchad est un pays très important pour Israël, car le futur de l'Afrique dépend du futur du Sahel", région en proie aux activités violentes et aux attaques de plusieurs groupes djihadistes.

"Ce qui se passe ici influence tout ce qui se passe dans le monde", a affirmé le Premier ministre israélien, en précisant que sa visite à N'Djamena était "historique", la première d'un Premier ministre israélien, selon lui.

"Le Tchad reste attaché au processu de paix entre Israël et la Palestine"

Benjamin Netanyahou s'est réjoui d'être accueilli "avec respect" au Tchad, pays à large majorité musulmane, "tout comme nous avions accueilli le président Déby avec respect en Israël" en novembre 2018. Selon lui, "Israël fait des avancées dans le monde islamique [...] résultat d''efforts considérables ces dernières années", en dépit de "ceux qui essaient de saboter" ces avancées, "sans succès".

Le Premier ministre israélien s'est engagé dans une campagne active pour nouer ou renouer des liens, y compris en Afrique, avec des pays refusant de reconnaître Israël ou ayant pris leurs distances à cause du conflit avec les Palestiniens. Il a précisé qu'en deux ans c'était sa quatrième visite sur le continent africain.

Le président Déby a tenu a déclarer  qu'"en dépit de cette reprise des relations, le Tchad reste attaché au processus de paix entre Israël et la Palestine". "Je réitère mon appel à l'État d'Israël et à l'État de Palestine à privilégier le dialogue et les négociations en vue d'une paix durable entre les deux parties conformément aux résolutions des Nations unies", a-t-il ajouté.

Des accords dans le secteur de la défense et de la sécurité

Les deux dirigeants et leurs délégations ont signé à N'Djamena plusieurs protocoles d'accord de coopération, en particulier dans le secteur de la défense et de la sécurité, mais aucun détail n'a été divulgué sur son contenu. En novembre, Benjamin Netanyahu et Idriss Déby avaient refusé de dire si leurs discussions incluaient des accords d'armement.

>> À lire : Visite historique de Benjamin Netanyahou au Tchad

Pour faire face à des rébellions dans le nord et l'est du pays, l'armée tchadienne et l'Agence nationale du renseignement se sont équipées de matériels militaires israéliens, selon des sources sécuritaires tchadiennes.

Le Tchad est l'un des principaux États africains engagés dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et l'organisation État islamique dans la bande sahélo-saharienne et en Afrique de l'Ouest. Il fait partie de la Force multinationale mixte (MNJTF), regroupant également des militaires du Nigeria, du Niger, du Bénin et du Cameroun, fer de lance des pays de la région contre Boko Haram, et appartient également au G5-Sahel.

La pression des nations africaines musulmanes, accentuée par les guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973, ont conduit un certain nombre d'États africains à rompre avec l'État hébreu. Mais ces dernières années, Israël a offert des perspectives de coopération dans des domaines allant de la sécurité à la technologie, en passant par l'agriculture, afin de développer ses relations sur le continent africain.

Avec AFP

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