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La France extrade l'ex-milicien centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona vers la CPI

Patrice Edouard Ngaissona à l'assemblée générale de la Confédération africaine de football), le 2 février 2018 à Casablanca, au Maroc.
Patrice Edouard Ngaissona à l'assemblée générale de la Confédération africaine de football), le 2 février 2018 à Casablanca, au Maroc. Fadel Senna, AFP

Patrice-Edouard Ngaïssona, l'ex-chef des milices anti-balaka qui, en 2014, se sont lancées dans une chasse aux musulmans faisant des centaines de morts en Centrafrique, a été extradé, mercredi, vers la Cour pénale internationale, à La Haye.

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Arrêté le 12 décembre 2018 par les autorités françaises sur un mandat d'arrêt délivré quelques jours auparavant, Patrice-Edouard Ngaïssona a été remis,  mercredi 23 janvier, à la Cour pénale internationale, à La Haye, aux Pays-Bas. Le patron du football centrafricain et ex-milicien, âgé de 51 ans, est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et contre l'humanité dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

Malgré un lourd passif dans son pays à la tête des milices anti-balaka, M. Ngaïssona avait réussi à se faire élire dans les instances dirigeantes du football africain, provoquant l'indignation des défenseurs des droits de l'Homme. Brièvement ministre centrafricain des Sports en 2013, il avait été élu en février 2018 au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Il est aussi président de la Fédération centrafricaine de football.

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La date de sa première comparution devant la Cour pénale internationale "sera annoncée prochainement", a indiqué la CPI. D'après la Cour, il y a des "motifs raisonnables" de croire qu'une "attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka".

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Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka, les milices autoproclamées d'autodéfense anti-balaka ont pris les armes en prétendant défendre les intérêts des chrétiens et en représailles aux exactions des groupes armés musulmans. À la chute du président Michel Djotodia issu de la Séléka en 2014, ces milices peu structurées se sont lancées dans une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, faisant des centaines de morts.

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"Porte-parole de la paix"

Le nom de M. Ngaïssona est régulièrement cité dans les rapports de l'ONU et dans les notes d'enquête de la justice centrafricaine comme l'un des chefs des milices anti-balaka qui ont semé la terreur dans le pays.

"En tant que plus haut dirigeant et 'coordinateur général national' des antibalaka", il est notamment accusé par la CPI de "meurtre et tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population" ainsi que de "l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans".

Lui-même rejette ces mises en cause.

"J'étais un porte-parole qui a amené la paix en Centrafrique et non un chef de guerre", s'était défendu M. Ngaïssona devant la cour d'appel de Paris. Il avait affirmé par ailleurs qu'il n'était "pas au pays" au moment des faits qui lui sont reprochés.

Son arrestation est intervenue quelques semaines seulement après la remise à la Cour d'un autre ex-chef de milice anti-balaka, Alfred Yekatom, parfois surnommé Rambo. Elle "marque une étape importante dans l'exécution de la mission qui nous a été confiée" en Centrafrique, avait déclaré le procureur de la CPI.

À la suite de l'arrestation de M. Ngaïssona, qui avait été diversement accueillie en Centrafrique, deux des principaux mouvements des milices anti-balaka avaient appelé leurs représentants à se retirer du processus de désarmement mis en place en 2017 dans le pays.

Avec AFP

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