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Nayib Bukele se déclare vainqueur de l'élection présidentielle au Salvador

Nayib Bukele peu après avoir annoncé sa victoire à la présidentielle organisée au Salvador, le 3 février 2019.
Nayib Bukele peu après avoir annoncé sa victoire à la présidentielle organisée au Salvador, le 3 février 2019. Marvin Recinos, AFP

Le candidat antisystème Nayib Bukele a déclaré, dimanche, avoir remporté à l'âge de 37 ans l'élection présidentielle au Salvador à l'issue du premier tour. Ses deux rivaux ont reconnu leur défaite.

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"Nous pouvons annoncer maintenant de manière tout à fait certaine que nous avons gagné la présidence de la République du Salvador", Le candidat antisystème Nayib Bukele a déclaré, dimanche 3 février, devant ses partisans réunis dans un hôtel de la capitale San Salvador, avoir remporté l'élection présidentielle à l'issue du premier tour.

D'après les résultats partiels communiqués par le tribunal électoral, Nayib Bukele, 37 ans, est en tête avec 54 % des voix, soit un seuil suffisant pour être élu dès le premier tour.

Le président du Tribunal suprême électoral (TSE) Julio Olivo a indiqué quelques minutes plus tard que les résultats, certes encore partiels, dégageaient une tendance "irréversible" en faveur de l'ancien maire de San Salvador. Les résultats définitifs doivent être connus dans les 48 heures.

>> À lire sur RFI : Qui est Nayib Bukele ?

Ses deux principaux rivaux, le candidat du parti de gauche au pouvoir (FMLN), Hugo Martinez, et le représentant de la droite conservatrice, Carlos Calleja, ont admis avoir été vaincus. L'entrée en fonction du nouveau président est prévue en juin prochain. Le mandat présidentiel de cinq ans est non renouvelable, et la majorité parlementaire est détenue par le parti de droite Arena, au moins jusqu'aux prochaines élections législatives, en 2021.

"Une page du pouvoir se tourne"

"Aujourd'hui, nous avons écrit l'histoire", a déclaré Nayib Bukele, dont la victoire met fin au système bipartite qui dominait la scène politique du pays d'Amérique centrale depuis trois décennies. "Une page du pouvoir se tourne", a ajouté ce fils d'un notable de la communauté arabe, d'origine palestinienne, devenu l'enfant terrible de la politique salvadorienne.

Nayib Bukele a promis de lutter contre la corruption qui gangrène le pays et pousse de nombreux Salvadoriens à l'exil vers les États-Unis, alimentant les diatribes de Donald Trump contre les pays d'Amérique centrale. Le président américain menace ainsi de supprimer l'aide fournie par Washington au Salvador et à plusieurs pays de la région. L'économie désormais dollarisée marque le pas, et 30,3 % des 6,6 millions de Salvadoriens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Exclu du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), le parti de gauche au pouvoir, Nayib Bukele avait constitué une coalition avec plusieurs partis qui ne totalisent que 11 sièges dans l'assemblée sortante. Mais les sondages donnaient nettement en tête le publicitaire de profession devant Carlos Calleja, le candidat de l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA, droite conservatrice).

"L'hirondelle" ne ménage aucun camp

Barbe ciselée, jeans, veste de cuir et casquette de base-ball, Nayib Bukele a bousculé les codes traditionnels, n'a pas hésité à partager les jeux des jeunes Salvadoriens, comme le paint-ball ou les sports extrêmes, et a fait une campagne efficace sur les réseaux sociaux. Ssurnommé "l'hirondelle", emblème de son parti, il a tiré parti d'une vague de mécontentement de la population à l'égard des partis traditionnels, dans un pays confronté à une forte criminalité avec l'un des taux d'homicides les plus importants au monde.

>> À lire : Le Salvador, premier pays à bannir l'exploitation des mines à métaux

Quelque 54 000 membres des deux "maras" (gangs) toujours en activité – 17 000 sont derrière les barreaux – font régner la terreur au Salvador en se livrant au racket, au trafic de drogue et aux assassinats. Les différents gouvernements de gauche et de droite ont joué tour à tour de la répression et de la négociation avec les bandes criminelles, sans pouvoir en finir avec elles.

Issu d'une famille aisée qui avait pourtant soutenu la guérilla marxiste du FMLN pendant la guerre civile, "l'hirondelle" ne ménage aucun camp dans ses critiques, en particulier sur les réseaux sociaux dont il est un grand utilisateur.

"Un dictateur est un dictateur, qu'il soit de 'droite' ou de 'gauche'", a-t-il écrit la semaine dernière sur Twitter, après avoir qualifié ainsi les dirigeants de gauche du Venezuela et du Nicaragua, Nicolás et Daniel Ortega, comme de droite du Honduras, Juan Orlando Hernandez.

Avec AFP et Reuters

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