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Pétition pour une justice climatique : la réponse du gouvernement ne satisfait pas les ONG

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a répondu à la "requête préalable" de quatre ONG sur le réchauffement climatique.
Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a répondu à la "requête préalable" de quatre ONG sur le réchauffement climatique. Ludovic Marin, AFP

Le gouvernement français a rendu vendredi un argumentaire de dix pages en réponse à une pétition pour le climat ayant rassemblé plus de deux millions de signatures. Les quatre ONG à l’initiative de la démarche se disent déjà déçues.

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Dix pages d'argumentaire en réponse aux 2,1 millions de signatures de la pétition "l'Affaire du Siècle" : le gouvernement a répondu vendredi 15 février à la "requête préalable" des ONG qui menacent de le poursuivre pour "inaction climatique". Celles-ci dénoncent déjà la "communication médiatique du gouvenrment".

Quatre associations (la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) avaient adressé le 17 décembre cette requête préalable au gouvernement, accusant l'État de "carence fautive" par son "action défaillante" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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Après les avoir reçues le 14 février à Matignon, le Premier ministre s'était engagé à répondre avant l'échéance des deux mois. Le mémo de dix pages publié par le ministère détaille les mesures prises par l'État contre le changement climatique dans divers domaines, de la production énergétique aux transports, en passant par l'agriculture ou l'isolation des bâtiments.

Le gouvernement rejette l’accusation d’inaction

"Vous êtes plus de deux millions à avoir signé la pétition +l'affaire du siècle+. C'est historique. Je salue cette mobilisation d'une importance inégalée et partage votre impatience, votre aspiration à aller plus vite, plus loin, plus fort pour le climat", écrit ce vendredi le ministre de la Transition écologique François de Rugy dans une lettre accompagnée d'un mémo de dix pages détaillant les actions de la France. Le ministre a publié la lettre sur son compte Twitter.

Pour autant, François de Rugy rejette l'accusation d'inaction. "La France s'est mobilisée pour répondre à l'urgence climatique" et "nous nous donnons les moyens" d'atteindre l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, assure-t-il, même si "à l'évidence, cette action devra être complétée, prolongée et amplifiée dans la durée".

>> À lire : "L'affaire du siècle": 100 signataires de la pétition climat invités à débattre avec Rugy

Mais si "l'enjeu climatique doit devenir la nouvelle matrice de nos politiques publiques", les moyens à mettre en œuvre "sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens", souligne le ministre. Il faudra donc "mener une bataille de conviction sans précédent" pour ces changements qui "bousculent nos modes de vie".

Les ONG étonnées des méthodes du ministère

Les quatre ONG se sont étonnées de la méthode du ministère, regrettant une réponse "médiatique" tombée "sans que nos organisations n'en soient informées". "Nous (...) attendons maintenant la réponse formelle du gouvernement, que nous étudierons en détail avec nos avocats", ont-elles écrit dans un communiqué, notant de "premiers éléments de réponse décevants" qui "laissent peu d'espoir quant à l'intention du gouvernement d'être à la hauteur de l'enjeu climatique".

"Les trajectoires actuelles nous font rater nos objectifs de réduction d'émissions en 2020, de même que ceux d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables" et "aucune nouvelle mesure, ni changement de cap ne sont clairement annoncés", ont-elles insisté.

>> À lire : Pétition climat: les ONG "déterminées" à aller en justice contre l'État

Jeudi, après un entretien avec le Premier ministre dont elles avaient tiré les mêmes conclusions, elles s'étaient dites "déterminées" à déposer leur recours en justice. "L'affaire du siècle se règlera devant les tribunaux", avaient-elles indiqué, notant que le recours attendu pour mars tiendrait compte des éléments figurant dans la réponse formelle.

Avec AFP

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