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Le bilan s'alourdit au Brésil après la rupture d'un barrage minier

Sur les lieux de la catastrophe de Brumadinho, dans l'État de Minas Gerias, le 27 janvier 2019.
Sur les lieux de la catastrophe de Brumadinho, dans l'État de Minas Gerias, le 27 janvier 2019. Mauro Pimentel, AFP

Les secouristes continuent les recherches à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil, pour retrouver les éventuels survivants après la rupture d'un barrage minier, vendredi. Le dernier bilan fait état d'au moins 60 morts et près de 300 disparus.

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Les recherches se poursuivent lundi 28 janvier, pour retrouver des survivants de la catastrophe de Brumadinho, dans le sud-est du Brésil. Le bilan provisoire est passé à 60 morts et près de 300 disparus. Le nombre des personnes décédées "va certainement augmenter", un autobus avec un nombre indéterminé de corps à l'intérieur ayant été découvert, a indiqué à la presse le lieutenant-colonel Flavio Godinho porte-parole de la défense civile de l'État de Minas Gerais, chargé d'organiser les secours.

"Il n'y a plus de risque de rupture" d'un second barrage minier, a assuré dimanche Flavio Godinho."Les recherches ont déjà repris, par hélicoptère, sur terre et avec des chiens", a-t-il ajouté. "Tant que nous n'avons pas retiré le dernier corps, nous avons encore espoir de retrouver des survivants, même si nous savons que, plus le temps passe, plus ce sera difficile", a déclaré un porte-parole des pompiers.

Fin 2015, la catastrophe de Mariana, à quelques centaines de kilomètres de Brumadinho, avait été, elle aussi, provoqué par l'exploitation minière

Dimanche, les populations traumatisées par la rupture du barrage de la compagnie minière Vale se sont réveillées dans la panique au son de sirènes avertissant du risque de rupture d'un autre barrage minier, alerte qui a ensuite été levée.

La justice a parallèlement décidé de bloquer 11 milliards de réais (3 milliards de dollars) sur les comptes du géant minier brésilien, à titre de réparations des dégâts humains et environnementaux, pour la rupture d'un des trois barrages de la mine Corrego do Feijão à Brumadinho, ville située à 60 km de la capitale de l'État de Minas Gerais Belo Horizonte.

Évacuation en urgence

Dimanche, Vale a indiqué avoir actionné les alarmes après avoir "détecté une hausse des niveaux de l'eau dans le barrage VI", qui fait partie de la même mine. À 5 h 30 du matin, les haut-parleurs ont hurlé : "Attention, évacuation générale de la zone, cherchez à gagner les lieux les plus élevés de la ville. Évacuation d'urgence".

"Nous avons vu plein de gens qui sortaient en courant, désespérés, et entendu les haut-parleurs qui disaient qu'un autre barrage risquait de rompre", a décrit à l'AFP Fagner Miranda, un plombier de 29 ans.

>> À lire : Barrage rompu au Brésil : des dizaines de morts, le site avait été inspecté récemment

Les quelque 3 000 personnes évacuées ont été autorisées à regagner leur domicile, mais la plupart restaient sur leurs gardes.

Amas de tuiles et de charpente

Le barrage minier de Brumadinho a rompu vendredi matin pour une raison toujours inconnue.

"Quand (il) s'est rompu, on a couru vers les hauteurs et on a vu notre maison totalement engloutie par la boue. C'est allé très vite", raconte Lauriane Oliveira da Souza, qui a tout perdu dans la tragédie. "Si on n'était pas partis vite, on serait morts. Après coup, je me suis agenouillé, j'ai pleuré et j'ai remercié Dieu parce que ma famille était en vie", ajoute-t-elle, le regard posé sur sa voiture à moitié enterrée dans la boue, en contrebas de sa maison.

À environ 2 kilomètres du deuxième barrage qui menaçait de céder, les restes d'une maison éventrée offrent un spectacle de désolation dans le Parque da Cachoeira. Des amas enchevêtrés de tuiles et de charpente de toiture sont jonchés d'un buffet retourné, d'un canapé, d'une peinture de bord de mer paradisiaque, d'une balustrade qui a éclaté sous le choc, et de décorations en fleurs de papier.

Devant la ruine s'étend un immense fleuve de boue, de quelque 300 mètres de large, qui a aussi dévasté toute la végétation sur son passage.

Aide israélienne

L'État de Minas Gerais avait déjà été endeuillé en 2015 par la rupture d'un autre barrage minier près de Mariana, à 120 kilomètres de Brumadinho, qui avait fait 19 morts et causé un désastre environnemental sans précédent au Brésil. Ce barrage appartenait aussi à Vale, en copropriété avec l'anglo-américain BHP.

>> À lire : en 2015, un barrage s'effondre au Brésil et provoque une coulée de boue toxique

"Vale a été inconséquente et incompétente. On pensait qu'ils auraient tiré des leçons de Mariana, mais trois ans après, c'est notre ville qui est meurtrie", s'est insurgé le maire de Brumadinho.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, qui a survolé la zone samedi, a annoncé dimanche sur Twitter qu'une délégation de l'armée israélienne allait arriver pour prêter main forte aux autorités locales.

L'équipe israélienne, 130 hommes et 16 tonnes de matériel, est arrivée dans la soirée de dimanche à Belo Horizonte et commencera lundi à participer aux recherches.

Un porte-parole des pompiers a expliqué qu'elle apporterait des appareils munis de sonars capables de localiser des corps à une grande profondeur.

Avec AFP

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