Accéder au contenu principal

Donald Trump autorisé à refuser les transgenres dans l'armée américaine

Photo d'archives, datant du 8 juin 2018, sur laquelle figurent (de gauche à droite) le lieutenant colonel Ann Murdoch, le vice-président de l'association des vétérans transgenres Gene Silvestri, Yvonne Cook-Riley, le président de l'association des vétérans transgenres Evan Young, Alice Ashton et Nella Ludlow.
Photo d'archives, datant du 8 juin 2018, sur laquelle figurent (de gauche à droite) le lieutenant colonel Ann Murdoch, le vice-président de l'association des vétérans transgenres Gene Silvestri, Yvonne Cook-Riley, le président de l'association des vétérans transgenres Evan Young, Alice Ashton et Nella Ludlow. Mandel Ngan, AFP

Nouvelle étape dans le bras de fer juridique autour du recrutement des militaires transgenres dans l'armée américaine : mardi, la Cour suprême a autorisé l'administration Trump à refuser ces nouvelles recrues, le temps que la justice se prononce.

PUBLICITÉ

La Cour suprême des États-Unis a autorisé, mardi 22 janvier, l'administration de Donald Trump à refuser les personnes transgenres dans l'armée, tant que se poursuit la bataille juridique sur cette question éminemment politique. Concrètement, cela signifie la fin des recrutements de soldats transgenres. Pour ceux qui ont pu entrer dans l'armée en 2018, la situation est moins claire. "Ils pourraient continuer à servir dans leur sexe de préférence", selon le mémo publié en février par le ministère de la Défense.

Le gouvernement s'est réjoui de cette décision qui supprime, selon lui, "un risque pour l'efficacité et la puissance létale des militaires". Mais les défenseurs des droits des personnes transgenres ont dénoncé le maintien d'une politique "inhumaine", "discriminatoire".

Il n'existe pas de chiffres officiels, mais d'après les estimations, entre 1 320 et 15 000 personnes transgenres servent dans l'armée américaine, sur 1,3 million de militaires en service actif.

À la fin de son mandat, l'ancien président démocrate Barack Obama avait prévu que l'armée commencerait à accueillir des recrues transgenres au 1er juillet 2017. Son successeur républicain avait d'abord reporté l'échéance au 1er janvier 2018, puis avait décidé de revenir complètement sur cette politique. Donald Trump avait mis en avant, dans une salve de tweets en juillet 2017, "le fardeau des coûts médicaux énormes" et des "perturbations".

>> À lire : Christine Hallquist pourrait devenir la première gouverneure transgenre des États-Unis

Plusieurs jugements avaient invalidé la décision du président et des hommes et des femmes transgenres ont pu commencer à s'enrôler au 1er janvier 2018.

Mais dès février, le ministère de la Défense a proposé une version modifiée de l'interdiction. Selon le nouveau cadre, seules les personnes transgenres n'ayant pas changé de sexe et n'ayant pas l'intention de le faire, peuvent servir sous les drapeaux, à condition de le faire sous leur sexe biologique.

En septembre 2018, des tribunaux fédéraux ont suspendu cette "nouvelle politique", la jugeant "similaire" à la précédente et les soldats transgenres ont pu continuer à s'enrôler.

Le gouvernement a fait appel et demandé à la Cour suprême de se saisir du dossier sur le fond.

Juges divisés

En attendant que ces recours progressent, l'administration avait demandé en parallèle au temple du droit américain de suspendre en urgence les décisions des tribunaux. Sinon, a-t-elle plaidé, ces décisions "vont rester en place pendant encore au moins un an et peut-être jusqu'en 2020, et l'armée ne peut être obligée à maintenir aussi longtemps une politique qu'elle juge contraire aux intérêts de la nation".

C'est cette demande que la Cour suprême a accepté à une courte majorité. Malgré l'opposition des quatre juges progressistes, leurs cinq confrères conservateurs ont accepté de suspendre les décisions de première instance.

"Nous traitons toutes les personnes transgenres avec respect et dignité", a assuré une porte-parole du Pentagone, Carla Gleason. La politique du ministère ne leur "interdit pas de servir dans l'armée", a-t-elle insisté.

L'opposition démocrate a dénoncé une politique "intolérante" et promis de "se battre" pour leurs droits. La sénatrice Dianne Feinstein a craint que la nouvelle politique n'entraîne un retour "à la règle du 'don't ask, don't tell' (ne demande rien, ne dit rien)" qui a longtemps interdit aux homosexuels assumés de servir dans l'armée.

Avec AFP

  

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.