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Décès de Josette Audin, veuve du militant Maurice Audin, torturé en Algérie

Josette Audin est morte à 87 ans, samedi 2 février.
Josette Audin est morte à 87 ans, samedi 2 février. Thomas Coex, AFP

Josette Audin, épouse du mathématicien et militant communiste Maurice Audin, torturé à mort par la France pendant la guerre d'Algérie, est décédée samedi 2 février à l'âge de 87 ans.

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Josette Audin, veuve de Maurice Audin, jeune militant communiste torturé et tué par l'armée française en 1957 en Algérie, est décédée samedi 2 février à l'âge de 87 ans, ont annoncé dimanche le journal L'Humanité et le Parti communiste français (PCF).

"Grande tristesse. Josette Audin s'en est allée. Elle s'est battue toute sa vie pour la vérité et pour la mémoire de son mari. Elle part apaisée d'avoir vu enfin ce crime d'État reconnu", a réagi le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a salué "une militante anticolonialiste de la première heure" et une "grande dame qui a mené un combat inlassable, sa vie durant, afin que la vérité soit faite sur l'assassinat de son mari et la pratique de la torture durant la guerre de libération nationale".

"Son courage, sa persévérance, la force de ses convictions et de ses engagements ont marqué les esprits à jamais", a ajouté le président Bouteflika dans un message de condoléances, cité par l'agence APS.

Le député LREM proche de la famille Audin, Cédric Villani, lui a également rendu hommage. "Indignée ou confiante, meurtrie ou sereine, apaisée enfin : je garde en moi le souvenir vif de chacune de mes rencontres avec Josette Audin, forte de soixante ans de combat pour la vérité, inspiration pour une vie entière", a-t-il écrit sur Twitter.

"Une vie d'amour et de combat"

À l'annonce de son décès, le chef de l'État français a également rendu hommage à Josette Audin dans un communiqué saluant "le courage immense d'une femme qui, par amour et par conviction, ne cessa jamais de se battre pour la justice et la vérité. (...) La vie de Madame Audin fut une vie d'amour et de combat pour son mari et pour la vérité. C'est son viatique et la source de notre profond respect".

>> À lire : Affaire Maurice Audin : une demande de pardon historique, une avancée pour l'Algérie

Le 13 septembre dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à son domicile à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, pour lui demander "pardon" en lui remettant une déclaration reconnaissant que son mari était mort sous la torture du fait d'un "système légalement institué" par l'ancienne puissance coloniale française en Algérie.

"C'est à moi de vous demander pardon, donc vous ne me dites rien. On restaure un peu de ce qui devait être fait", avait dit le chef de l'État à Josette Audin lorsque celle-ci a voulu le remercier pour cette déclaration levant un tabou officiel.

Une place Maurice-Audin avait été inaugurée le lendemain à la fête de L'Humanité à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), en présence de Josette Audin.

"Je remercie ceux qui ont continué (la recherche de la vérité). Je suis reconnaissante de cette journée", avait-elle alors déclaré.

>> À lire : De la rafle du Vél d’Hiv à Maurice Audin : quand la France demande "pardon"

Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), dont Josette Audin était devenue membre du comité d'honneur cette année, salue la mémoire d'une militante engagée "contre le colonialisme et le racisme" et affirme vouloir poursuivre son "combat pour la vérité", dans un communiqué.

Le mouvement antiraciste rappelle qu'on ne connaît toujours pas "les circonstances exactes de ce meurtre" et qu'on n'a jamais su "ce qu'était devenu le corps" de Maurice Audin.

Avec AFP

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