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Laurent Gbagbo désormais en liberté conditionnelle en Belgique

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, le 15 janvier 2019.
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, le 15 janvier 2019. Issouf Sanogo, AFP

L'ancien président ivoirien se trouve désormais en liberté conditionnelle en Belgique, a annoncé la Cour pénale internationale mardi soir. Bruxelles avait accepté d'accueillir Laurent Gbagbo, acquitté de crimes contre l'humanité par la CPI.

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"Laurent Gbagbo est désormais en liberté conditionnelle en Belgique", a indiqué mardi 5 février une porte-parole de la Cour pénale internationale (CPI). Acquitté de crimes contre l'humanité, l'ancien président de 73 ans a quitté les Pays-bas dans la soirée. Il reste dans l'attente d'un éventuel appel contre son acquittement.

Une porte-parole des services belges de l'immigration, Dominique Ernould, a confirmé à l'AFP qu'un visa avait été octroyé à Laurent Gbagbo. "On a donné les instructions pour lui délivrer un visa de type C, qui est une autorisation de séjour pour 90 jours", a-t-elle indiqué. "Ce visa, a-t-elle dit, lui permettra d'aller s'enregistrer comme résident dans la commune belge qui l'accueille", a-t-elle ajouté. Une source belge a précisé que le renouvellement d'un tel visa était exceptionnel.

Le 15 janvier, les juges de la CPI ont ordonné la libération sous conditions de Laurent Gbagbo et de son ancien ministre Charles Blé Goudé. Quinze jours plus tard, la Belgique a répondu favorablement à la demande de la CPI d'accueillir l'ancien président ivoirien en expliquant que sa deuxième femme et un de ses enfants résidaient à Bruxelles.

Depuis lors, les deux hommes résidaient dans un lieu tenu secret. Parmi les conditions édictées par les juges de la CPI figurait l'obligation de résider dans un État membre de la Cour en attendant un éventuel procès en appel.

"Conditions strictes"

Samedi, le ministre belge des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, avait expliqué qu'accueillir Laurent Gbagbo était "une demande de la Cour (...), tout simplement parce qu'il a de la famille en Belgique : sa deuxième épouse, un enfant à Bruxelles".

"Nous avons estimé qu'il était normal qu'il puisse séjourner pour sa libération conditionnelle (...) en Belgique dans des conditions strictes", avait-il ajouté. "Il devra évidemment se présenter à tout moment à la Cour pénale et il y aura une surveillance".

Selon la presse belge, Laurent Gbagbo a épousé lors d'un mariage coutumier en 2001 Nady Bamba, 47 ans, avec laquelle il a eu un fils.

L'ancienne Première dame Simone Ehivet Gbagbo, 69 ans, est restée en Côte d'Ivoire. Malgré le mandat d'arrêt qui la vise, son pays ne l'a jamais livrée à la CPI. Elle y a néanmoins passé sept ans en prison avant d'être libérée en août grâce une amnistie présidentielle.

Lieu tenu secret

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois. Il avait été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État à avoir été remis directement à la CPI.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

Son acquittement est intervenu à une période tendue en Côte d'Ivoire, à l'approche de la présidentielle de 2020 : Alassane Ouattara n'a pas dévoilé ses intentions et la coalition formée avec Henri Konan Bédié, son ancien allié contre Gbagbo, a explosé.

Avec AFP

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