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L'antidouleur fentanyl trop prescrit par les médecins aux Etats-Unis

Un flyer avertit des dangers du fentanyl, un opiacé synthétique des dizaines de fois plus puissant que la morphine et l'héroïne, à New York, le 8 août 2017 à New York.
Un flyer avertit des dangers du fentanyl, un opiacé synthétique des dizaines de fois plus puissant que la morphine et l'héroïne, à New York, le 8 août 2017 à New York. Un flyer avertit des dangers du fentanyl, un opiacé synthétique des dizaines de fois plus puissant que la morphine et l'héroïne, à New York, le 8 août 2017 à New York. GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
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Washington (AFP)

Le fentanyl, un antidouleur extrêmement dangereux et réservé à certains malades du cancer, est trop prescrit par les médecins américains, selon une étude publiée lundi par des chercheurs qui accusent les autorités sanitaires et les laboratoires de laxisme.

Le fentanyl est un opiacé synthétique des dizaines de fois plus puissant que la morphine et l'héroïne. Largement vendu sur le marché noir, il est depuis 2016 la drogue la plus tueuse par overdoses aux Etats-Unis.

Mais le médicament est autorisé, sous forme de dragée, de sucette ou de spray sous la langue, pour les malades du cancer souffrant de douleurs que les opiacés classiques ne parviennent plus à calmer - et à eux seulement.

Un programme de l'Administration fédérale des médicaments et de l'alimentation, la FDA, est censé depuis 2011 encadrer cette distribution limitée du fentanyl, mais selon des experts de l'Université Johns Hopkins, ce programme s'est illustré par son inefficacité.

Sur les milliers de patients ayant reçu une ordonnance de fentanyl, entre un tiers et la moitié n'aurait pas dû en recevoir.

La moitié ignorait que le fentanyl n'était indiqué que pour certains malades du cancer. Un médecin sur cinq l'ignorait aussi. Par conséquent, le fentanyl est prescrit de façon erronée pour des douleurs lombaires ou des maux de tête chroniques.

"Tout le but du programme était d'empêcher le type-même d'utilisation que l'on observe", dit à l'AFP Caleb Alexander, codirecteur du centre pour la sûreté des médicaments à Johns Hopkins, et coauteur de l'étude parue dans le journal de l'Académie américaine de médecine (Jama).

"Il n'y a aucun doute que des gens sont morts après s'être vus prescrire ces produits de façon inappropriée", s'alarme Caleb Alexander, qui note que l'équipe de chercheurs a bataillé quatre ans et demi avec la FDA pour obtenir 5.000 pages de documents relatifs au programme.

Juridiquement, les médecins sont libres de prescrire un médicament pour une indication autre que celle autorisée. Le rôle de la FDA est de réguler les laboratoires, pas les médecins. Le programme de surveillance demandait en revanche aux laboratoires d'exclure les médecins contrevenant.

"Aucun médecin n'a été identifié et exclu", dit le médecin.

La FDA n'avait pas immédiatement réagi à l'étude, mais en août dernier, son patron, Scott Gottlieb, avait promis sur Twitter de "nouvelles mesures" contre ces pratiques.

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