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Qui est Monica Witt, ex-agente américaine accusée d'espionnage pour l'Iran ?

L'avis de recherche lancé par le FBI sur Monica Witt.
L'avis de recherche lancé par le FBI sur Monica Witt. FBI, AFP

Une ancienne agente du renseignement militaire américain, soupçonnée d'avoir délivré des informations à Téhéran, a été inculpée mercredi. Monica Witt aurait fait défection pour l'Iran en 2013.

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Trois portraits ont été diffusés par le FBI : l’un avec uniforme et deux avec un foulard. Monica Elfriede Witt, 39 ans, ancienne agente du renseignement militaire, est soupçonnée d’avoir trahi son pays en fournissant des informations confidentielles à l’Iran.

Elle est accusée "d'avoir révélé au régime iranien un programme de renseignement confidentiel et l'identité d'un agent du renseignement américain, mettant sa vie en danger", a détaillé, mercredi 13 février, John Demers, ministre adjoint de la Justice, lors d’une conférence de presse. Un mandat d'arrêt international a été émis contre l'Américaine, qui est en fuite.

"C'est un jour triste pour les États-Unis quand un de leur ressortissant trahit le pays. C'est encore plus triste quand il s'agit d'un membre des forces armées", a-t-il ajouté.

L'avis de recherche du FBI

De El Paso à Téhéran

Comme le rapporte le New York Times, le parcours de cette jeune femme, née à El Paso au Texas, a débuté en 1997 au sein de l’armée de l’air américaine en tant qu’agent du renseignement. Elle y apprend le Farsi pour intercepter des communications de pays ennemis. Elle sera déployée à plusieurs reprises au Proche-Orient, avant de quitter l’armée en 2008. Elle restera néanmoins deux ans dans le giron militaire en tant que consultante pour le ministère de la Défense.

"Une personne proche de cette affaire a expliqué que son mécontentement est née alors qu’elle travaillait pour l’armée de l’air et qu’elle s’était prise de passion pour la culture perse et qu’elle s’était convertie à l’Islam", peut-on lire dans le New York Times. En 2012, Monica Witt s’est ainsi rendue en Iran pour assister à une conférence intitulée "Hollywoodism" qui, selon ce document judiciaire, était sponsorisée par les Gardiens de la révolution et diffusait un message anti-américain. Au cours de cet événement, elle a alors accepté d’apparaître dans une vidéo et a tenu des propos critiques envers son pays.

L’individu A

Malgré les mises en garde du FBI, selon l’acte d’accusation, l’ancienne militaire accepte de travailler avec un mystérieux "individu A" sur un film de propagande anti-américaine aux États-Unis. En contact régulier avec cette personne, elle la remerciera, par écrit,  de lui "fournir l'opportunité" de mettre en usage sa formation militaire "à de bonnes fins plutôt qu'à de mauvaises". Le 28 août 2013, elle lui indique être à bord d'un vol pour l'Iran : "Je m'en vais ! J'arrive à la maison !". À son arrivée, elle est prise en charge par les autorités iraniennes qui lui fourniront un logement et de l’équipement informatique.

L'acte d'accusation ne divulgue pas l'identité de l'individu A, mais selon le New York Times, il s'agirait de la journaliste américano-iranienne, Marzieh Hachemi, arrêtée le 13 janvier 2019 aux États-Unis et détenue pendant dix jours. Née aux États-Unis sous le nom de Melanie Franklin avant sa conversion à l'islam et son mariage avec un Iranien, elle est depuis 25 ans l'un des visages les plus connus de la chaîne anglophone iranienne Press TV.

Quatre Iraniens ont également été inculpés pour avoir mené des attaques informatiques contre au moins huit anciens collègues de Monica Witt, en 2014 et en 2015.  Ils sont soupçonnés d'avoir tenté d'introduire un logiciel malveillant dans leurs ordinateurs, à l'aide d'un faux profil Facebook réalisé grâce à des informations privées communiquées par Monica Witt.

Le ministère du Trésor a, de son côté, annoncé des sanctions contre la société iranienne New Horizon et ses responsables, accusés d'avoir organisé des conférences ayant servi de plateforme pour recruter Monica Witt. Des sanctions ont également été prises contre une entreprise iranienne soupçonnée d'avoir participé aux cyberattaques.

Comme le note le Washington Post, cette affaire sort au moment où les États-Unis co-organisent avec la Pologne une conférence internationale sur le Moyen-Orient. Une nouvelle occasion pour Donald Trump de tenter d’accentuer la pression sur l’Iran.

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