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Affaire Benalla : le Sénat demande des poursuites pour "faux témoignage"

L'ancien chargé de mission de l'Élysée a été convoqué mardi 19 février au tribunal de Paris par les juges d'instruction.
L'ancien chargé de mission de l'Élysée a été convoqué mardi 19 février au tribunal de Paris par les juges d'instruction. Geoffroy van der Hasselt, AFP

La commission du Sénat a frappé un grand coup, mercredi, en demandant des poursuites contre l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla. Le parquet de Paris a également ouvert une enquête pour "entrave à la manifestation de la vérité".

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La commission d'enquête du Sénat dénonce des "dysfonctionnements majeurs" au plus haut niveau de l'État. Dans son rapport sur l'affaire Benalla, rendu public mercredi 20 février, l'instance dénonce les anomalies à l'Élysée qui ont permis à l'ancien proche d'Emmanuel Macron de s'arroger des pouvoirs exorbitants, allant jusqu'à mettre en péril la sécurité du chef de l'État.

Au terme de six mois de travaux, la commission des Lois du Sénat, transformée en commission d'enquête, a lancé une procédure pour "faux témoignage" à l'encontre d'Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase. L'instance a également souligné les "incohérences" de déclarations de collaborateurs de l'Élysée, dont le secrétaire général Alexis Kohler, concernant les agissements de l'ancien chargé de mission de la présidence. En conséquence, la commission a demandé la saisine de la justice sur les déclarations des principaux collaborateurs du président.

Au centre de l'affaire la plus retentissante depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron, l'ex-chargé de mission de l'Élysée Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-employé de la République en marche, ont dormi en prison mardi soir, après la révocation de leur contrôle judiciaire, dans l'enquête sur les violences du 1er-mai 2018 à Paris.

Dans son rapport, la commission évoque notamment "des pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" dans le domaine de la sécurité du président, et "un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase.

Dans la foulée de la publication du rapport, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert la semaine dernière une enquête préliminaire pour déterminer s'il y a pu avoir des "dissimulations de preuves" dans le cadre des différentes enquêtes visant Alexandre Benalla et son entourage.

>> À lire : Matignon, Mediapart, enregistrements… le point sur le nouveau volet de l’affaire Benalla

Cette enquête ouverte vendredi 15 février a été confiée à la brigade criminelle. Elle vise notamment des propos tenus en garde à vue par l'ex-chargé de mission sur son coffre-fort, qui n'a jamais été retrouvé par les enquêteurs, mais aussi les enregistrements de ses conversations avec son ami Vincent Crase dans lesquelles ils évoquent des messages effacés de leur téléphone, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

Une "incompréhensible indulgence de la hiérarchie"

La commission d'enquête critique aussi "une confiance maintenue et une collaboration poursuivie après les graves dérapages commis par (Alexandre Benalla) le 1er mai 2018", ainsi qu'"une remontée d'informations défaillante au sein de l'institution policière et de l'exécutif" sur ces faits.

"Nous avons regretté l'incompréhensible indulgence de la hiérarchie d'Alexandre Benalla, qui a conservé dans l'équipe de l'Élysée un collaborateur qui avait gravement manqué à ses devoirs," a fait savoir la corapporteure Muriel Jourda, sénatrice LR.

Selon la commission présidée par Philippe Bas (LR), il y a eu "des faits dissimulés à la justice du fait de l'absence de saisine du procureur de la République".

En outre, les sénateurs épinglent "un manque de diligences dans le suivi et le retrait des moyens alloués à Alexandre Benalla après son licenciement (passeports, téléphone Teorem, etc.)", et aussi "une réaction tardive pour s'assurer du respect, par l'intéressé, de ses obligations déontologiques à l'issue de son contrat".

Trois hauts responsables de l'Élysée épinglés

La situation est tout aussi explosive pour Emmanuel Macron. Les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier "un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions" relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du chef de l'État. Outre Alexis Kohler et le chef de cabinet Patrick Strzoda, le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne, est également nommé dans le rapport.

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dénoncé, mercredi, "beaucoup de contre-vérités" dans le rapport d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla. "L'Élysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contre-vérités qui se trouvent présentes dans le rapport" sénatorial, a-t-il déclaré.

Devant la presse, Philippe Bas a souligné que la commission d'enquête avait "réuni suffisamment d'éléments pour estimer que la sécurité du président de la République a été affectée".

Avec AFP

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