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Faure fait tourner la page Hollande au PS, avec l'union de la gauche en tête

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Paris (AFP)

Olivier Faure dresse lundi soir l'inventaire du quinquennat de François Hollande, une initiative jugée trop tardive par beaucoup au PS, mais qui donnera l'occasion au premier secrétaire d'envoyer des signaux aux autres formations de gauche en vue des Européennes.

M. Faure doit prononcer un discours d'une heure environ au nouveau siège du PS, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), quelques jours avant de dévoiler, samedi, la stratégie des socialistes pour le scrutin de mai. Comme lors de ses voeux à la presse, il devrait à nouveau plaider de toutes ses forces pour le rassemblement de la gauche.

"Lundi, l'idée est de montrer que nous avons compris quelque chose de la défaite, que nous en tirons des leçons pour l'avenir, et donc samedi de dire justement comment on peut envisager cet avenir, seuls ou avec d'autres", explique M. Faure à l'AFP.

Pas question pour le député de Seine-et-Marne de désigner des "boucs émissaires exclusifs", qu'ils se nomment François Hollande ou Benoît Hamon.

"La vérité c'est que François Hollande n'est pas attendu comme le loup blanc pour la prochaine élection présidentielle, que Benoît Hamon plafonne à 2% dans les sondages, et que nous-mêmes nous sommes entre 4 et 6%. Cela prouve bien que ce n'est pas d'enlever X ou Y qui permet de répondre à la question. La question c'est sur quoi la gauche est attendue, pourquoi on a déçu, et comment on est capable de construire un rapport différent avec les Français", analyse-t-il.

- Olivier Faure face à une fronde interne -

Le timing de ce discours, prononcé plus de deux ans après la décision de M. Hollande de ne pas concourir à la présidentielle de 2017, est loin de faire l'unanimité au sein du parti.

"L'inventaire du quinquennat, nous aurions dû le faire plus tôt. Le faire aujourd'hui, en plein mouvement des gilets jaunes, c'est une erreur. Dix-huit mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, les Français veulent connaître nos réponses d'aujourd'hui. Pas celles d'hier", a attaqué un des proches de l'ancien président de la République, Stéphane Le Foll, dans le JDD dimanche.

Même son de cloche du côté du député Luc Carvounas, adversaire comme M. Le Foll d'Olivier Faure lors du congrès d'Aubervilliers. "Je rejoins complètement Stéphane Le Foll quand il dit que le moment n'est pas opportun. (...) Il fallait le faire avant l'été".

Représentant de l'aile gauche du PS, Laurent Baumel pense lui aussi que cet inventaire aurait dû intervenir plus tôt, même s'il le juge nécessaire.

"C'est un exercice qui répond à une attente. Dans les bases militantes des autres formations de gauche, beaucoup de gens sont réticents à une coalition qui incorporerait le PS, parce qu'ils nous soupçonnent d'avoir François Hollande sur le porte-bagage. Il est important que la nouvelle direction donne un signe que ce n'est pas le sujet", souligne-t-il auprès de l'AFP.

Au-delà du calendrier, c'est toute la "méthode" et la "stratégie" de M. Faure que critiquent MM. Le Foll et Carvounas.

Alors que M. Faure a affirmé lors de ses voeux à la presse que le PS pourrait laisser la première place à une autre formation de gauche dans le cadre d'une liste d'union, M. Le Foll a estimé dimanche que "ne pas avoir la tête de liste serait un problème".

Pourtant partisan de la gauche "arc-en-ciel", M. Carvounas ne se montre pas plus enthousiaste, dans la mesure où EELV, le PCF, Générations ont déjà fermé la porte à l'idée d'une alliance, et que les discussions semblent se résumer aujourd'hui à un tête-à-tête avec Place publique, la toute jeune formation lancée par l'essayiste Raphaël Glucksmann.

Selon lui, "Place publique peut prendre une place" sur la liste, mais en aucune cas la première.

M. Carvounas entend demander mardi lors du Bureau national du parti que la stratégie du PS soit soumise à l'approbation d'un Conseil national, le 9 février.

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