Européennes: Place publique en campagne pour rassembler la gauche

Paris (AFP) –

Publicité

Un grand meeting, une consultation nationale, des antennes sur tout le territoire... Place publique, le mouvement lancé en novembre par Raphaël Glucksmann, multiplie les efforts pour chercher à éviter l'éparpillement annoncé de la gauche non-mélenchoniste aux Européennes.

Le mouvement espère réunir mardi soir à l'Elysée Montmartre à Paris quelque 1.500 de ses soutiens, après une série de réunions publiques en province. "Ca va être plein à craquer", se réjouit d'avance la communication du mouvement.

Parmi les invités qui ont confirmé leur présence, le socialiste belge Paul Magnette, héraut de la lutte contre le traité de commerce euro-canadien CETA, la maire PS de Paris Anne Hidalgo, celle de Rennes Nathalie Appéré, la numéro deux du PS Corinne Narassiguin, Noël Mamère et l'ancienne députée PS Barbara Romagnan (Générations). Des communistes devraient aussi être présents.

Anne Hidalgo "considère que cette initiative de rassemblement (...) est utile et qu'il y a besoin pour ces élections européennes qu'une parole sociale, démocrate et écologiste se fasse entendre", a fait savoir son entourage.

Un "gilet jaune" prendra la parole sur scène, parmi d'autres "acteurs de terrain".

Fondé le 6 novembre par vingt-deux intellectuels, militants et élus emmenés par l'essayiste Raphaël Glucksmann, Place publique s'est assigné pour tâche de ressouder les multiples chapelles de la gauche "pro-européenne et écologiste" qui se partagent l'espace politique entre LFI et LREM: PS, PCF, Générations, EELV...

Le mouvement, qui revendique le soutien de 25.000 partisans et d'une centaine d'élus, a organisé plusieurs réunions pour parler du "fond" avec les représentants de certaines de ces forces -EELV n'a jamais souhaité participer, le PCF et Générations ont rapidement cessé de le faire. A l'issue de ces réunions, "dix combats communs" ont été mis sur la table, sur lesquels Place publique va désormais faire campagne.

Dimanche, dans Le Parisien, M. Glucksmann a affirmé se donner "deux mois" pour réussir à faire l'union. Et lundi, au cours d'une conférence de presse, il a enfoncé le clou, appelant les électeurs à "l'insurrection" face à des appareils qui, dit-il, les privent d'une "offre politique crédible et puissante".

"Tout le monde va venir", même s'ils "ne le savent pas encore", a-t-il assuré.

- Générations demande "des actes" -

Un optimisme hors de propos ? Chef de file des écologistes, Yannick Jadot a une fois de plus balayé l'hypothèse mardi sur France 2. "Est-ce qu'on peut parler de sauver l'Europe, de sauver le climat plutôt que de sauver le Parti socialiste ?", a-t-il ironisé.

En revanche, la porte semble encore ouverte du côté de Générations, la formation lancée le 1er juillet 2017 par Benoît Hamon.

"L'unité est nécessaire, cela doit se faire sur des bases claires et sincères", a ainsi affirmé mardi à l'AFP l'ancien député Pascal Cherki. "Nous avons dit au PS que nous souhaitions qu'il pose un acte sur l'Europe (...) Le PS doit prendre l'engagement de quitter le PSE et de former un nouveau groupe au Parlement européen", a-t-il développé.

M. Cherki a salué le discours sur l'inventaire du quinquennat Hollande prononcé par le premier secrétaire du PS Olivier Faure lundi soir, qui "rend hommage a posteriori à toute l'action des frondeurs". Mais "les discours ne suffisent pas, il faut des actes", a-t-il insisté.

La semaine dernière, M. Hamon avait demandé à ses anciens camarades de soutenir la candidature à la présidence de la Commission européennes de l'ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, chantre du refus de l'austérité budgétaire. M. Faure n'avait rien exclu.

Le premier secrétaire du PS doit cependant affronter une fronde interne, ses adversaires Stéphane Le Foll et Luc Carvounas ne cachant pas leur scepticisme vis-à-vis de sa stratégie pour les européennes.

"Ne pas avoir la tête de liste serait un problème", a expliqué dimanche M. Le Foll dans le JDD. M. Carvounas entend lui demander mardi soir devant le Bureau national du parti que cette stratégie soit validée par un Conseil national, le 9 février.