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Procès du viol du 36 quai des Orfèvres : l'heure du verdict pour les deux policiers

L'entrée principale du légendaire 36 quai des orfèvres, où se trouve la Direction régionale de police judiciaire de Paris (DRPJ).
L'entrée principale du légendaire 36 quai des orfèvres, où se trouve la Direction régionale de police judiciaire de Paris (DRPJ). Martin Bureau, AFP

Après deux semaines et demi d'audience, les jurés de la cour d’assises de Paris doivent rendre leur verdict, jeudi, dans l'affaire des deux policiers de la BRI accusés du viol d'une touriste canadienne, le 23 avril 2014.

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Que s’est-il passé dans les locaux du 36, quai des Orfèvres, dans la nuit du 22 au 23 avril 2014 ? C’est ce que les jurés de la cour d’assises de Paris tentent de déterminer depuis l'ouverture du procès. Après deux semaines et demi d'audience, le jury entre en délibération, jeudi 31 janvier. Deux policiers sont accusés d’avoir violé une touriste canadienne. Les deux hommes, qui clament leur innocence, encourent vingt ans de réclusion criminelle pour "viol en réunion".

Vers 10 heures, le président, ses deux assesseurs et les six jurés partiront délibérer, pour acquitter ou condamner Nicolas R. et Antoine Q., deux ex-policiers de la prestigieuse BRI, la brigade de recherche et d'intervention.

"Aucune certitude"

Mercredi, l'avocat général Philippe Courroye a requis sept années d'emprisonnement. "Mon intime conviction, c'est qu'au cours de cette nuit du 22 au 23 avril, dans les locaux de la BRI, Emily Spanton a bien été une victime non consentante d'actes sexuels", a-t-il expliqué. Ces policiers ont, selon lui, abusé d'"une proie vulnérable", une étrangère, très fortement alcoolisée.

Mais pour l'avocate d'Antoine Q., Anne-Laure Compoint, "des certitudes dans ce dossier, il n'y en a pas". "S'il n'y a pas de certitudes, ça s'appelle le doute, et le doute profite à l'accusé".

"Vous êtes les seuls à pouvoir mettre un terme aux dénonciations mensongères d'Emily Spanton", a dit à la cour l'avocate de Nicolas R., Marion Grégoire. "Ne commettez pas l'erreur judiciaire de condamner un innocent !"

Les failles du dossier

L'issue du procès est très incertaine, tant les témoignages ont été divergents, tant la parole de l'accusatrice a été mise en doute. Les ratés de l'enquête dans les premières heures ont également pesé sur le procès : la scène de crime présumée n'a pas été sanctuarisée, les policiers ont pu repartir chez eux, sans même faire de test d'alcoolémie. Des SMS, des photos et des vidéos ont été effacées, de la concertation chez les fonctionnaires. Et le temps a passé : près de cinq ans après les faits, très souvent, la difficulté de se souvenir a été exprimée à la barre.

Certaines choses, en revanche sont établies : quand Emily Spanton est arrivée à 00h40 au "36", qui était alors le siège de la police judiciaire, elle marchait en titubant, elle était joyeuse. À 2 h, elle était par contre "en état de choc", sans collant, et elle affirmait avoir été violée.  

Cette femme, aujourd'hui âgée de 39 ans, dit avoir subi plusieurs fellations et pénétrations vaginales forcées, dans deux bureaux de la BRI. Il y aurait eu trois hommes, mais le troisième n'a jamais été identifié.

Des témoignages radicalement divergents

Les policiers présentent une version radicalement différente. Emily Spanton aurait fait une fellation consentie à Nicolas R., mais celui-ci aurait eu "une panne". Puis l'accusatrice, déçue, serait allée dans le bureau d'en face, en short, seins nus, où se trouvaient Antoine Q. et un autre collègue.

Elle aurait dansé, demandé à être prise en photo sous le ventilateur auquel était suspendu un string noir. Selon Antoine Q., elle aurait changé d'attitude après le départ de Nicolas R. et parce qu'elle croyait que celui-ci était parti avec sa veste.

Parmi les éléments à charge, un SMS envoyé par Nicolas R. à un collègue, à 01 h 05: "Ça est une touseuse (partouzeuse, NDLR). Dépêche !". Il y a aussi les expertises génétiques : l'ADN d'Antoine Q. a été retrouvé au fond du vagin d'Emily Spanton. Et l'ADN de cette dernière se trouvait sur des caleçons des policiers, portant du sperme.

Mais pour les juges d'instruction, ces éléments n'avaient pas suffi : après deux ans et demi d'enquête, ils avaient décidé d'un non lieu. Ce n'est qu'après un appel du parquet et de la partie civile que l'affaire avait été renvoyée aux assises.

Avec AFP

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