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Affaire Benalla : Mediapart refuse d'ouvrir ses locaux à une perquisition

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Logo de Mediapart. Lionel Bonaventure, AFP

Une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" a été ouverte suite à la publication d'un article de Mediapart donnant à entendre des extraits d'une conversation d'Alexandre Benalla. Mediapart a refusé cette perquisition.

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée", après la diffusion d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase sur le site de Mediapart le 31 janvier, d'après une source judiciaire contactée par l'AFP.

Le média en ligne indique avoir refusé une perquisition dans ses locaux lundi 04 février. "Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner ce matin, à 11 h 10, les locaux de Mediapart dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M.Benalla suite à nos révélations de la semaine dernière", écrit Mediapart sur Twitter. "Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal. C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit – et particulièrement grave – dans l'histoire de Mediapart."

"Tout ça est une manoeuvre, un habillage juridique qui n'a qu'une seule fin : trouver les sources de Mediapart et les tarir !", a estimé Fabrice Arfi, co-responsable des enquêtes du journal en ligne, lors d'une conférence de presse au siège de Mediapart. 

"Nous avons révélé des faits d'intérêt public. Nous n'avons commis aucun délit", a renchéri Edwy Plenel, président et cofondateur du média en ligne, s'insurgeant que "le procureur de la République de Paris -choisi par Emmanuel Macron lui-même- n'a d'autre urgence que de faire cet acte violent et rarissime de venir perquisitionner un journal".

 

La source judiciaire a précisé que l'ouverture de l'enquête préliminaire, qui vise également la "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", est intervenue à la suite de la réception par le parquet de Paris d'"éléments", dont la nature n'a pas été précisée. Une source proche de l'enquête a ajouté qu'elle n'avait pas été déclenchée à la suite d'une plainte d'Alexandre Benalla.

Mediapart avait publié des extraits d'un enregistrement d'une conversation entre Alexandre Benalla, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, et Vincent Crase, ancien employé de LREM et gendarme réserviste. Dans cette conversation datant du 26 juillet, soit quelques jours après la mise en examen des deux hommes pour des violences sur des manifestants le 1er mai 2018 et en violation de leur contrôle judiciaire ,  Alexandre Benalla se vante d'avoir le soutien présidentiel.

"Truc de dingue, le +patron+ (Emmanuel Macron, ndlr), hier soir il m'envoie un message, il me dit : +Tu vas les bouffer. Tu es plus fort qu'eux, c'est pour ça que je t'avais auprès de moi. Je suis avec Isma (Ismaël Emelien, conseiller spécial du président, ndlr), etc. On attend Le Monde, machin, etc+", dit-il dans cet extrait à la très bonne qualité sonore.

Selon le site d'information, Alexandre Benalla a été impliqué directement dans un contrat de sécurité signé par Vincent Crase avec Iskander Makhmudov, un oligarque russe, "proche de Vladimir Poutine" et "soupçonné par plusieurs magistrats européens d'accointances avec l'un des pires groupes criminels moscovites". Or Alexandre Benalla travaillait encore à l'Élysée à l'époque. Ce dernier avait affirmé le contraire devant la commission d'enquête sénatoriale, tout comme Vincent Crase.

Avant Mediapart, d'autres médias ont fait l'objet de perquisitions ou de tentatives de perquisitions au cours des dernières années. Elles peuvent se refuser dans le cadre d'enquêtes préliminaires.

Avec AFP

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