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Les 40 ans de la République islamique d'Iran en images

L'Iran se prépare à commémorer le 40e anniversaire de la révolution islamique.
L'Iran se prépare à commémorer le 40e anniversaire de la révolution islamique. AFP (archives)

Le 11 février 1979, l'ayatollah Ruhollah Khomeini et les religieux instauraient une République islamique en Iran après la chute du Shah. Retour en images sur 40 ans d'histoire.

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Révolution

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Il y a 40 ans, après plusieurs mois de manifestations massives contre l’injustice sociale et la corruption en Iran, le régime autoritaire du shah Mohammad Reza Pahlavi, lâché par son allié américain, tombe au profit de l'ayatollah RuhollahKhomeini, rentré triomphalement, après 15 ans d’exil, le 1er février 1979, à bord d’un vol Air France en provenance de Paris. Le 11 février marque l’anniversaire de la révolution iranienne qui, au départ, avait réuni dans la rue des étudiants, des communistes, des laïcs, des libéraux, les commerçants du Grand bazar de Téhéran et des religieux chiites. Mais ce sont ces derniers qui se saisissent finalement du pouvoir. Le 1er avril, la République islamique est proclamée par le guide suprême RuhollahKhomeini. Exclusivement issu des rangs du clergé chiite, au nom du principe du "velayat-e faqih" qui confère aux religieux la primauté sur le pouvoir politique, le Guide suprême doit être "juste, vertueux, au fait de l’époque, courageux, gestionnaire et habile". Il est la référence religieuse et le guide du peuple de l'islam, selon les termes de la Constitution iranienne.

 

"Le grand Satan"

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Dès son avènement, la République engage un bras de fer idéologique et politique avec le "grand Satan" américain et affiche son hostilité à Israël, que l’Iran avait pourtant été le deuxième pays musulman à reconnaître en 1950, un an après la Turquie. En novembre 1979, la crise éclate avec la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran, quelques jours après l’exil accordé par Washington au shah d’Iran. Les deux pays, qui n’entretenaient aucune relation diplomatique directe depuis ces événements, se sont légèrement rapprochés en 2013 lorsque les présidents Barack Obama et Hassan Rohani se sont parlé au téléphone. Des efforts anéantis par l’élection en 2016 de Donald Trump, qui a fait campagne en développant un discours anti-iranien.

 

Un million de martyrs

La République islamique inquiète à la fois l’Occident, victime du deuxième choc pétrolier provoqué par la chute du shah, et les pays arabes, à majorité sunnites, qui redoutent les ambitions de ce nouveau régime chiite soucieux d’exporter sa révolution dans le monde musulman. L’Irak de Saddam Hussein, soutenu par les monarchies du Golfe, lance son armée sur le territoire iranien en septembre 1980 et déclenche la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui fera près d’un million de morts.

Islamisation et répression

Depuis son instauration, le "régime des mollahs", qui veut exclure toute influence occidentale sur le pays, est critiqué pour la violente répression qu’il mène contre ses opposants et ses atteintes aux droits de l’Homme : droits des femmes, auxquelles est imposé le port du tchador, et liberté d’expression. Téhéran est par ailleurs accusé d’alimenter le terrorisme international (attentats et prises d’otages) et de financer des mouvements armés hostiles aux Occidentaux, comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

 

Khamenei succède à Khomeini

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En 1989, après la mort du fondateur de la République islamique, l'ayatollah RuhollahKhomeini, c’est l'ayatollah Ali Khamenei, lui-même ancien président de la République islamique, qui prend les commandes du pays. Le nouveau Guide suprême est toujours en poste à ce jour, malgré une aura sensiblement moins grande que celle de son prédécesseur. Désigné par l’Assemblée des experts, élus au suffrage universel direct, il concentre la majorité des pouvoirs politiques et religieux. Commandant suprême des forces armées iraniennes, il détermine la politique générale du pays et a le dernier mot en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère.

 

Les diatribes d’Ahmadinejad

Reuters

La confrontation avec l’Occident atteint son paroxysme sous l’ère du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, au pouvoir de 2005 à 2013. Cet ancien officier des Gardiens de la révolution, milice du régime, se distingue, avec l’appui de l’ayatollah Ali Khamenei, par sa fermeté sur le dossier nucléaire iranien. Mahmoud Ahmadinejad lance de multiples diatribes contre Israël qui, selon lui, sera un jour "rayé de la carte". L’État hébreu menace de son côté d’attaquer les installations nucléaires iraniennes si le programme n’est pas démantelé et si la communauté internationale ne prend pas ses responsabilités.

 

La crise nucléaire

AFP

En 2002, l’existence du programme nucléaire clandestin de Téhéran est mise au jour. Le régime affirme que ses recherches n’ont qu’un but civil, strictement pacifique, tandis que les Occidentaux redoutent un programme militaire censé doter à terme le pays de l’arme atomique. Pour contraindre l’Iran à abandonner ses projets, plusieurs résolutions de l’ONU accompagnées de sanctions politiques et économiques drastiques sont votées.

 

La révolution verte réprimée dans le sang

AFP

Après des accusations de fraudes, la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en 2009 provoque un mouvement de contestation sans précédent depuis la révolution de 1979. Les manifestants sont violemment réprimés par les piliers de l’appareil répressif du régime que sont les Gardiens de la révolution et les bassidjis. Le pouvoir décide de placer en résidence surveillée deux anciens candidats réformateurs, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, chefs de file du mouvement vert.

 

L’accord de 2015

AFP

Élu en juin 2013 avec le soutien des camps réformateur et modéré, le président Hassan Rohani amorce une détente avec les Occidentaux sur la crise nucléaire, qu’il a promis de résoudre par la négociation alors que l’économie iranienne s’effondre. De bonnes intentions qui se concrétisent par la signature, à Vienne en 2015, d’un accord qui prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales imposées à la République islamique. Par cet accord, arraché après plus d’une décennie de négociations tendues, Téhéran s'engage de son côté à réduire ses capacités nucléaires pendant plusieurs années. Le but est de rendre quasiment impossible la possibilité pour l'Iran de fabriquer une bombe, tout en assurant à Téhéran le droit de développer une filière nucléaire civile.

 

Donald Trump met fin à la détente

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Soutenu par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et applaudi par l’Arabie saoudite, rival régional de l’Iran, Donald Trump retire, le 8 mai 2018, son pays de l'accord sur le nucléaire de 2015, le "pire accord" que les États-Unis aient jamais signé selon lui, et annonce le rétablissement des sanctions contre Téhéran. Une décision prise malgré les assurances de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) affirmant que l’Iran respecte l’accord de Vienne, et qui ouvre une période de vives tensions avec ses alliés européens et d'incertitudes quant à la stabilité au Moyen-Orient. Selon l’administration américaine, l’Iran constitue une source de déstabilisation et une menace pour la sécurité de la région, en s’ingérant dans les affaires de plusieurs pays (Syrie, Yémen, Irak et Liban).

 

Une économie délabrée

AFP

Quarante ans après la révolution, la République islamique est toujours en place, mais à l’intérieur du pays une colère couve. Depuis fin 2017, les manifestations contre le coût de la vie et la corruption financière se multiplient, se transformant parfois en rassemblements antigouvernementaux. Certaines couches sociales estiment qu’elles ne récoltent pas les fruits économiques promis par le président Hassan Rohani, réélu pour quatre ans en mai 2017.

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