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Des Belges ayant collaboré avec le régime nazi touchent toujours une pension de l'Allemagne

Léon Degrelle, fondateur du parti fasciste belge Rex et combattant sur le front de l'Est avec la 28e division SS Wallonie, en avril 1944 à Charleroi.
Léon Degrelle, fondateur du parti fasciste belge Rex et combattant sur le front de l'Est avec la 28e division SS Wallonie, en avril 1944 à Charleroi. Wikimedia

Près d'une trentaine de Belges condamnés pour collaboration toucheraient encore une pension des autorités allemandes. Le parlement belge souhaite obtenir leurs noms pour mettre un terme à cet octroi.

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Ils seraient encore 27 anciens collaborateurs belges à toucher une pension complémentaire des autorités allemandes pour "fidélité, loyauté et obéissance" envers le régime nazi, selon les médias en Belgique. Une commission des relations extérieures du parlement belge a adopté mardi 19 février une proposition de résolution pour demander au gouvernement belge d’obtenir la liste de ces bénéficiaires auprès des autorités allemandes et enfin mettre un terme à cette pension.

Le texte a été adopté à l'unanimité des votants, en l'absence des partis nationalistes de la N-VA et du Vlaams Belang, souligne le député Olivier Maingain.

Le message du député belge Olivier Maingain

Comme l’explique le quotidien Le Soir, "après la guerre, environ 80 000 citoyens belges ont été jugés coupables de collaboration avec l’ennemi et crimes de guerre par les tribunaux belges. Un certain nombre d’entre eux a bénéficié de dispositions du régime nazi leur octroyant la nationalité allemande, notamment des membres de la Waffen-SS faits allemands par un décret de 1941 signé par Adolf Hitler".

"De ce fait, ils ont touché une pension de l’État allemand, le décret de 1941 en question n’ayant jamais été abrogé", précise le journal. Cette histoire n’a été médiatisée qu’en 2016 par le groupe "Mémoire-Herrinering", qui rassemble des rescapés des camps de concentration nazis et des citoyens engagés en faveur du devoir de mémoire.

"Les privilégiés étaient les habitants des cantons de l'Est [en Belgique] et d'Alsace, qui ont acquis la nationalité allemande après l'invasion nazie, mais aussi les Belges qui ont rejoint les Waffen SS pendant la guerre", a ainsi expliqué au journal De Morgen, le chercheur Alvin de Coninck, fils de résistant et chercheur pour ce groupe de mémoire. "Je trouve des retraites complémentaires de 425 à 1 275 euros par mois", a-t-il précisé. Ces revenus échapperaient par ailleurs au fisc belge.

Un refus des autorités allemandes

Comme le rappelle la RTBF, une résolution a été déposée en 2017 par des députés belges pour demander au gouvernement de mettre fin à cette "injustice choquante". Mais jusqu’à présent, selon Le Soir, "faisant valoir des éléments légaux de protection de la vie privée, les autorités allemandes ont toujours refusé de communiquer cette liste à leurs homologues belges".

Ces pensions complémentaires allemandes ne concernent pas que la Belgique. Des anciens SS originaires d’Espagne, de Grande-Bretagne ou encore de Suède "perçoivent toujours une pension", détaille la RTBF. En France, selon l’avocat Emmanuel Pierrat, dans son livre "La France des vaincus passe à la barre", "jusque dans les années 1990, les pensions étaient versées aux anciens combattants français de la division SS par le gouvernement allemand".

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