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REPORTAGE

Les jeunes en grève pour le climat veulent "montrer qu’en France aussi, on se bouge"

Le ministère de la Transition écologique avait été rebaptisé vendredi 15 février ministère de la "Trahison" écologique.
Le ministère de la Transition écologique avait été rebaptisé vendredi 15 février ministère de la "Trahison" écologique. Alcyone Wemaere, France 24

Pour la première fois en France vendredi, des lycéens et étudiants ont fait "grève pour le climat" dans la lignée du mouvement international lancée par la jeune Suédoise Greta Thunberg.

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"On est plus chauds, plus chauds que le climat". "Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité". L’enthousiasme, l’humour et le soleil étaient au rendez-vous de la "grève pour le climat" suivie pour la première fois vendredi 15 février en France par quelques centaines de lycéens et étudiants à Paris. La mobilisation, en revanche, n’a pas atteint l’ampleur de ce que l’on a pu voir ailleurs en Europe. Le même jour, en effet, 10 000 jeunes britanniques, dont 3 000 rien qu’à Londres, manifestaient dans 60 villes du pays.

Le rendez-vous parisien était fixé devant le ministère de la Transition écologique situé dans le 7e arrondissement… rebaptisé pour l’occasion ministère de la "Trahison" écologique. Étudiantes à Sciences Po dans le même quartier, Sophie et Emma, qui font partie de l’association "Environnement" de l’institut d’études politiques tenaient à être présentes : "On veut une politique environnementale ambitieuse parce que 'make pour planet great again' (l’appel lancé par Emmanuel Macron en juin 2017 NDLR), c’est bullshit", expliquent-elles en déplorant que ce soit des "gens de 50 ans" qui décident de leur avenir. Mi grave, mi ironique, l’une ajoute : "Notre diplôme nous servira à rien si on meurt".

Les deux étudiantes comptent se mobiliser ainsi tous les vendredis jusqu’au 15 mars, jour de l'appel à la "grève mondiale pour l'avenir", lancé par Greta Thunberg, une adolescente de 16 ans. Cette journée s’annonce comme le point d’orgue de la mobilisation. Quitte à sécher de nouveau : "tout à l’heure, on est parties en plein cours, on a eu du mal parce qu’on est des élèves sérieuses. Mais on voulait que ça se voit".

L’an prochain, dans le cadre de son cursus, Sophie compte partir en Suède. Comme la plupart des jeunes "en grève" ce vendredi après-midi, elle sait que c’est de là qu’est parti, en septembre dernier, le mouvement "#schoolstrike4climate" lancé justement parGreta Thunberg. Un appel qui a eu une résonance mondiale avec des mobilisations réunissant des centaines voire des milliers de jeunes en Belgique, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Australie.

"C’est pas mal pour un début"

En France, malgré le succès de la pétition "L’affaire du siècle" signée par plus de deux millions de citoyens, la mobilisation a visiblement plus de mal à prendre. C’est justement ce qui a motivé Anas, 19 ans, en licence pluridisciplinaire d’études supérieures, au lycée Henri IV : "Sur une carte mondiale des manifestations qui circule sur Internet, j’ai vu que ça bougeait partout. Je voulais montrer qu’en France aussi, on se bouge". Au lieu d’aller en cours ce matin, il a préparé une affiche avec deux copines : "Non-assistance à planète en danger".

Alors que 11 000 jeunes ont défilé dans les rues de Bruxelles jeudi, il se veut positif sur la mobilisation parisienne : "C’est pas mal pour un début. C’est un mouvement qui s’inscrit dans la durée".

"Ne restons pas les bras croisés, sauvons les manchots", "Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite ?", "Y’a que nos soirées qu’on veut à 1000 degré" … Les pancartes en pagaille réalisées par les jeunes pour cette première journée de grève ne manquaient pas d’inventivité.

D’autres, l’air de rien, affichaient un ton plus politique : "Pas de justice climatique sans justice sociale", "Regarde ta rolex, c’est l’heure de la révolte", "Moins de riches, plus de ruches", "Sauve un panda, taxe un banquier", "Du pognon pour la transition".

Alors que le mouvement des Gilets jaunes, initialement lancé contre la taxe carbonne, pèse sans doute sur la mobilisation pour le climat en France, Corentin, 22 ans, gilet jaune sur le dos, voit lui une convergence entre ces combats : "Le social, l’environnemental : tout est lié. Si on est pour le progrès social, on est pour l’environnement. L’ennemi c’est le capitalisme", fait valoir cet étudiant en histoire géo au centre Clignancourt, annexe de la Sorbonne, habitué des manifs depuis qu’il est descendu dans la rue contre la loi El Khomri.

Léonie, 20 ans, en troisième année de sciences sociales à l'université Paris-Dauphine, n’avait, elle, jamais participé à une manifestation. Elle est venue avec "un pote de droite" et se félicite de voir des étudiants de toutes les facs : "l’environnement rassemble au-delà de nos formations".

Comme beaucoup, elle raconte avoir le soutien de ses profs : "il y en a même un qui nous a dit 'envoyez moi un selfie avec votre pancarte'", raconte-t-elle.

Présente par hasard à l’une des manifestations qui a eu lieu en Belgique ces dernières semaines, elle compare : "On retrouve le même esprit que là-bas. Mais en Belgique, c’était gigantesque". Comme la plupart, elle sera au grand rendez-vous du printemps. "Soyez prêt.e.s pour l’examen du 15 mars", a en effet averti le groupe de travail composé des étudiants et lycéens de divers établissements de la région parisienne. Selon Youth for Climate, des jeunes ont déjà prévu d'organiser des manifestations dans plus de 40 villes en France ce jour là.

 

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