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Pakistan : la Cour suprême ouvre la voie à un départ d'Asia Bibi

Asia Bibi avait été condamnée en 2010 par une cour pakistanaise pour blasphème.
Asia Bibi avait été condamnée en 2010 par une cour pakistanaise pour blasphème. Director General Public Relation, AFP

La Cour suprême du Pakistan a rejeté un dernier recours contre l'acquittement d'Asia Bibi, prononcé en octobre 2018. Cette chrétienne avait été condamnée à mort pour blasphème en première instance en 2010.

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La Cour suprême du Pakistan a ouvert mardi 29 janvier la voie au départ du pays de la chrétienne Asia Bibi en rejetant un dernier recours contre son acquittement, à l'issue d'une longue saga judiciaire au retentissement international.

La plus haute instance judiciaire pakistanaise, qui avait acquitté Asia Bibi le 31 octobre 2018, s'est opposée à l'ouverture d'une procédure en appel contre cette décision, réclamée par Qari Saalam, l'imam du village où elle avait été accusée de blasphème. "Ce recours est rejeté", a déclaré le juge Asif Saeed Khosa, chef de la Cour suprême, au terme d'une audience d'un peu plus d'une heure dans la capitale Islamabad.

Plus rien n'empêche désormais Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, de quitter ce pays musulman très conservateur où elle vit actuellement sous haute protection dans un endroit inconnu, étant de longue date une cible pour les extrémistes. Son avocat Saif-ul-Mulook a laissé entendre mardi que cette option était sur la table.

"Je crois que pour le moment elle est ici (au Pakistan), mais qu'en sera-t-il ce soir ? Je ne sais pas", a-t-il déclaré à des journalistes. "Elle est libre de quitter le Pakistan, de vivre où elle veut et de profiter de la vie", a souligné l'avocat. "Asia Bibi doit enfin obtenir sa liberté et la fin de son épreuve. (...) Elle doit être libre de retrouver sa famille et d'être en sécurité dans le pays de son choix", a renchéri Amnesty International.

>> À lire : "Le calvaire sans fin d'Asia Bibi"

Un retentissement international

Cette mère de quatre enfants a été en 2010 la première femme au Pakistan à être condamnée à la peine capitale par pendaison pour blasphème. Rejetant cette accusation, elle avait fait appel de cette décision devant la Cour suprême.Il lui était reproché d'avoir tenu des propos critiques envers l'islam quand des voisins lui avaient demandé de ne pas boire de l'eau dans le même verre qu'eux parce qu'elle était chrétienne.

Son cas a provoqué l'indignation des chrétiens du monde entier et a semé la division au sein de la société pakistanaise, où deux hommes politiques qui avaient pris position en sa faveur ont été assassinés. La Cour suprême a décidé le 31 octobre de l’acquitter et de la libérer après huit années passées dans le couloir de la mort. Ce verdict avait provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux.

Alors que la France avait déclaré accepter de l’accueillir, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé en novembre dernier que son pays était "en discussions" avec Islamabad à ce sujet. Son cas a eu ces dernières années un retentissement international, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.

Une quarantaine de personnes condamnées pour blasphème se trouvent actuellement dans le couloir de la mort au Pakistan, selon une estimation de la Commission internationale pour la liberté religieuse des États-Unis datant de 2018.

Avec AFP et Reuters

 

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