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L'Allemagne met un frein à la collecte de données de Facebook

Dado Ruvic, Reuters

Le gendarme allemand de la concurrence a restreint, jeudi, l'exploitation par Facebook des données de ses utilisateurs, en lui interdisant de piocher d'autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram.

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L'Allemagne a déterré la hache de guerre contre Facebook. L'Office anticartel a ordonné au réseau social, jeudi 7 février, d'arrêter de collecter des données sur ses utilisateurs allemands de multiples sources pour ensuite les consolider, sans avoir obtenu l'autorisation préalable des internautes.

Concrètement, l'autorité allemande reproche à l'empire de Mark Zuckerberg "d'obliger ses utilisateurs à accepter la collecte et la cession pratiquement illimitées de données" obtenu à partir de Facebook, WhatsApp, Instagram (deux applications qui appartiennent à Facebook) et même de site tiers sur lesquels existent des boutons "Like", puis de rassembler toutes ses informations pour établir le profil le plus complet possible de l'utilisateur.

Ces pratiques "ont fortement contribué" à rendre Facebook aussi puissant, a affirmé Andreas Mundt, président de l'Office anticartel. C'est cette immense base de données qui permet au réseau social d'être aussi attractif pour les annonceurs désireux de placer les publicités les mieux ciblées possibles.

Facebook riposte

Pour Andreas Mundt, il faut "que les utilisateurs puissent, à l'avenir, empêcher que le réseau social collecte et exploite leurs données sans entrave". Au terme d'une enquête de trois ans, l'Office anticartel a abouti à la conclusion que les 23 millions d'utilisateurs allemands de Facebook ne sont pas au courant ou n'ont pas consenti expressément à ces pratiques du géant américain. L’autorité allemande attend maintenant que la firme américaine fasse des propositions pour sortir de cette situation.

Facebook n'y est pas encore décidé. Visé en plein cœur de métier, le groupe californien a annoncé son intention de faire appel de la décision allemande. Il a affirmé que l'Office anticartel avait sous-estimé la concurrence à laquelle Facebook doit faire face, et que de ce fait c'était à l'autorité de la protection des données personnelles et non pas au gendarme de la concurrence de juger cette affaire. Le géant américain considère que la décision se fonde sur une analyse erronée du règlement européen de protection des données personnelles (RGPD).

Mais l'Office anticartel n'a aucun doute sur sa compétence. Cette agence publique affirme que Facebook détient plus de 90 % des parts de marché en Allemagne et elle estime que Twitter, YouTube ou Snapchat n'offrent pas une gamme aussi large de services que Facebook et ne sont, donc, pas des concurrents directs.

Elle a aussi prévenu Facebook que les choses pouvaient encore se corser. En cause : le projet du réseau social de fusionner les messageries Facebook Messenger, WhatsApp et le réseau Instagram d'ici à 2020. Un rapprochement qui simplifierait encore davantage la collecte de données personnelles. "Si un tel projet était mis en œuvre, il ferait l'objet d'un examen antitrust en Allemagne", a conclu Andreas Mundt.

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