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Au Népal, une jeune femme décède durant son "exil menstruel"

Bannies du foyer en raison de leurs périodes mesntruelles, deux Népalaises campent dans une cabane dans une région reculée du Népal, en février 2017.
Bannies du foyer en raison de leurs périodes mesntruelles, deux Népalaises campent dans une cabane dans une région reculée du Népal, en février 2017. Prakash Mathema, AFP

La jeune Népalaise avait respecté une coutume locale aujourd'hui interdite, appelée "chhaupadi", qui contraint les femmes à quitter le foyer pendant leur période menstruelle.

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Elle s’appelait Parbati Bogati et avait 21 ans. La jeune fille est morte par suffocation, mercredi 30 janvier, alors qu'elle se trouvait dans une cabane "menstruelle" de son village de Purbichauki, dans l’ouest du Népal. Pour se réchauffer du froid glacial himalayen, elle avait allumé un feu dans la soirée. Elle a été retrouvée le lendemain matin, les jambes carbonisées, rapporte le chef de police de la région cité par le New York Times.

Au moins trois autres Népalaises sont décédées cette année dans ces huttes de boue et de pierre. Selon la tradition "chhaupadi", les femmes en période menstruelle sont considérées impures. Elles ne sont pas autorisées à toucher la nourriture des convives, ni utiliser les sources d’eau communes, ou encore entrer dans les temples. Il serait également malchanceux de les toucher. Bannies du foyer, elles n’ont d’autre choix que de s’isoler dans ces cahutes de taille minuscule.

>> À voir aussi : Au Népal, les femmes contraintes de s'isoler pendant leurs règles

Passible de trois mois de prison

Cette pratique est interdite par la Cour suprême du Népal depuis 2005. Une loi a même été votée par le Parlement en août dernier. Quiconque contraindra une femme à l'"exil menstruel" est passible d’une peine de trois mois de prison et d’une amende d’une vingtaine d’euros, stipule le texte, qui doit entrer en vigueur l'été prochain.

Reste que cette tradition d’origine hindoue est encore respectée par des nombreuses femmes népalaises âgées de 15 à 49 ans, en raison de la pression sociale ou de la culpabilité. Elles étaient 19 %, d’après un sondage réalisé par le gouvernement népalais en 2010, cité dans un rapport du département d'État sur les droits de l'Homme. Cette proportion peut atteindre 50 % dans les régions du centre-ouest et de l’extrême ouest du Népal, parmi les plus pauvres d’Asie.

Aujourd’hui, la police peine à faire appliquer la loi. Le mois dernier, Amba Bohara, 35 ans, et deux de ses fils, âgés de 7 et 9 ans, ont également été asphyxiés dans une cabane à menstruations après avoir allumé un feu pour rester au chaud. Aucune interpellation n’a eu lieu par la suite.

Programme de sensibilisation

Dans le cas de Parbatu Bogati, l’enquête peine à trouver un responsable. Selon la police, son mari était en Malaisie pour travailler. "Elle était seule chez elle", a déclaré le policier en chef Lal Bahadur Dhami. "Dites-nous qui devrait être tenu responsable de ce crime ?", a-t-il lancé.

Lal Bahadur Dhami assure que le gouvernement local a organisé plus de 50 programmes d’informations sur les dangers du chhaupadi. Quelques jours avant sa mort, la jeune fille avait participé à l'un d’eux, selon sa famille. Les associations militantes féministes ont annoncé leur intention de démolir de nombreuses cabanes à menstruations à partir du mois prochain.

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