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Venezuela : Juan Guaido appelle à une grande mobilisation pour débloquer l'aide humanitaire

Une partie de l'aide humanitaire afflue à Cucuta, en Colombie, à la frontière vénézuélienne, le 16 février 2019.
Une partie de l'aide humanitaire afflue à Cucuta, en Colombie, à la frontière vénézuélienne, le 16 février 2019. Luis Robayo, AFP

L'opposant vénézuélien Juan Guaido a appelé la population à se mobiliser pour le 23 février. Une façon de convaincre l'armée de laisser entrer l'aide humanitaire dans le pays, bloquée depuis dix jours à la frontière colombienne.

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La tension monte au Venezuela autour de l'aide humanitaire bloquée depuis le 7 février à Cucuta, à la frontière colombienne. Alors que le président Nicolás Maduro menace de déployer l'armée pour empêcher l'arrivée de vivres et de médicaments dans le pays, l'opposant vénézuélien Juan Guaido a appelé à une grande mobilisation pour soutenir les volontaires qui vont réceptionner l'aide qu'il a réclamée aux États-Unis.

"Tout un pays va être mobilisé (...) pour dire au monde que nous allons rester dans la rue jusqu'à ce que cesse l'usurpation, que soient mis en oeuvre un gouvernement de transition et des élections libres", a lancé le chef du Parlement de 35 ans qui s'est proclamé président par intérim.

600 000 volontaires

"C'est un coup médiatique de la part de Juan Gaido pour montrer à Nicolás Maduro que la population le soutient", commente Benjamin Delille, correspondant de France 24 à Caracas. Selon l'opposant vénézuélien, 600 000 personnes se sont déjà portés volontaires. Il a indiqué que les "caravanes" se rendraient non seulement jusqu'à la ville frontalière colombienne de Cucuta, mais aussi à la frontière avec le Brésil, où deux centres de stockage sont installés dans l'État du Roraima, et au point d'arrivée de l'aide qui sera envoyée depuis l'île néerlandaise de Curaçao.

Son but est de "convaincre l'armée de laisser passer cette aide malgré le refus de Nicolás Maduro", assure Benjamin Delille. Le président du Parlement reconnu par une cinquantaine de pays comme président par intérim du pays a réitéré son appel aux militaires afin qu'ils laissent passer l'aide humanitaire. "À nouveau, un message pour l'armée : vous avez sept jours pour vous mettre du côté de la Constitution, faites ce qu'il faut", a-t-il lancé.

Mais la veille, Nicolás Maduro a menacé de déployer des forces militaires, refusant toute aide qu'il considère comme un prétexte pour une intervention militaire des États-Unis. Le pays est en proie à la pire crise économique de son histoire, avec de graves pénuries ayant fait fuir plus de 2 millions d'habitants depuis 2015, selon l'ONU.

Réunions secrètes

Dans ce bras de fer, Juan Gaido peut compter sur le soutien des États-Unis. Samedi, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, a reconnu s'être entretenu à deux reprises cette semaine à New York avec Elliot Abrams, l'émissaire spécial des États-Unis pour le Venezuela. "Nous nous sommes écoutés, il y a eu des moments de tension. Il y a des divergences profondes, mais en même temps, il y a des préoccupations communes", a-t-il déclaré.

Des dizaines de tonnes supplémentaires ont atterri samedi à Cucuta, acheminées par trois avions militaires américains, s'ajoutant au 2,5 tonnes arrivées vendredi depuis Porto Rico (territoire américain des Caraïbes).

Lundi s'ouvrira le point de stockage du Roraima, où le gouvernement brésilien a prévu treize centres d'hébergement pour immigrés vénézuéliens, et mardi un avion arrivera à Curaçao en provenance de Miami. "Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide", a déclaré depuis Cucuta l'envoyée du département d'État américain, Julie Chung.

Avec AFP

 

 

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