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Les États-Unis prennent de lourdes sanctions contre la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA

Des billets de la république bolivarienne et un billet d'un dollar américain, à Caracas, le 28 janvier 2019.
Des billets de la république bolivarienne et un billet d'un dollar américain, à Caracas, le 28 janvier 2019. Yuri Cortez, AFP

L'administration américaine a pris, lundi, des sanctions lourdes contre la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA afin de faire pression sur Nicolás Maduro, qui réplique : "Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump".

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Les États-Unis s'attaquent au cœur de l'économie vénézuélienne. En imposant, lundi 28 janvier, de lourdes sanctions à la compagnie pétrolière PDVSA, accusée d'être "un véhicule de corruption", le pays entend faire pression sur le président Nicolás Maduro.

Il s'agit des mesures de rétorsion les plus vigoureuses à ce jour de la part de l'administration américaine, qui a reconnu la semaine dernière la légitimité de Juan Guaido, chef de file de l'opposition et président du Parlement vénézuélien, lorsqu'il s'est proclamé chef de l'État par intérim.

"Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump", a lancé lundi soir Nicolás Maduro, furieux après l'annonce de nouvelle sanctions de Washington. Il a annoncé que PDVSA allait engager des procédures judiciaires, politiques, opérationnelles et commerciales pour protéger les intérêts du Venezuela aux États-Unis.

"Les États-Unis ont décidé aujourd'hui de prendre le chemin de voler l'entreprise Citgo au Venezuela, c'est un chemin illégal", a encore dénoncé Nicolás Maduro lors d'une cérémonie pour accueillir les diplomates vénézuéliens de retour au pays après la rupture des relations diplomatiques entre Caracas et Washington.

>> À lire : Au Venezuela, Juan Guaido appelle à manifester pour faire basculer l'armée

Déterminé à provoquer son départ, le Parlement, qui lui dispute la place à la tête de l'État, se réunit mardi. Au menu de la session : l'examen d'une loi sur "la transition à la démocratie", l'étude du "plan de sauvetage du pays" et un "débat sur les élections libres et transparentes" que réclame l'opposition.

Transactions financières sur un compte bloqué

Quelques minutes avant l'annonce, Juan Guaido a déclaré que le Congrès nommerait un nouveau comité de direction de la compagnie PDVSA et de sa filiale, le raffineur américain Citgo Petroleum.

Selon le Trésor américain, ces sanctions, qui interdisent à PDVSA de faire du commerce avec des entités américaines et gèlent ses avoirs à l'étranger, ont pour objectif d'empêcher "le détournement de davantage de ressources" par Nicolás Maduro.

Le Kremlin a dénoncé mardi comme "illégales" ces nouvelles sanctions, accusant Washington d'"ingérence" et annonçant son intention de défendre ses intérêts dans le pays.

Les raffineries de Citgo, filiale de PDVSA aux États-Unis, pourront continuer à fonctionner, les transactions financières passant par un compte bloqué, a de son côté précisé le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

>> Venezuela : Nicolás Maduro conserve le soutien de l'armée et accuse Washington

Parallèlement, Juan Guaido a annoncé lundi prendre le contrôle des actifs du Venezuela à l'étranger, afin d'éviter que Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, ne les dilapide dans le cas où il quitterait la présidence. "Nous commençons la prise de contrôle progressive et ordonnée des actifs de notre République à l'étranger, pour empêcher qu'au moment de sa sortie (...) l'usurpateur et sa bande cherchent à 'gratter les fonds de tiroir'", a-t-il affirmé.

"5 000 soldats en Colombie" ?

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a de son côté exhorté l'armée vénézuélienne et les forces de sécurité à accepter la transition "pacifique, démocratique et constitutionnelle" du pouvoir. Il a une nouvelle fois appelé lundi "tous les pays responsables" à reconnaître immédiatement Juan Guaido comme président par intérim.

Interrogé sur une possible intervention militaire américaine, il a réaffirmé, comme l'avait fait Donald Trump, que "toutes les options" étaient sur la table. L'examen de photos de ce point de presse ont suscité la perplexité. En haut du bloc-notes jaune que John Bolton tenait à la main, on pouvait lire cette ligne manuscrite: "5 000 soldats en Colombie".

>> À lire : Venezuela : Nicolás Maduro rejette l'ultimatum des Européens

Le Canada accueillera lundi prochain à Ottawa une réunion d'urgence du Groupe de Lima, qu'il forme avec une dizaine de pays d'Amérique latine. "Il y a de lourds défis en matière de sécurité, d'aide humanitaire et d'immigration", a souligné sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l'UE se pencheront sur cette crise lors d'une réunion informelle jeudi et vendredi à Bucarest.

La communauté internationale divisée

Le Venezuela, pays pétrolier ruiné après avoir été le plus riche d'Amérique latine, est au centre de l'échiquier diplomatique international : du côté de Juan Guaido se rangent notamment les États-Unis, une grande partie de l'Europe et de l'Amérique latine, tandis que Nicolás Maduro est soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba.

Six pays européens – Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal et Pays-Bas – ont donné à Nicolás Maduro jusqu'à dimanche pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président. Jusqu'à présent, Nicolás Maduro se montre inflexible et rejette l'ultimatum des Européens.

L'opposant Juan Guaido appelle à défiler à nouveau mercredi, "pour exiger des forces armées qu'elles se mettent du côté du peuple", puis samedi, "pour accompagner le soutien de l'Union européenne et l'ultimatum".

Avec AFP et Reuters

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