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Manifestations au Zimbabwe : le président Mnangagwa rentre à Harare

Emmerson Mnangagwa a remplacé Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe en 2017.
Emmerson Mnangagwa a remplacé Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe en 2017. Jekesai Njikizana, AFP

Alors que la répression menée contre le mouvement de contestation sociale se poursuit au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa a dû écourter une tournée à l'étranger. "Il faut que notre peuple se concentre sur son travail", a-t-il déclaré.

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En raison des manifestations antigouvernementales qui secouent son pays, le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a dû écourter sa tournée internationale et rentrer au pays, a annoncé mardi 22 janvier la télévision d'État. Sur Twitter, il a promis des sanctions en cas de "faute" des forces de l'ordre, après la répression meurtrière des manifestations.

Le mécontentement est dû à une forte hausse du prix des carburants, dans un pays où la pauvreté est endémique et les manifestations réprimées. Au moins 12 personnes ont été tuées et 78 blessées par balle la semaine dernière, selon le Forum des ONG des droits de l'homme au Zimbabwe, une coalition d'organisations qui a recensé plus de 240 cas d'agressions et tortures.

>> À lire : "Manifestations, arrestations : le Zimbabwe paralysé"

"Ce qui s'est passé est regrettable et tragique. Tout le monde a le droit de manifester, mais ce n'était pas une manifestation pacifique", a commenté, mardi, le chef de l'État sur son compter Twitter, avant d'inviter le pays au dialogue. "J'invite les chefs de partis politiques mais aussi les leaders religieux et civils à mettre nos divergences de côté et à nous rassembler."

Revenant sur la coupure d'internet tentée par le gouvernement, mais déclarée illégale par la Cour suprême lundi, le président a dit souhaiter un retour à la normale. "Il y a des moyens de communication. Nous voulons un Zimbabwe développé", a-t-il affirmé. L'accès à internet et les réseaux sociaux fonctionnaient normalement mardi matin, a constaté l'AFP.

Des sanctions en cas de fautes

La répression menée par l'armée et la police, avec son lot de tabassages et enlèvements d'opposants ou de citoyens ordinaires, a été vivement critiquée par l'ONU. Vendredi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a exhorté Harare à "arrêter la répression", s'alarmant du "recours excessif à la force" y compris les tirs présumés à balle réelle.

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a promis que des sanctions seraient prises en cas de "faute" des forces de l'ordre. "Les violences ou les mauvais comportements de nos forces de sécurité sont inacceptables (...) le chaos et l'insubordination ne seront pas tolérés. Les fautes feront l'objet d'une enquête, s'il le faut des têtes tomberont", a-t-il assuré sur Twitter.

"Avant goût"

La répression, dénoncée par l'ONU, nourrit l'inquiétude de voir le Zimbabwe renouer avec les pratiques des 37 ans de présidence de Robert Mugabe, chassé du pouvoir en novembre 2017 par les militaires.

Emmerson Mnangagwa, qui l'a remplacé, s'était engagé à relancer l'économie après deux décennies de crise. Mais depuis octobre 2018 se déroulent des manifestations contre les pénuries, l'inflation et la dépréciation de la monnaie qui ont tourné à l'émeute la semaine dernière après l'annonce lundi d'un doublement du prix des carburants.

Le porte-parole de la présidence zimbabwéenne, George Charamba, a accusé, dimanche, l'opposition de fomenter les désordres. Et affirmé, selon le journal gouvernemental The Sunday News que la répression brutale des récentes manifestations n'était "qu'un avant-goût". 

Avec AFP

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