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Après Washington, la Russie annonce son retrait de l'accord de désarmement nucléaire de 1987

Vladimir Poutine, à Moscou, le 9 septembre 2018
Vladimir Poutine, à Moscou, le 9 septembre 2018 Alexey Nikolsky, Sputnik / AFP

La Russie décide à son tour, samedi, de suspendre l'application du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, conclu en 1987, au lendemain de la décision de Washington de se retirer de cet accord historique.

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Le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI), conclu en 1987 pendant les dernières années de la Guerre froide, se délite depuis que les États-Unis ont annoncé leur retrait de l'accord, vendredi, accusant Moscou d'en violer les termes. En réponse, le président russe Vladimir Poutine annonce samedi 2 février, que son pays suspend également sa participation au traité.

>> À lire : Retrait américain du traité nucléaire FNI : la menace d’un monde moins sûr

"Nos partenaires américains ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation à l'accord et nous la suspendons à notre tour", a déclaré Vladimir Poutine, au cours d'une rencontre avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou. La Russie ne prendra plus l'initiative de négociations sur le désarmement avec les États-Unis, a ajouté le chef de l'État, cité par les agences de presse russes. "Nous attendrons que nos partenaires (américains) aient suffisamment mûri pour avoir un dialogue d'égal à égal et significatif avec nous sur cet important sujet", a-t-il dit.

Chantage américain

Les États-Unis ont annoncé vendredi leur retrait du traité FNI conclu par l'URSS et Washington en 1987, pendant la Guerre froide, qui abolit l'usage des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5 500 km et qu'ils accusent la Russie de violer. "Demain (samedi), les États-Unis vont suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF et enclencher le processus de retrait", qui "sera achevé dans six mois à moins que la Russie ne remplisse ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte", a annoncé le président Donald Trump dans un communiqué.

Le traité sur les forces nucléaires intermédiaires, c'est quoi ?

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a de son côté assuré que Washington était néanmoins "prêt" à continuer de discuter avec la Russie "au sujet du désarmement".

Début décembre, de Bruxelles et avec le soutien de l'Otan, Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu'au 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée violant le traité aux yeux des Américains et de le l'Alliance atlantique. Faute de quoi, il avait menacé d'entamer la procédure de retrait, qui s'étend sur six mois. La Russie dément ces accusations "sans fondement", reprochant en retour à Washington de violer le traité FNI.

La Chine appelle au dialogue

Pékin s'est déclaré "opposé" au retrait unilatéral de Washington d'un traité crucial de désarmement nucléaire signé avec Moscou, appelant les deux pays à "un dialogue constructif" pour éviter des "conséquences négatives". "La Chine est opposée au retrait des États-Unis du traité, et exhorte les États-Unis et la Russie à régler leurs différends de façon appropriée par le biais d'un dialogue constructif", a indiqué Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Le retrait unilatéral des États-Unis pourrait entraîner une série de conséquences négatives, et la Chine accordera une attention particulière à l'évolution de la situation", a-t-il précisé dans un communiqué, soulignant que Pékin "regrettait" la décision de Washington.

Avec AFP

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