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Venezuela : Nicolás Maduro rejette l'ultimatum de plusieurs pays européens

Nicolás Maduro durant un meeting, le 2 février 2019.
Nicolás Maduro durant un meeting, le 2 février 2019. Juan Barreto, AFP

Le chef de l'État vénézuélien Nicolás Maduro continue de défier l'Occident alors qu'a expiré, dimanche soir, l'ultimatum posé par six pays de l'Union européenne pour convoquer une nouvelle élection présidentielle.

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Le chef de l'État vénézuélien Nicolás Maduro a rejeté, dimanche 3 février au soir, l'ultimatum de plusieurs pays européens pour l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle, tandis que ces membres de l'UE ont promis de reconnaître dans ce cas l'opposant Juan Guaido comme président dès lundi.

Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, Nicolás Maduro a déclaré qu'il ne ferait pas preuve de "lâcheté face aux pressions" de ceux qui réclament son départ. "Pourquoi faut-il que l'Union européenne dise à un pays du monde qui a déjà organisé des élections qu'il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l'ont gagnée ?", s'est-il interrogé. Et de poursuivre : "Ils tentent de nous coincer avec des ultimatums pour nous obliger à en venir à une situation extrême de confrontation".

L'Allemagne, l'Espagne, la France, le Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni avaient donné le 26 janvier huit jours à Nicolás Maduro pour convoquer une nouvelle élection présidentielle, faute de quoi ils reconnaîtraient son opposant Juan Guaido comme président.

À la place, le président vénézuélien, lors de son discours devant ses partisans samedi, a lancé l'idée d'élections législatives anticipées, pour remplacer le Parlement où l'opposition est majoritaire.

Nicolas Maduro pourrait-il tenir longtemps ?

Le Parlement européen, lui, a clairement reconnu jeudi dernier Juan Guaido en tant que chef de l'État par intérim, comme l'ont fait les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d'Amérique latine.

>> À lire : Venezuela : 2015-2019, le bras de fer entre le Parlement et Nicolás Maduro

"L'élection de M. Maduro en mai dernier était une farce, c'était une fiction d'élections", a déclaré dimanche la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, au Grand Jury pour RTL-Le Figaro-LCI. "L'ultimatum se termine ce soir (dimanche). Si d'ici ce soir, M. Maduro ne s'engage pas à organiser des élections présidentielles, nous considérerons que M. Guaido est légitime pour les organiser à sa place", a-t-elle ajouté.

Dimanche, l'Autriche a elle aussi annoncé reconnaître Juan Guaido en tant que président par intérim si Nicolás Maduro refuse de convoquer l'élection présidentielle anticipée réclamée par l'Union européenne. "Il a tout notre soutien pour restaurer la démocratie au Venezuela", a tweeté Sebastian Kurz, ajoutant que les Vénézuéliens ont trop longtemps souffert de la mauvaise gestion et du mépris de l'actuelle administration pour l'État de droit.

L'option militaire toujours sur la table

Donald Trump a de son côté réaffirmé que le recours à l'armée américaine au Venezuela était "une option" envisagée face à la crise politique qui secoue le pays. Interrogé, lors d'un entretien avec la chaîne américaine CBS diffusé dimanche, sur ce qui le pousserait à avoir recours à l'armée, le président des États-Unis a d'abord expliqué ne pas vouloir se prononcer là-dessus. "Mais c'est certainement une option", a-t-il reconnu. Washington avait déjà clairement dit ces derniers mois, et à nouveau ces derniers jours, que "toutes les options", y compris militaire, étaient sur la table.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Caracas, les uns pour exiger le départ de Nicolas Maduro, les autres pour célébrer le 20e anniversaire de la révolution bolivarienne et réaffirmer leur soutien au dirigeant socialiste. Autoproclamé "président", Juan Guaido a affirmé que le mois de février serait "déterminant" pour chasser du pouvoir Nicolás Maduro.

Des deux côtés, les photos prises par l'AFP montraient des rues et des avenues noires de monde. Aucun chiffre fiable ne circule après les manifestations au Venezuela.

"Oui, c'est possible"

Depuis une estrade devant la représentation de l'Union européenne à Caracas, le chef de l'opposition a annoncé l'arrivée dans les prochains jours d'une aide humanitaire destinée au pays à la frontière colombienne, au Brésil et sur une "île des Caraïbes", en demandant à l'armée de la laisser entrer.

"Nous allons continuer dans la rue jusqu'à ce que nous soyons libres, jusqu'à la fin de l'usurpation", a déclaré, la voix enrouée, Juan Guaido, 35 ans, en costume sombre et chemise blanche. "Oui, c'est possible !", lui répondait la foule.

Anticipant un mois de février "qui doit être déterminant", il a appelé ses partisans à ne pas relâcher la pression, lors d'une nouvelle manifestation le 12 février, Jour de la jeunesse au Venezuela. Une autre mobilisation, liée à la distribution de l'aide humanitaire, est prévue dans les prochains jours, a-t-il lancé, sans plus de précision.

Avec AFP et Reuters

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