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Bolsonaro limoge l’un de ses fidèles et provoque la première crise au sein de sa coalition

Jait Bolsonaro et Gustavo Bebbiano, le chef de file du PSL, le parti d'extrême droite qui a mené la campagne éléctorale parlementaire du président brésilien en octobre 2018
Jait Bolsonaro et Gustavo Bebbiano, le chef de file du PSL, le parti d'extrême droite qui a mené la campagne éléctorale parlementaire du président brésilien en octobre 2018 Mauro Pimentel, AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a limogé lundi un homme clé de sa campagne et de son gouvernement provoquant de nombreuses inquiétudes sur l’influence des fils du président et suscitant les premières critiques de ses plus proches alliés.

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C’est le porte-parole du Palacio do Planalto, siège de la présidence brésilienne qui a annoncé lundi 18 février le limogeage du ministre du Secrétariat général de la présidence, Gustavo Bebianno. Ancien président du Parti Social Libéral (PSL) d'extrême droite, que Jair Bolsonaro a rejoint en mars pour briguer la fonction suprême au Brésil, Gustave Bebianno a été l'un des principaux responsables de sa campagne électorale et était considéré comme l'un de ses hommes de confiance.

Interrogé sur les raisons de ce limogeage, le porte-parole s'est contenté de répondre qu'il s'agissait "d'une décision personnelle" du chef de l'État.

Soupçonné d'avoir été impliqué dans des candidatures fantômes du PSL lors de la campagne électorale d'octobre qui auraient permis des détournements de fonds publics, Gustavo Bebianno a été remplacé par un général de réserve, Floriano Peixoto, ce qui porte à huit sur 22 le nombre de militaires du gouvernement.

Gustavo Bebianno, qui était principalement chargé de dialoguer avec le Congrès pour trouver une majorité aux textes de lois présentés par le gouvernement, a nié toute malversation.

Le clan Bolsonaro omnipotent

L’affaire impliquant l’ancien ministre (ainsi que le ministre du tourisme) a été révélé par le quotidien Folha de Sao Paulo et portait sur des irrégularités dans l’utilisation des fonds publics accordés aux partis dans le cadre du financement public des campagnes électorales.

C’est Carlos Bolsonaro, l’un des fils du président et conseiller municipal de Rio de Janeiro qui a mis le feu aux poudres jeudi dernier en niant dans un tweet que des contacts aient eu lieu entre son père et Gustavo Bebianno au sujet de cette affaire. Jair Bolsonaro lui-même a ensuite affirmé que Gustavo Bebianno "mentait" sur leurs discussions.

Premières critiques au sein de la coalition qui soutient Bolsonaro

Cette crise politique majeure a exposé des divisions au sein du cercle rapproché du président, les médias locaux rapportant la préoccupation des militaires du gouvernement face à l'influence de son fils Carlos.

Le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, a lui accusé le président brésilien Jair Bolsonaro d'utiliser l'un de ses fils" pour "demander la démission d'un ministre" plutôt que de "trouver une solution", une attaque frontale inédite depuis l'entrée en fonction du chef de l'État d'extrême droite le 1er janvier, après une campagne électorale très axée sur la lutte anticorruption.

"Il est le président de la République, oui ou non?"

Le dénouement de cette crise interroge sur la solidité de la coalition qui soutient le président brésilien au Congrès. "C'est un risque très grand pour un gouvernement qui doit montrer du leadership, de l'unité, parce qu'il est face à des défis importants, à commencer par la réforme des retraites. Il est le président de la République, oui ou non. Il n'est plus un député, ni le président d'une association de militaires", a lancé Rodrigo Maia.

De nombreux observateurs s'inquiètent de l'impact de cette crise sur l'approbation imminente par le Congrès de la réforme des retraites considérée comme fondamentale par les milieux d'affaires.

Avec AFP et Reuters

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