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Discours sur l'état de l'Union : un Trump rassembleur mais sans concession

Le président Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, le 5 février 2019, à Washington.
Le président Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, le 5 février 2019, à Washington. Doug Mills, AFP

Le temps d'un soir, le président américain a adopté mardi un ton conciliant pour appeler le Congrès à l’unité, lors de son discours sur l’état de l’Union. Il a toutefois répété sa détermination à construire un mur anti-immigration.

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, correspondante à Washington

Washington attendait ce moment avec impatience. Pour la première fois de sa présidence, Donald Trump a prononcé, mardi 5 février, un discours sur l’état de l’Union dans une configuration bien particulière : directement sous les yeux de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Comme le veut en effet la tradition, le vice-président américain et le "Speaker", en l’occurence la "Speaker" depuis l'entrée en fonction du nouveau Congrès en janvier, se trouvent face caméra, derrière le chef de l'État pendant qu'il se livre à cet exercice annuel au Capitole.

C'est donc dans cette position inédite que le républicain a tenté, sur un ton sobre et conciliant, d'appeler au compromis. Il n'est pas venu présenter un "agenda républicain ou un agenda démocrate", a-t-il argué, mais un "agenda pour le peuple américain". "La victoire, ça n'est pas de gagner pour notre parti. La victoire, c'est de gagner pour notre pays", a-t-il encore déclaré en préambule, appelant à "la coopération, au compromis et au bien commun".

Tout au long de son discours, il a egréné des thèmes rassembleurs, comme la réforme des infrastructures, la lutte contre le cancer des enfants ou encore la baisse du prix des soins et des médicaments. Il n'a pas pour autant oublié de vanter son bilan après deux ans à la Maison Blanche : "Après 24 mois de progrès rapides, le monde entier nous envie notre économie, notre armée est la plus puissante de la Terre, et l'Amérique gagne chaque jour", a-t-il assuré.

"Ce soir je vous demande de choisir la grandeur"

Dans la salle, une ambiance cordiale s'est installée. Comme d'habitude, les élus du parti du président ont applaudi et salué ses mots, tandis que l'opposition réservait ses applaudissements pour certains thèmes rassembleurs uniquement, et restait de marbre ou secouait la tête le reste du temps. Nancy Pelosi n'a elle-même pas hésité pas à lire ses notes pendant que le président s'exprimait.

Sur le mur, Trump persiste et signe

Le discours de Donald Trump a toutefois été marqué par une courte pause lorsque les élues démocrates, vêtues de blanc en hommage aux suffragettes, se sont levées, tout sourire, alors que le président célébrait la progression des femmes dans le monde professionnel. En l'occurence ici, le record de femmes élues au Congrès atteint en novembre dernier.

"Personne n'a profité autant que les femmes de notre économie florissante"

Ces moments d'unité n'ont pourtant pas masqué les profondes divisions qui demeurent entre le président et les démocrates. Au premier chef, l'immigration. Donald Trump veut un mur à la frontière avec le Mexique : il a persisté et signé mardi soir, reprochant aux "riches politiciens" de vouloir des "frontières ouvertes" alors qu'il vivent dans des maisons protégées par des "portails et des gardes". "Le président parle désormais d’un mur qui ne serait pas forcément continu mais d'une clôture", remarque toutefois Matthieu Mabin, correspondant de France 24 à Washington.

"Un mur approprié n'a jamais été construit et je ferai en sorte qu'il le soit"

La bataille autour de ce mur avait déclenché le "shutdown" le plus long de l'histoire américaine fin décembre. Les élus ont désormais jusqu'au 15 février pour se mettre d'accord sur l'immigration, faute de quoi les administrations fédérales pourraient fermer à nouveau. Mardi soir, Donald Trump s'est bien gardé de prononcer le mot "shutdown". Il n'a pas non plus évoqué la possibilité d'une procédure d'urgence nationale permettant de passer en force et d'utiliser les fonds du Pentagone pour construire le mur. "La grande menace, celle que redoutait Nancy Pelosi, était ce passage en force", rappelle Matthieu Mabin.

Sommet avec Kim Jong-un fin février au Vietnam

Sur le plan international, Donald Trump a révélé la date du prochain sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong-un : ce sera les 27 et 28 février, au Vietnam. "Si je n'avais pas été président des États-Unis, nous serions dans une guerre majeure avec la Corée du Nord aujourd'hui", s'est-il vanté.

"Il reste encore beaucoup de travail à faire, mais ma relation avec Kim Jong-un est bonne"

Le président américain a également évoqué le dossier vénézuélien, condamnant la "brutalité du régime Maduro" et réitérant son soutien à l'opposant et président autoproclamé Juan Guaido.

La guerre commerciale avec Pékin était elle aussi au menu. "Le vol d'emplois et de la richesse des Américains, c'est fini", a martelé le chef de l'État, qui a toutefois souligné son "grand respect" pour le président chinois Xi Jinping. Des négociations entre les deux pays sont actuellement en cours.

"Nous travaillons maintenant à un accord avec la Chine"

La traditionnelle réponse de l'opposition a été formulée par la démocrate Stacey Abrams, une Afro-américaine ex-candidate au poste de gouverneur de l'État de Géorgie et considérée comme une étoile montante du parti malgré sa défaite en novembre. C’est sur l’immigration qu’elle a choisi de contrer Donald Trump. "Nous savons que le bipartisme pourrait permettre d'élaborer un plan d'immigration du XXIe siècle, mais cette administration choisit de mettre en cage des enfants et de séparer des familles", a-t-elle taclé en fin de soirée. À l'heure où les Américains allaient se coucher, le vœu d'unité semblait déjà dépassé.

"Ce sont les immigrants, pas les murs, qui rendent l'Amérique plus forte"
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