Accéder au contenu principal

La France se prépare au retour des jhadistes français détenus en Syrie

Une jihadiste française souhaitant rentrer en France, où elle a dit avoir été condamnée à de la prison.
Une jihadiste française souhaitant rentrer en France, où elle a dit avoir été condamnée à de la prison. Capture d'écran France 24.

Précipité par le retrait américain de Syrie, le retour des jihadistes français détenus sur place par les Kurdes se précise. Le gouvernement français s’est dit, mardi, ouvert à "toutes les options" pour éviter leur dispersion.

PUBLICITÉ

L’épineuse question du retour en France des jihadistes français de l’organisation État (EI), capturés et détenus par les Kurdes en Syrie, se pose à nouveau au gouvernement français, dont la politique en la matière est mise à l'épreuve par le retrait américain du pays.

Pour Paris, qui souhaitait jusqu’ici traiter les situations "au cas par cas", avec l’idée que les adultes doivent être jugés "dans les pays où ils ont été interpellés", en Syrie ou Irak, "toutes les options" sont désormais sur la table, y compris un retour en France."Compte tenu de l’évolution de la situation militaire dans le nord-est syrien, des décisions américaines, et afin d’assurer la sécurité des Français, nous examinons toutes les options pour éviter l’évasion et la dispersion de ces personnes potentiellement dangereuses", a annoncé mardi 29 janvier le ministère des Affaires étrangères.

>> Reportage exclusif en Syrie : "Aller en prison ou mourir", le témoignage d'une jihadiste française

"Si les forces qui ont la garde de combattants français prenaient la décision de les expulser vers la France, ceux-ci seraient immédiatement remis à la justice", ajoute la diplomatie française, qui s’est gardée de prononcer le mot "rapatriement". À ce stade, aucune décision n'a été prise, souligne-t-on de source gouvernementale française.

L’annonce d'un éventuel retour organisé des jihadistes, pour contenir tout menace terroriste ou propagandiste s'ils revenaient par leurs propres moyens, reste un sujet sensible politiquement, alors que l’opinion publique reste marquée par les attentats terroristes revendiqués par l’EI ou commis en son nom sur le sol français. Les attentats du 13-novembre ont été commis par un commando terroriste formé notamment de jihadistes français qui avaient rallié le califat auto-proclamé de l’EI, à cheval sur la Syrie et l’Irak, avant de revenir frapper en France.

"Il y a actuellement des gens qui sont en prison et qui sont tenus parce que les Américains sont là et qui vont être libérés. Ils vont vouloir revenir en France", avait déclaré dans la matinée le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur BFMTV.

Et d’ajouter : "Ce sont des Français avant d'être des jihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons (…).S'ils viennent en France, ils seront incarcérés, jugés et sanctionnés". Le ministre a cependant refusé de confirmer les informations avancées par certains médias nationaux, faisant état de 130 personnes actuellement détenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-kurde. Sur les 680 jihadistes français estimés sur le théâtre irako-syrien, plus de 300 sont morts et un petit nombre a rejoint d'autres pays (Afghanistan, pays du Maghreb, Libye), estime Paris.

Le spectre des revenants

Alors que l’EI, qui compte encore des "milliers" de combattants selon le renseignement américain, a perdu ces derniers mois l’essentiel de ses territoires en Syrie, la France avait échappé à la vague de "revenants" français redoutée par le gouvernement. Les jihadistes qui s’étaient rendus ou qui ont été capturés, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, étaient jusqu’ici détenus par les forces kurdes, tandis que d’autres se sont redéployés dans les derniers bastions du groupe, notamment au nord et sud de l’Euphrate, dans la province de Deir Ezzor.

Concernant les enfants français, le président Emmanuel Macron a affirmé à plusieurs reprises que leur situation devait être étudiée "au cas par cas", selon leur dangerosité. Si les femmes sont systématiquement placées en détention le temps de l’enquête, les enfants, emmenés de France ou nés sur place de parents français, font l’objet d’une procédure particulière et d’une prise en charge dédiée sur le plan médical et psychiatrique. "L'exception, c'est les mineurs. On a un devoir particulier de sauvegarder l'intérêt supérieur de l'enfant", a récemment indiqué le quai d’Orsay. Toutefois, certains mineurs, recherchés et identifiés par les services de renseignement, sont poursuivis ou font l’objet d’un suivi administratif dans l’attente d’une éventuelle saisine du juge des enfants.

Une fois arrivés en France, qui est le premier vivier jihadiste de l’Union européenne, les revenants sont judiciarisés, majoritairement poursuivis pour association de malfaiteurs à visée terroriste, mis en examen et placés en détention provisoire, ou simplement soumis à un suivi judiciaire. D’autres, déjà condamnés par contumace, sont détenus en exécution de peine.

Cependant, outre l’étude de leurs agissements sur place et de leur degré d’adhésion à l’idéologie de l’EI, les nouveaux revenants éventuels posent une question supplémentaire par rapport à ceux qui sont rentrés en France, avant la débâcle de l’EI dans la région : celle de la durée de leur séjour dans les bastions de l’EI, - pourquoi sont-ils restés aussi longtemps sur place ? Certaines femmes disent avoir subi des pressions pour rallier l’Irak ou la Syrie, n’avoir jamais combattu sur place, et avoir été empêchées de rentrer plus tôt en France.

Plusieurs femmes, mères de famille ont récemment demandé à être rapatriées avec leurs enfants et jugées en France, se disant victimes de l’EI et détenues dans des conditions précaires par les Kurdes.

>> À voir : Reportage exclusif en Syrie : la détermination des derniers combattants de l'EI

>> À voir : Reportage exclusif en Syrie : la population fuit les derniers bastions de l'EI

>> À lire : "L'EI reste en capacité de frapper là où il le souhaite"

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.