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Dans la bataille finale contre l'EI, les jihadistes à portée de canon des artilleurs français

Le général Jean-Marc Vigilant (gauche) et la ministre française des Armées, Florence Parly, le 9 février près d'Al-Qaim, en Irak.
Le général Jean-Marc Vigilant (gauche) et la ministre française des Armées, Florence Parly, le 9 février près d'Al-Qaim, en Irak. Daphné Benoît, AFP

Au moment où l'EI est en passe d'être défait en Irak et en Syrie, les soldats français de l'opération Chammal, volet français de l'opération menée par la coalition internationale, opèrent à moins de 10 kilomètres de la ligne de front.

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Au fin fond du désert irakien, les trois canons français pointent plein Ouest, tournés vers la frontière avec la Syrie, distante de seulement trois kilomètres. Non loin derrière, l'ultime poche de résistance des jihadistes du groupe État islamique (EI).

Des avions de chasse fendent brusquement les airs : quelques secondes plus tard, une déflagration résonne. Un champignon de poussière grise s'élève côté syrien.

"Ici, on est à moins de dix kilomètres de la ligne de front", explique en désignant l'horizon désertique le colonel François-Régis Legrier, commandant de la Task Force Wagram, le groupement français d'artillerie pour soutenir les troupes irakiennes et la force arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) contre l'EI, dans le cadre de la coalition internationale emmenée par Washington.

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"La fin est proche"

Après une pause d'une dizaine de jours, les FDS ont annoncé samedi le lancement de la "bataille finale" pour récupérer le dernier bastion du groupe ultra-radical, le village de Baghouz et ses environs.

"La fin est proche", martèle la ministre française des Armées, Florence Parly, arrivée à bord d'un V-22 Osprey, un appareil militaire américain mi-avion, mi-hélicoptère.

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"Aujourd'hui à Baghouz, il reste quelques centaines de combattants, pas plus", affirme le colonel Legrier, dont le 68e régiment d'artillerie a déjà participé, en 2016, à la reprise de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

"Mossoul, c'était neuf mois de bataille, 10 000 obus. Sur ce front, ça fait quatre mois et on en est à 3 500 munitions, dans des conditions particulièrement rustiques", raconte-t-il, en évoquant "les tempêtes de vent, les tempête de sable, la pluie..." Des aléas météo qui clouent parfois les avions de combat au sol, mais n'empêchent pas les canons de pilonner.

18 000 obus tirés

La semaine prochaine, lui et ses compagnons artilleurs quitteront l'opération Chammal, le volet français de l'opération menée par la coalition internationale anti-EI, et seront relevés, sans doute pour la dernière fois.

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Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes régions en Syrie et en Irak, les jihadistes de l'EI ont vu leur "califat" autoproclamé se réduire comme peau de chagrin face à de multiples offensives.

Depuis le lancement de l'opération Chammal, les Français auront tiré plus de 18 000 obus et mené 1 500 frappes aériennes en appui des troupes alliées engagées au sol contre les jihadistes.

Mais "le combat n'est pas tout à fait terminé, prévient-elle. Ce que nous voulons éviter à tout prix, c'est que Daech [autre nom en arabe de l'EI, NDLR] se reconstitue sous des formes clandestines, menace la région, contrarie sa stabilisation, et menace aussi nos pays".

Charge aux alliés occidentaux de trouver la parade, alors que les Américains, de très loin premiers contributeurs de la coalition, ont annoncé leur prochain retrait de Syrie.

Avec AFP

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