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Vague de froid aux États-Unis : "la réaction de Donald Trump est désolante"

Opération déneigement à Minneapolis, le 29 janvier, alors que le vortex polaire frappe les États-Unis.
Opération déneigement à Minneapolis, le 29 janvier, alors que le vortex polaire frappe les États-Unis. Stephen Maturen, AFP

Face à la vague de froid record qui frappe les États-Unis, Donald Trump ironise. De l'autre coté du globe, l'Australie fait face à une grave sécheresse. Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement, décrypte ces phénomènes pour France 24.

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Aux États-Unis, l’épisode glacial, en cour depuis mardi, s'intensifie avec des températures atteignant les -50° degrés dans le Midwest, mercredi 30 janvier. En cause, le "vortex polaire", des masses d’air froid descendues du cercle arctique, qui frappent de plein fouet le nord du pays.

Une occasion en or pour le président Donald Trump d’afficher une nouvelle fois ses doutes sur le réchauffement climatique d’un tweet moqueur : "Que diable se passe-t-il avec le réchauffement climatique ? S’il te plait reviens, vite, nous avons besoin de toi !"

À l’autre bout du globe, l’Australie, elle, fait face à une sècheresse prolongée, amplifiée par des vagues de chaleur historiques. Mardi, des centaines de milliers de poissons d’eau douce ont été retrouvés morts dans le fleuve Darling. Imputée à la sécheresse et à la pollution, cette catastrophe est déjà la troisième de ce type en quelques mois dans le sud-est du pays.

>> À lire sur Les Observateurs : En Australie, les autorités jugées responsables de la mort de centaines de milliers de poissons

Brice Lalonde, ancien ministre français de l’Environnement (de 1988 à 1992) et ancien Ambassadeur des négociations internationales sur le climat, explique à France 24 les causes et conséquences de ces dérèglements inhabituels.

Y-a-t-il une tendance globale aux écarts climatiques extrêmes comme on peut l’observer aux États-Unis et en Australie ?

Oui, car l’élévation des températures est continuelle. Les hivers deviennent moins froids, les étés plus chauds. La hausse de chaleur est capturée par les océans, l’évaporation est plus importante, il y a plus d’humidité dans l’air ce qui favorise toute sorte de phénomènes météorologiques extrêmes comme des pluies diluviennes et des tornades.

Pourquoi le phénomène de vortex polaire semble-t-il empirer aux États-Unis ?

Autrefois, les jet-streams, ces vents très forts qui tournent à l’inverse des aiguilles d’une montre, étaient assez puissants pour conserver les masses d’air froid au-dessus de l’Arctique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et ils laissent échapper des vagues de froid vers les États-Unis. On peut noter que c’est un phénomène extrêmement soudain, avec une forte chute de température accompagnée de chutes de neige exceptionnelles qui s’accentuent ces dernières années aux États-Unis.

Que vous inspire la réaction ironique de Donald Trump ?

Sa réaction est désolante. Comme d’habitude il confond la météo à l’instant T avec le climat, qui est l’étude des phénomènes météorologiques sur le long terme. Pour ce qui est du réchauffement climatique, les rapports des scientifiques américains sont d’une clarté totale.

Donald Trump, lui, persiste dans un calcul politique criminel. En 2018 les gaz à effet de serre ont augmenté de 3,4 % aux États-Unis. Le gaz naturel était en passe de remplacer le charbon mais le président a inversé la tendance. Le gros problème aux États-Unis, c’est que le terme "changement climatique" est associé aux démocrates. Les météorologistes sont obligés de changer de vocable pour ne pas être accusés d’être partisans, c’est ridicule.

Certains pays comme la Russie ou le Canada peuvent trouver un intérêt économique au réchauffement climatique, pour l’exploitation des terres cultivables par exemple, mais ce n’est pas le cas des États-Unis. DonaldTrump n’a rien à y gagner, à part flatter son électorat.

En Australie, les spécialistes imputent les hécatombes de poissons à la sécheresse, mais aussi à une baisse brutale de la température après une canicule, ou encore à la pollution. Qu’en pensez-vous ?

La teneur en oxygène dans l’eau est un facteur clé pour la vie aquatique et les variations de température peuvent créer des déséquilibres. La pollution joue aussi un rôle, les bactéries consomment l’oxygène dans l’eau. Enfin, la sécheresse fait baisser le niveau d’eau. L’eau est donc proportionnellement plus polluée.

L’Australie est très affectée par le réchauffement climatique avec des phénomènes de sécheresse de plus en plus préoccupants. Pourtant ils produisent beaucoup de charbon notamment pour les exportations en Chine.

Ils possèdent des joyaux écologiques à protéger comme la plus belle barrière de corail du monde. Néanmoins ils ne mènent pas une politique climatique responsable.

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