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La classe politique condamne unanimement la hausse des actes antisémites en France

Un arbre planté à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), là où avait été retrouvé Ilan Halimi, a été scié.
Un arbre planté à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), là où avait été retrouvé Ilan Halimi, a été scié. Capture d'écran Facebook, Joann Sfar

La découverte de plusieurs inscriptions et dégradations antisémites ce week-end, ainsi que l'annonce d'une hausse de 74 % des actes antisémites l'an dernier en France, ont provoqué mardi une vague d'indignation dans le monde politique.

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Une image de l’ancienne ministre Simone Veil – déportée à 15 ans dans le camp d'Auschwitz – barrée d'une croix gammée, un tag "Juden" sur la vitrine d'un restaurant parisien ou encore le tronçonnage de l’arbre planté en mémoire d'Ilan Halimi, assassiné en 2006 par le gang des barbares : après un week-end marqué par des dégradations à caractère antisémite, le Premier ministre Édouard Philippe a dit mardi 12 février sa "colère" contre l'"explosion" des actes de ce type en France.

"Ces actes sont répugnants", a-t-il lancé lors de la séance des questions au gouvernement, au lendemain de l'annonce par le ministère de l’Intérieur d'une hausse de 74 % des actes antisémites l'an dernier en France. "Je partage cette colère qui, je crois, est très largement partagée au sein du peuple français face à des actes de plus en plus nombreux", a dit le Premier ministre, avant de détailler les initiatives prises par l'exécutif ces derniers mois contre les actes racistes et antisémites, notamment sur Internet.

Hasard du calendrier, Édouard Philippe doit remettre mardi soir à Matignon le prix Halimi, décerné en mémoire du jeune juif de 23 ans séquestré, torturé et tué en 2006 par un groupe surnommé "le gang des barbares".

Le bond de ces actes a suscité mardi une condamnation unanime de la part du gouvernement, des responsables politiques et des organisations juives, certains y voyant une marque d'une "libération de la parole", tandis que le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a dénoncé lundi un "poison".

"La situation est ancienne", a souligné Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil, figure de la vie politique française et européenne qui repose désormais au Panthéon avec son époux. "Personne n'osait manifester son antisémitisme après la Guerre. Mais au fond, on sentait que la lèpre était toujours là, a-t-il commenté sur RTL. En réalité, à l'extrême droite comme à l'extrême gauche on voit des mouvements et on entend des propos absolument intolérables".

"Un climat où la désinhibition des haines est de plus en plus patente"

Francis Kalifat, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a appelé à "un sursaut national", déplorant auprès de l'AFP la "libération et la banalisation de la haine antijuive", tandis que Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France, évoquait sur BFMTV "un climat où la désinhibition des haines est de plus en plus patente".

Dans la classe politique, la condamnation a été large, du PCF à Debout la France en passant par le MoDem et les écologistes. "Ne jamais laisser faire, ne jamais banaliser", a appelé Pierre Dharréville (PCF). "La question de la résurgence de l'antisémitisme est l'affaire de tous les républicains", pour Boris Vallaud (PS).

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a dénoncé dans un tweet ces "tags antisémites (qui) expriment la stupidité meurtrière sans fin des préjugés racistes".

Les chefs de file des députés LR, Christian Jacob, et UDI-Agir, Jean-Christophe Lagarde, ont plaidé mardi pour un changement de la loi afin que les actes antisémites soient davantage condamnés. "Le temps des condamnations morales, ça suffit", a plaidé Jean-Christophe Lagarde.

Avec "une pensée pour la courageuse mère d'Ilan Halimi, que des salopards refusent de laisser en paix", la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé la "flambée des actes antisémites" mais aussi "des dégradations de lieux de cultes chrétiens". Des actes, révélateurs selon elle d'"une haine" qui prospère en France "dans une indifférence coupable".

"Mieux prévenir, mettre des mots, des images sur cette atroce réalité"

De leur côté, des députés LREM ont suggéré "des mesures d'éducation", en cette semaine d'examen par l'Assemblée d'un projet de loi sur l'école. "Il y a une option, c'est l'éducation" : "mieux prévenir, mettre des mots, des images sur cette atroce réalité, informer", selon la porte-parole Olivia Grégoire, qui a aussi appelé à "de la fermeté absolue sur ces actes".

Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, a promis une réponse "pénale, judiciaire" forte avec des poursuites "y compris sur les réseaux sociaux", et un travail d'"éducation" dès le plus jeune âge.

"La nausée que nous inspire la résurgence de l'antisémitisme, tout comme les récentes profanations d'églises, renforcent notre détermination à ne jamais rien céder quand l'essentiel est en jeu", a déclaré de son côté, mardi, le président du Sénat Gérard Larcher (LR),

Avec AFP

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