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Duel de concerts pour et contre l’entrée de l’aide humanitaire au Venezuela

Des milliers de spectateurs attendent le début du "Venezuela Aid Live", un concert destiné à soutenir la population vénézuélienne, le 22 février 2019.
Des milliers de spectateurs attendent le début du "Venezuela Aid Live", un concert destiné à soutenir la population vénézuélienne, le 22 février 2019. Raul Arboleda, AFP

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son opposant Juan Guaido s'affrontent toujours sur l'arrivée de l'aide humanitaire américaine au Venezuela. Vendredi, leur opposition prend la forme d'un duel de concerts pour et contre cet acheminement.

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Le bras de fer continue entre le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son opposant, Juan Guaido, autour de l'aide humanitaire. Mais l'affrontement a pris vendredi 22 février la forme inattendue d'un duel de concerts.

Juan Guaido espère mobiliser ses troupes en musique pour demander l'entrée de l'aide humanitaire américaine dans le pays. Nicolas Maduro, lui, entend rassembler ses partisans pour dénoncer une agression des États-Unis. Le régime refuse catégoriquement l'entrée sur son territoire d'une aide humanitaire américaine.

Les deux événements auront lieu à la frontière colombienne, à quelque 300 mètres de distance, de part et d'autre du pont de Tienditas, reliant Cucuta, en Colombie, et Urena, dans l'État de Tachira (ouest du Venezuela), et bloqué depuis deux semaines par les militaires vénézuéliens.

Côté colombien, le concert "Venezuela Aid Live" a débuté vers 11 heures, heure locale, et a rapidement rassemblé des milliers de personnes dans la ville de Cucuta, où est entreposée depuis le 7 février le gros de l'aide humanitaire américaine. "C'est incroyable de voir ces milliers personnes venir à ce concert", a affirmé le milliardaire britannique Richard Branson, qui finance l'événement.

De l'autre côté de la frontière, le contre-concert "Hands off Venezuela" (Pas touche au Venezuela) est organisé à partir de vendredi et jusqu'à dimanche par le gouvernement. Des cohortes d'ouvriers s'affairaient jeudi pour installer une vaste scène, a constaté l'AFP.

"Les artistes qui se produiront en Colombie doivent savoir qu'ils commettent un crime, ils donnent leur aval à une intervention militaire", a prévenu Nicolas Maduro.

La thèse de l'intervention militaire a été reprise vendredi par la Russie, fidèle alliée de Caracas. Moscou a accusé les États-Unis de se servir de l'aide humanitaire qui doit être livrée au Venezuela comme "prétexte pour une action militaire" visant à renverser le pouvoir du président Nicolas Maduro.

Fermeture de la frontière brésilienne

Jeudi 21 février, le chef de l'État a annoncé la fermeture de la frontière terrestre que partage le Venezuela avec le Brésil.

>> À lire sur France 24 : "Comment Juan Guaido tente de faire basculer l’armée vénézuélienne"

"J'ai décidé qu'à partir de 20h ce jeudi la frontière terrestre avec le Brésil resterait totalement fermée jusqu'à nouvel ordre", a déclaré le chef de l'État lors d'une réunion avec le haut-commandement militaire.

Le dirigeant socialiste a également déclaré qu'il "évalu[ait] actuellement une fermeture totale de la frontière avec la Colombie" face à ce qu'il considère comme des "provocations" de la part du président colombien Ivan Duque, conjointement avec le président américain Donald Trump.

"Je tiens M. Ivan Duque pour responsable de toute violence à la frontière", a ajouté Nicolas Maduro, qui a également appelé l'armée colombienne à ne se prêter à aucune agression contre le Venezuela.

L'aide humanitaire, stockée sur l'île de Curaçao, entrera "quoi qu'il arrive"

Juan Guaido, qui a choisi pour l'entrée de l'aide la date symbolique du 23 février, un mois tout juste après s'être proclamé président par intérim du pays, a affirmé que l'aide entrerait "quoi qu'il arrive".

Un avion transportant 50 tonnes de vivres et de médicaments est arrivé jeudi sur l'île néerlandaise de Curaçao, en provenance de Miami. Un bateau a été affrété dans le but de convoyer cette aide vers le Venezuela, distant de 65 kilomètres de l'île caribéenne. Mais la façon dont Juan Guaido et ses partisans comptent concrètement rompre le blocus frontalier mis en place par le gouvernement reste la grande inconnue.

D'autant plus que les autoriéts de Curaçao ont averti vendredi qu'elles ne permettraient pas que l'aide humanitaire quitte son territoire sans accord des autorités de Caracas.

"Aucune cargaison d'aide ne partira de Curaçao pour le Venezuela de manière contrainte", a déclaré dans un communiqué le gouvernement de cette île située à un peu plus de 60 kilomètres des côtes vénézuéliennes.

Outre la fermeture de la frontière avec le Brésil, les vols et liaisons maritimes sont suspendus avec Curaçao et le pont de Tienditas, reliant Cucuta à Urena, dans l'État de Tachira, est toujours barré de conteneurs.

Juan Guaido, en route pour la frontière

Jeudi, l'opposant Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, a quitté Caracas pour se rendre avec des partisans à 900 km de la capitale, dans l'État de Tachira (ouest), à la frontière avec la Colombie.

Des journalistes de l'AFP ont constaté qu'une dizaine de véhicules avaient quitté Caracas en fin de matinée, mais sans pouvoir dire si Juan Guaido se trouvait précisément dans ce convoi. Une autre caravane composée de plusieurs autocars a également quitté la capitale avec à son bord des députés d'opposition. Elle a subi des tirs de gaz lacrymogène de la part de militaires qui avaient placé des obstacles pour empêcher sa progression sur une route de l'État de Carabobo (nord), mais sans incidents graves.

Mercredi, Nicolas Maduro, qui nie toute crise humanitaire dans le pays, avait une nouvelle fois dénoncé un "show" politique et répété que Donald Trump projetait une intervention militaire pour le renverser.

Le vice-président du Brésil, Hamilton Mourao, a affirmé à l'AFP qu'une intervention militaire américaine au Venezuela "n'aurait aucun sens" et que les menaces de Washington étaient "de l'ordre de la rhétorique". Un porte-parole du président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro a par ailleurs écarté tout risque de "frictions" à la frontière avec le Venezuela.

Avec AFP

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