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Brexit : John Bercow, un trublion à la tête de la Chambre des communes

Image tirée de la diffusion du débat parlementaire britannique, à la Chambre des communes, le 16 janvier 2019.
Image tirée de la diffusion du débat parlementaire britannique, à la Chambre des communes, le 16 janvier 2019. HO / PRU, AFP

Lors du débat sur le Brexit à la Chambre des communes, les interventions de John Bercow, le "Speaker" de la Chambre, seront scrutées de près, mardi. Portrait d'un homme politique qui est tout sauf neutre et effacé.

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Mardi 29 janvier, le débat sur les termes du Brexit sera entre les mains du président de la Chambre des communes John Bercow, 56 ans. C'est au "Speaker" que revient de choisir quels amendements seront soumis au vote, lors du débat où seront évoquées différentes alternatives pour éviter un Brexit sans accord.

Cet homme sait imprimer sa marque aux discussions, quitte à déroger à la neutralité dûe à sa fonction. Lui se fait fort de "défendre les droits" des députés dans le processus du Brexit, usant de ses prérogatives pour façonner le cours des débats, au risque d'irriter l'exécutif et les plus fervents eurosceptiques.

Début janvier, contre l'usage, il avait décidé de soumettre au vote un amendement au projet de Brexit du gouvernement. Son initiative, réduisant les marges de manoeuvre du gouvernement au bénéfice des parlementaires, avait été jugée favorable au camp pro-UE par le camp eurosceptique. "L'arbitre de nos affaires n'est plus neutre", avait jugé le député conservateur pro-Brexit, Crispin Blunt. "Si nous n'étions guidés que par des précédents, rien ne changerait jamais dans nos procédures", avait rétorqué John Bercow.

"Order !"

John Bercow, issu des rangs conservateurs, a été une épine dans le pied des gouvernements tory successifs. David Cameron, le prédécesseur de Theresa May, avait même tenté de l'évincer, en vain. Car sous sa robe de soie noire et ses cravates criardes, c'est à lui que revient le privilège de diriger les débats, à coup de rappels à l'ordre ("Order !") retentissants.

>> À lire : Un report du Brexit au 31 décembre discuté à la Chambre des communes

Surtout, son interprétation personnelle – et libérale – de ses attributions lui confère un rôle plus décisif que celui de ses prédécesseurs.

Avant de susciter des critiques pour sa gestion des échanges sur le Brexit, il s'était attiré des reproches des bancs conservateurs pour s'être positionné l'an dernier contre une prise de parole de Donald Trump au parlement lors de la visite du président américain au Royaume-Uni.

Toujours en 2018, il a été accusé d'avoir verbalement maltraité des collaborateurs mais a reçu le soutien du Parti travailliste.

Plus jeune "Speaker" de la Chambre

Né le 19 janvier 1963, John Bercow a grandi dans le nord de Londres. Son père était chauffeur de taxi. Il commence à s'engager en politique à l'université puis devient conseiller municipal du quartier londonien de Lambeth à 23 ans. En 1997, il est élu député pour la première fois, dans la circonscription de Buckingham, au nord-ouest de la capitale.

>> À lire : Élections européennes : à quoi le Parlement va-t-il ressembler à l'heure du Brexit ?

Douze ans plus tard, il accède à la présidence de la Chambre des communes en promettant de rompre avec les pratiques de son prédécesseur, impliqué dans un scandale de notes de frais et contraint de démissionner. Plus jeune titulaire de cette prestigieuse fonction, à 46 ans, John Bercow s'est employé à la dépoussiérer, abandonnant certains éléments de la tenue traditionnelle comme la perruque. En juin 2017, il permet aux députés de siéger sans cravate.

Peu de temps après son arrivée sur le fauteuil vert du "Speaker", placé entre les bancs de la majorité et de l'opposition, qui se font face, il provoquait cependant une polémique en réclamant des milliers de livres pour rénover son appartement de fonction au parlement, pour y accueillir ses trois enfants.

Censé prendre sa retraite de "Speaker" à l'été 2019, il pourrait s'accrocher à son poste face aux rumeurs selon lesquelles les Conservateurs veulent le priver d'intégrer la Chambre des Lords, comme le veut la tradition.

Avec AFP

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