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La France rappelle son ambassadeur en Italie après des "attaques sans fondement"

Le ministre italien de l'Intérieur et dirigeant d'extrême droite Matteo Salvini a multiplié les déclarations contre la France.
Le ministre italien de l'Intérieur et dirigeant d'extrême droite Matteo Salvini a multiplié les déclarations contre la France. Alberto Pizzoli, AFP

Paris a rappelé son ambassadeur en Italie, jeudi, pour "des consultations" après des "déclarations outrancières" de responsables italiens. Soucieux d'éteindre l'incendie, Matteo Salvini a indiqué ne pas vouloir de "conflit" avec la France.

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La France a rappelé son ambassadeur en Italie pour "des consultations" après une série de "déclarations outrancières" et "d'attaques "sans fondement" et qui n'ont pas eu de "précédent", des responsables italiens, a annoncé jeudi 7 février le ministère français des Affaires étrangères.

"Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay dans un communiqué."Elles violent le respect dû au choix démocratique, fait par un peuple ami et allié. Elles violent le respect que se doivent entre eux les gouvernements démocratiquement et librement élus", souligne le communiqué.

"Tourner la page"

Soucieux d'éteindre l'incendie, le vice-président du Conseil, Matteo Salvini, a dans la foulée indiqué qu'il ne voulait pas de conflit avec la France. Il a proposé dans un communiqué de rencontrer le président français et a dit vouloir "tourner la page".

"Nous ne voulons nous fâcher avec personne, les polémiques ne nous intéressent pas : nous sommes des gens concrets et nous défendons les intérêts des Italiens", a écrit Matteo Salvini dans un communiqué. "Nous sommes tout à fait disposés à rencontrer le président (français Emmanuel) Macron et le gouvernement français, à nous asseoir autour d'une table", a-t-il ajouté, même si ses alliés du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Plus tôt, Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, avait ainsi dit espérer que le peuple français se libère bientôt d'un "très mauvais président", des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l'UE.

Front européen commun

Matteo Salvini tente d'organiser un front européen de l'extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef de l'État français en vue du scrutin du 26 mai.

"La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie", a déclaré la porte-parole du Quai. "Tous ces actes créent une situation grave qui interroge sur les intentions du gouvernement italien vis-à-vis de sa relation avec la France."

>> À lire : Avec les Gilets jaunes, Di Maio tente un "retour aux sources" du M5S en Italie

Le Quai d'Orsay avait déjà dénoncé mercredi une "provocation inacceptable" après une rencontre la veille entre le vice-président du Conseil italien et chef politique du Mouvement 5  Étoiles, Luigi Di Maio, et des représentants des Gilets jaunes en France.

>> À voir : "J'espère que les Français [...] choisiront Marine Le Pen" : Matteo Salvini

 

Communiqué du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères :

Déclaration de la porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères Italie / Rappel de l’ambassadeur de France pour consultations La France et l’Italie sont unies par une histoire commune ; elles partagent un destin. Elles ont ensemble construit l’Europe et œuvré pour la paix. La France est profondément attachée à cette relation d’amitié qui nourrit des coopérations dans tous les domaines et une proximité entre nos peuples. L’amitié franco-italienne est plus que jamais indispensable pour relever les défis qui sont les nôtres au XXIème siècle. La France a fait, depuis plusieurs mois, l’objet d’accusations répétées, d’attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l’esprit. Cela n’a pas de précédent, depuis la fin de la guerre. Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre. Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable. Elles violent le respect dû au choix démocratique, fait par un peuple ami et allié. Elles violent le respect que se doivent entre eux les gouvernements démocratiquement et librement élus. La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie. Tous ces actes créent une situation grave qui interroge sur les intentions du gouvernement italien vis-à-vis de sa relation avec la France. À la lumière de cette situation sans précédent, le gouvernement français a décidé de rappeler l’ambassadeur de France en Italie pour des consultations. La France appelle l’Italie à agir pour retrouver la relation d’amitié et de respect réciproque, à la hauteur de notre Histoire et de notre destin commun.

Avec AFP et Reuters

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